Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Environ 10 millions de logements français sont en copropriété. Que l'on soit acquéreur, propriétaire occupant ou bailleur, la vie collective d'un immeuble collectif se joue en grande partie lors de l'assemblée générale annuelle : approbation du budget, vote des travaux, désignation du syndic, arbitrages financiers. Ce guide clarifie l'ensemble des règles applicables en 2026 et les leviers d'action des copropriétaires.
La copropriété est le statut juridique qui s'applique automatiquement dès qu'un immeuble compte au moins deux propriétaires distincts. Elle est régie par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967. Chaque copropriétaire est propriétaire exclusif de son lot (son appartement, son garage) et copropriétaire d'un pourcentage des parties communes (hall, cage d'escalier, ascenseur, cour, toit…).
La quote-part est exprimée en millièmes de copropriété — le règlement de copropriété (RCP) précise pour chaque lot combien de millièmes lui sont affectés en propriété générale et en propriété spécifique (charges d'ascenseur, chauffage collectif, etc.).
Le budget d'une copropriété se décompose en deux grandes catégories :
Le syndic doit établir chaque année deux documents distincts : le budget prévisionnel pour l'année à venir (voté en AG) et les comptes définitifs de l'année écoulée (approuvés en AG).
Le syndic (professionnel ou bénévole) est mandaté par l'assemblée générale pour :
Sa désignation ou son renouvellement se vote à chaque AG (mandat de 3 ans maximum, souvent 1 à 2 ans en pratique). Ses honoraires sont librement négociés mais doivent être détaillés dans le contrat de syndic (loi ALUR, décret du 26 mars 2015). Depuis la loi ELAN de 2018, les honoraires forfaitisés recouvrent la quasi-totalité des prestations courantes du syndic.
L'assemblée générale ordinaire se tient au moins une fois par an. Le syndic doit adresser la convocation aux copropriétaires au moins 21 jours avant la date de la tenue de l'AG (délai pouvant être porté à 26 jours si la convocation est adressée par voie électronique). La convocation comporte l'ordre du jour, les documents budgétaires et les projets de résolutions.
Depuis la loi ELAN et le décret du 3 juillet 2020, l'AG peut se tenir en présentiel, à distance (visioconférence) ou en formule mixte. Chaque copropriétaire peut voter en présentiel, par correspondance (formulaire spécifique) ou par pouvoir donné à un mandataire (autre copropriétaire, membre de sa famille ou tiers autorisé).
Toutes les décisions n'obéissent pas aux mêmes règles de majorité. Quatre régimes coexistent :
Un copropriétaire opposant ou défaillant peut contester une décision d'AG devant le tribunal judiciaire :
Attention : une décision non contestée dans les 2 mois devient définitive, même si elle est irrégulière. D'où l'importance de vérifier attentivement les procès-verbaux et de saisir un avocat rapidement en cas de doute.
Depuis la loi ALUR (24 mars 2014) et le décret du 22 mars 2017, toute copropriété doit constituer un fonds de travaux obligatoire. Le montant est fixé annuellement par l'AG, avec un plancher légal de 2,5 % du budget prévisionnel (ou plus si le plan pluriannuel de travaux le justifie).
Ce fonds est bloqué sur un compte bancaire séparé au nom de la copropriété. Il est utilisé exclusivement pour financer les travaux votés en AG. En cas de vente d'un lot, la quote-part correspondante reste acquise à la copropriété (elle n'est pas remboursée au vendeur).
Depuis 2023, les copropriétés de plus de 200 lots doivent élaborer un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) décennal identifiant les travaux nécessaires sur 10 ans. Ce plan devient obligatoire pour les copropriétés :
Le PPT programme la rénovation énergétique, la sécurité de l'immeuble, la maintenance lourde. Il structure le budget travaux du fonds obligatoire et donne aux acquéreurs une visibilité sur les dépenses à venir.
En cas d'impayé de charges d'un copropriétaire, le syndic dispose de plusieurs voies :
Le copropriétaire défaillant supporte l'ensemble des frais de recouvrement. La loi ELAN a également instauré le "privilège du syndicat" : en cas de vente du lot, les charges impayées des 5 dernières années sont automatiquement recouvrées sur le prix de vente.
Trois recommandations concrètes :
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