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MaPrimeRénov' Copropriété 2026 : jusqu'à 45 % d'aide et 25 000 € par lot pour rénover son immeuble

MaPrimeRénov' Copropriété 2026 : jusqu'à 45 % d'aide et 25 000 € par lot pour rénover son immeuble
par Fabian Lainé le

À côté du parcours individuel — celui qui a fait l'actualité récente avec la sortie de l'isolation des murs et des chaudières biomasse —, MaPrimeRénov' dispose d'un volet collectif dédié aux copropriétés. En 2026, il dispose d'un budget renforcé, d'objectifs revus à la hausse et d'aides qui peuvent atteindre 45 % du montant des travaux, dans la limite de 25 000 € par lot. Voici comment fonctionne le dispositif, qui peut en bénéficier et ce qu'il faut faire en assemblée générale.

Un budget réaffirmé et un objectif élargi

L'Anah dispose pour 2026 d'une enveloppe globale de 4,6 milliards d'euros, dont 3,6 milliards pour MaPrimeRénov' (équivalent à 2025) et 300 millions supplémentaires pour le Plan Initiative Copropriété, qui cible les ensembles immobiliers en difficulté. L'objectif national est désormais de 120 000 rénovations financées dans l'année — dont 68 000 rénovations en copropriété, soit plus que les rénovations individuelles (52 000).

Après la réouverture du guichet le 23 février 2026, le dispositif est pleinement opérationnel et accessible à tout syndicat des copropriétaires qui en remplit les conditions. Et il s'adresse à un parc immense : plus de la moitié des logements français sont en copropriété.

Qui est éligible

L'aide s'adresse au syndicat des copropriétaires, pas directement aux copropriétaires individuels — c'est l'une des différences-clés avec le parcours par geste. Quatre conditions cumulatives doivent être réunies :

  • La copropriété doit être immatriculée au registre national des copropriétés ;
  • Au moins 65 % des lots doivent être à usage de résidence principale (75 % au-delà de 20 lots) ;
  • L'immeuble doit être achevé depuis au moins 15 ans ;
  • Les travaux doivent générer un gain énergétique minimum de 35 %, démontré par un audit énergétique avant et après chantier.

Les travaux doivent être réalisés par des entreprises labellisées RGE, et le projet doit être accompagné par une Assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO), dont 50 % du coût est pris en charge par l'Anah jusqu'à 600-1 000 € par lot selon la taille de la copropriété.

Combien la copropriété peut-elle recevoir

Le barème principal récompense la performance énergétique des travaux :

  • 30 % du montant des travaux pour un gain énergétique d'au moins 35 % ;
  • 45 % du montant des travaux pour un gain énergétique d'au moins 50 %.

Dans les deux cas, le plafond est fixé à 25 000 € par lot d'habitation, ce qui permet à une copropriété de 30 lots de capter jusqu'à 750 000 € d'aide. À ce socle s'ajoutent deux bonus possibles : + 20 % si la copropriété est qualifiée de « fragile » (taux d'impayés de charges supérieur à 8 % du budget voté, ou copro située en NPRNU), et + 10 % si l'immeuble sort de l'étiquette F ou G et atteint au minimum la classe D.

Une prime supplémentaire pour les copropriétaires modestes

Au-delà de l'aide versée à la copropriété, les copropriétaires aux revenus modestes ou très modestes peuvent bénéficier d'une prime individuelle complémentaire pour leur quote-part :

1 500 € pour un ménage modeste et 3 000 € pour un ménage très modeste, versés directement par l'Anah. Cette prime se cumule avec l'aide collective et permet de réduire significativement le reste à charge de la facture personnelle de chaque copropriétaire.

Important : MaPrimeRénov' Copropriété est par ailleurs cumulable avec MaPrimeRénov' individuelle pour des travaux réalisés dans les parties privatives d'un même appartement (changement de chaudière, isolation intérieure, etc.). Les deux dispositifs vivent en parallèle.

Les démarches à respecter

Le parcours est rigoureusement encadré et doit être piloté par le syndic, en coordination avec l'AMO. Trois grandes étapes structurent le projet :

D'abord, la réalisation d'un audit énergétique initial et la définition d'un programme de travaux validé par l'AMO. Ensuite, le vote en assemblée générale à la majorité absolue (article 25 de la loi de 1965) à la fois du programme de travaux, du budget et du recours à l'aide MaPrimeRénov'. Enfin, le dépôt du dossier auprès de l'Anah par le syndic (ou un mandataire) — les travaux ne peuvent commencer qu'après validation explicite de l'Anah.

Articulation avec les autres dispositifs

MaPrimeRénov' Copropriété se combine utilement avec plusieurs autres outils. Les certificats d'économies d'énergie (CEE) peuvent venir compléter l'aide Anah, tout comme l'éco-prêt à taux zéro collectif, qui finance le reste à charge sur jusqu'à 15 ans. Côté chauffage, à noter que l'installation d'une chaudière à gaz n'est plus financée par le dispositif, sauf pour les projets votés avant le 30 juin 2025 et déposés avant le 30 septembre — un signal clair vers la transition hors fossile.

Pour un copropriétaire individuel, la combinaison potentielle est donc large : aide collective via MaPrimeRénov' Copro, prime individuelle complémentaire, MaPrimeRénov' pour ses parties privatives, CEE, éco-PTZ. Bien arbitrée, elle permet de réduire le reste à charge à une fraction du devis initial.

Ce qu'il faut faire en 2026

Pour un syndic ou un membre du conseil syndical, la marche à suivre est claire : faire inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine AG, mandater une AMO pour piloter l'audit énergétique et la définition du programme, et solliciter plusieurs devis d'entreprises RGE. Pour un copropriétaire intéressé à titre personnel, le réflexe est de vérifier où en est sa copropriété sur le sujet — beaucoup d'immeubles font l'objet d'études préalables sans que les propriétaires en soient pleinement informés. Dans un parc immobilier français où la copropriété concentre une grande partie des passoires énergétiques, le dispositif n'a jamais été aussi central. Et son budget 2026 confirme qu'il restera l'un des moteurs principaux de la rénovation jusqu'à la fin de la décennie.

Sources

Photo de couverture : Chris Gray / Unsplash (licence libre).

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