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Le carnet d'entretien et le DTG : ce que la loi impose à toute copropriété

Le carnet d'entretien et le DTG : ce que la loi impose à toute copropriété
par Fabian Lainé le

Le carnet d'entretien et le DTG : ce que la loi impose à toute copropriété

Toute copropriété, même de petite taille, doit assurer un suivi rigoureux de son patrimoine. Deux outils s'imposent au syndic et aux copropriétaires : le carnet d'entretien, tenu en continu depuis la loi SRU, et le diagnostic technique global (DTG), obligatoire dans plusieurs situations. Ces documents conditionnent la bonne gestion de l'immeuble, l'anticipation des travaux et la valorisation des lots. Connaître leurs contenus, leurs déclencheurs et leurs articulations avec le plan pluriannuel de travaux est essentiel pour tout copropriétaire engagé.

Le carnet d'entretien, mémoire vivante de l'immeuble

Issu de la loi SRU, le carnet d'entretien est un document obligatoire pour toute copropriété, sans exception. Il est tenu par le syndic, qu'il soit professionnel ou bénévole, et doit être actualisé tout au long de la vie de l'immeuble. Il constitue une mémoire technique précieuse, consultable par les copropriétaires et exigée en cas de vente d'un lot, afin que l'acquéreur connaisse les travaux passés et les contrats en cours.

L'absence ou la non-mise à jour du carnet engage la responsabilité du syndic et peut peser dans une procédure de contestation de gestion.

Le contenu obligatoire du carnet d'entretien

Le contenu minimal est précisé par décret et doit permettre une lecture rapide de l'état administratif et technique de l'immeuble.

  • Adresse de l'immeuble et identification cadastrale.
  • Coordonnées du syndic en exercice et historique des syndics précédents.
  • Références des contrats d'entretien en cours (ascenseur, chaufferie, espaces verts, propreté).
  • Liste des travaux importants réalisés avec date, nature, entreprise et montant.
  • Échéancier du programme pluriannuel de travaux décidé par l'assemblée générale.
  • Référence des contrats d'assurance dommages-ouvrage souscrits par la copropriété.

Le DTG : diagnostic technique global obligatoire

Le diagnostic technique global a été créé par la loi ALUR pour aider les copropriétés à anticiper l'état de leur bâti et à planifier les investissements nécessaires. Il est obligatoire dans deux cas principaux : lors de la mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans, et lorsque l'immeuble fait l'objet d'une procédure d'insalubrité ou d'arrêté de police. L'assemblée générale peut également décider, à la majorité simple, d'engager un DTG volontaire pour mieux connaître le patrimoine collectif.

Le DTG est réalisé par un professionnel qualifié : architecte, bureau d'études techniques, ou diagnostiqueur agréé.

Contenu et utilité du DTG

Le DTG ne se limite pas à un état des lieux. Il dresse un panorama complet de l'immeuble et propose une projection à dix ans.

Il comporte ainsi une analyse de l'état apparent des parties communes et des équipements communs (toiture, façade, structure, ascenseurs, chauffage), un état de la situation administrative de la copropriété au regard de ses obligations légales et réglementaires, une analyse de la performance énergétique (DPE collectif ou audit énergétique selon la taille de l'immeuble) et un plan pluriannuel des travaux nécessaires sur les dix années à venir, accompagné d'une estimation du coût. Ce document éclaire les décisions de l'assemblée générale et permet de constituer progressivement les fonds nécessaires via le fonds travaux obligatoire alimenté chaque année par les copropriétaires.

Articulation avec le plan pluriannuel de travaux (PPT)

La loi Climat et Résilience a généralisé l'obligation, pour la majorité des copropriétés, d'élaborer un plan pluriannuel de travaux (PPT) sur dix ans. Ce PPT s'appuie largement sur les conclusions du DTG, lorsqu'il existe, et est lui-même soumis au vote de l'assemblée générale. Il identifie les travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble, à la sécurité de ses occupants, à la préservation de l'environnement et à l'amélioration de la performance énergétique.

Le PPT distingue les travaux à entreprendre dans les deux ans, dans les cinq ans et au-delà. Une fois adopté, il oriente les décisions annuelles d'assemblée et le rythme d'abondement du fonds travaux, qui doit représenter chaque année un pourcentage minimal du budget prévisionnel. Le carnet d'entretien, le DTG et le PPT forment ainsi un triptyque cohérent : mémoire du passé, photographie du présent, projection vers l'avenir.

Pour un copropriétaire, suivre l'élaboration et la mise à jour de ces documents est un acte de gouvernance essentiel. Demander une copie du carnet d'entretien, prendre connaissance du DTG lors de l'achat et participer activement au vote du plan pluriannuel de travaux permettent de protéger collectivement la valeur du patrimoine et d'éviter les surprises financières liées à des travaux insuffisamment anticipés.

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