Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un propriétaire qui met son bien en location est-il obligé de s'assurer ? Contrairement à une idée reçue, l'assurance habitation classique du locataire ne couvre pas tous les risques du bien immobilier. Depuis la loi ALUR de 2014, la souscription d'une assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) est même obligatoire pour les copropriétés. Ce guide explique le mécanisme, les garanties, les coûts et les pièges à éviter.
L'assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) est une assurance habitation spécifiquement conçue pour les bailleurs qui possèdent un logement mais n'y résident pas. Elle couvre les risques qui pèsent sur le bien immobilier lui-même (mur, structure, équipements fixes) ainsi que la responsabilité civile du propriétaire vis-à-vis des tiers, des voisins et parfois du locataire lui-même.
Elle est complémentaire — et non redondante — avec l'assurance habitation classique (MRH — Multirisques Habitation) souscrite obligatoirement par le locataire, qui couvre uniquement les biens personnels du locataire et sa responsabilité civile personnelle.
Deux cas de figure :
Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose la souscription obligatoire d'une assurance responsabilité civile pour tout copropriétaire, occupant ou non occupant. Cette obligation vise à garantir la couverture des sinistres susceptibles d'engager la responsabilité de la copropriété (dégât des eaux vers le voisin, incendie, etc.).
Concrètement, tout propriétaire bailleur d'un lot en copropriété doit disposer d'une assurance PNO. À défaut, il peut être poursuivi par le syndicat des copropriétaires.
Pour une maison individuelle mise en location, la loi n'impose pas la PNO. Elle reste toutefois fortement recommandée pour couvrir les risques majeurs (incendie, catastrophes naturelles, dégâts structurels).
Les garanties varient selon les contrats mais s'articulent autour de quatre grands blocs :
Couvre les dommages causés à des tiers du fait du bien immobilier : chute d'une tuile sur un passant, ruissellement chez le voisin, effondrement d'un plafond suspendu, etc. Cette garantie est essentielle car les indemnisations peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros.
Si le locataire est responsable d'un sinistre couvert (fuite d'eau, incendie), la PNO peut se retourner contre lui ou son assurance MRH pour obtenir remboursement — évite les procédures longues et coûteuses.
Couvre les frais d'avocat, les frais de procédure et les honoraires d'expert en cas de litige lié au bien (contentieux locatif, désaccord avec le syndic, action en responsabilité).
Attention à ne pas confondre PNO et GLI (Garantie Loyers Impayés). La PNO ne couvre pas :
Le tarif dépend de plusieurs facteurs :
En moyenne, la PNO coûte entre 60 et 250 € par an pour un appartement en copropriété, et 150 à 400 € par an pour une maison individuelle. Le montant est déductible fiscalement des revenus fonciers pour les bailleurs déclarant au régime réel.
Un point souvent méconnu : la copropriété souscrit obligatoirement une assurance globale couvrant les parties communes et la façade extérieure. Cette assurance couvre :
La PNO du bailleur intervient sur les parties privatives et la responsabilité individuelle. Les deux assurances sont donc complémentaires — pas redondantes. En cas de sinistre, la répartition entre l'assurance de la copropriété et la PNO peut faire l'objet d'un partage d'expertise.
La procédure classique en cas de sinistre :
La déclaration doit intervenir dans les 5 jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre (2 jours pour un vol).
La PNO reste utile — voire indispensable — quand le logement est vacant entre deux locations. Dans ce cas, la PNO :
Pour un logement vacant plus de 90 jours, certains contrats prévoient une surprime ou une limitation de garantie — vérifier attentivement les CG.
Trois voies principales :
Comparer 3-4 offres est essentiel : les écarts de tarif atteignent facilement 30-50 %, à couverture équivalente.
Pour les bailleurs déclarant leurs revenus fonciers au régime réel (obligatoire au-delà de 15 000 € de revenus fonciers annuels), la prime d'assurance PNO est intégralement déductible du revenu foncier de l'année de paiement. Elle apparaît en case 223 du formulaire 2044.
Pour les bailleurs au régime micro-foncier (revenus fonciers < 15 000 €), l'abattement forfaitaire de 30 % (depuis 2026) est réputé couvrir l'ensemble des charges, dont la PNO — pas de déduction spécifique possible.
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