Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Le marché de la transaction a ralenti, les effectifs des réseaux se sont resserrés, et pourtant les offres d’emploi de conseiller immobilier se comptent par milliers. Au 25 septembre 2026, on en relève 7 629 en France. Ce chiffre ne dit pas que le métier va bien : il dit que le métier recrute, ce qui n’est pas la même chose, et les détails de ces annonces expliquent pourquoi.
Nous avons repris la structure de ces offres telle qu’elle ressort des offres d’emploi de conseiller immobilier agrégées par Jobever, qui collecte en continu les publications de France Travail et de ses partenaires. Quatre enseignements en sortent : le salariat n’est plus majoritaire, le métier reste largement ouvert aux débutants, le recrutement est beaucoup moins parisien qu’on ne le croit, et les compétences demandées ont changé de nature.
C’est le chiffre qui structure tout le reste. Sur les 7 629 offres, la répartition par type de contrat se lit ainsi :
| Type de contrat | Offres |
|---|---|
| CDI | 3 630 |
| Indépendant | 1 837 |
| Commercial (agent commercial) | 1 815 |
| CDD | 260 |
| Intérim | 82 |
| Franchise | 3 |
| Saisonnier | 2 |
Additionnez les deux lignes qui relèvent de l’exercice non salarié — indépendant et agent commercial — et vous obtenez 3 652 offres, soit très légèrement plus que les 3 630 CDI. Autrement dit : une annonce sur deux propose un statut sans salaire fixe, où la rémunération est entièrement composée de commissions.
Ce n’est pas un accident de conjoncture, c’est un modèle. Le mandataire indépendant coûte à son réseau un pourcentage des honoraires perçus et rien d’autre : ni salaire les mois creux, ni charges patronales, ni licenciement quand le marché se retourne. Quand la transaction ralentit, ce modèle absorbe le choc en le transférant intégralement au conseiller. Le volume d’offres reste donc élevé parce que le marché est difficile, pas malgré lui.
Pour qui lit ces annonces en cherchant un emploi, la conséquence est simple : le nombre d’offres n’est pas un indicateur de la santé du secteur, et « 7 629 postes » ne veut pas dire « 7 629 salaires ».
La répartition par niveau d’expérience est nette : 4 941 offres acceptent un débutant, contre 2 688 qui exigent de l’expérience. Près de deux annonces sur trois sont donc accessibles sans parcours immobilier préalable. S’y ajoutent 154 offres en alternance.
Cette ouverture s’explique par le même modèle. Recruter un débutant sous statut d’agent commercial ne représente aucun risque financier pour le réseau : s’il ne vend pas, il ne coûte rien. La sélection ne se fait plus à l’entrée mais après, par l’attrition — et elle est sévère.
C’est aussi ce qui rend la lecture des annonces délicate. Une offre « débutant accepté » avec un statut indépendant et une rémunération à 100 % variable n’est pas une offre d’emploi au sens classique : c’est une proposition d’installation à son compte, avec un apport d’enseigne et d’outils. Les deux existent sur le marché, et il faut savoir laquelle on lit.
Paris arrive en tête, mais avec 318 offres seulement — soit 4 % du total national. Les douze départements les plus représentés en concentrent 2 890, c’est-à-dire 38 % des offres : la majorité du recrutement se fait ailleurs, dispersée sur tout le territoire.
| Département | Offres |
|---|---|
| Paris | 318 |
| Gironde | 288 |
| Alpes-Maritimes | 275 |
| Bouches-du-Rhône | 253 |
| Hauts-de-Seine | 249 |
| Yvelines | 233 |
| Loire-Atlantique | 232 |
| Rhône | 227 |
| Var | 220 |
| Haute-Garonne | 207 |
| Nord | 195 |
| Val-de-Marne | 193 |
Le classement suit assez fidèlement les marchés où il se passe quelque chose : la Gironde et la Loire-Atlantique, portées par l’arrivée continue de ménages ; les Alpes-Maritimes et le Var, où la résidence secondaire et l’international entretiennent un flux d’affaires même quand le marché principal ralentit ; la Haute-Garonne et le Rhône, sur la dynamique des métropoles.
Un conseiller qui s’installe en Gironde ne travaille pas le même marché qu’un confrère parisien : le stock d’appartements à vendre à Bordeaux n’a ni les mêmes prix ni les mêmes délais que celui des appartements en vente à Paris. Dans le Rhône, la part de la gestion locative pèse davantage, ce que confirme le volume d’appartements en location à Lyon.
Les mots-clés les plus fréquents dans les annonces ne parlent presque plus de vente :
Une mention mérite une précision : Qualiopi apparaît dans 1 059 offres. Ce label certifie la qualité des organismes de formation, pas les compétences d’un conseiller. Sa présence massive signale surtout que beaucoup d’annonces émanent de réseaux qui mettent en avant leur dispositif de formation interne. Elle ne dit rien du poste lui-même, et un candidat aurait tort d’y lire un critère d’exigence.
À côté du conseiller en transaction, d’autres fonctions du secteur publient leurs propres offres — souvent salariées, elles, et moins exposées au cycle :
| Métier | Offres |
|---|---|
| Chargé de gestion locative | 550 |
| Gestionnaire de copropriété | 416 |
| Chargé d’affaires immobilières | 173 |
| Assistant de gestion syndic | 146 |
| Chargé de recouvrement immobilier | 142 |
| Responsable d’agence immobilière | 128 |
| Responsable de projet immobilier | 91 |
Soit 1 646 offres supplémentaires, dans des fonctions où la rémunération est structurellement plus fixe. Pour qui veut travailler dans l’immobilier sans dépendre du volume de transactions, c’est de ce côté-là qu’il faut regarder.
Exercer l’entremise immobilière n’est pas libre. La loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, et son décret d’application n° 72-678 du 20 juillet 1972 conditionnent l’activité à la détention d’une carte professionnelle — mention « Transactions sur immeubles et fonds de commerce » (T), « Gestion immobilière » (G) ou « Syndic » (S) — délivrée par la chambre de commerce et d’industrie.
Le conseiller qui exerce comme agent commercial indépendant ne détient pas cette carte : il travaille sous l’attestation d’habilitation délivrée par le titulaire, et s’immatricule au registre spécial des agents commerciaux. C’est une nuance qui a des conséquences concrètes — sur ce qu’il peut signer, et sur ce qu’il ne peut pas.
S’y ajoute une obligation de formation continue, issue de la loi ALUR et fixée par le décret n° 2016-173 du 18 février 2016, entré en vigueur le 1er avril 2016 : 14 heures par an, ou 42 heures sur trois années consécutives, à justifier avant tout renouvellement de la carte. Elle s’applique aux titulaires de la carte comme à leurs collaborateurs habilités. Le décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020 l’a complétée : deux de ces heures doivent porter sur la non-discrimination dans l’accès au logement, depuis le 1er janvier 2021.
Si vous cherchez un poste : lisez d’abord la ligne « type de contrat ». Un CDI et un statut d’agent commercial ne sont pas deux variantes du même emploi. Vérifiez ensuite ce que le réseau apporte réellement — portefeuille, exclusivités, outils, formation — car c’est cela que vous payez en commissions. Et regardez du côté de la gestion locative et de la copropriété si la stabilité compte davantage que le plafond de rémunération.
Si vous recrutez : avec 4 941 offres ouvertes aux débutants, la rareté ne porte pas sur les candidats mais sur ceux qui tiendront la deuxième année. Le premier facteur cité dans les annonces n’est plus la vente mais le CRM : ce que vous cherchez ressemble de plus en plus à un profil capable d’organiser un portefeuille dans la durée.
Pour situer votre secteur avant de vous engager, le volume et le niveau des biens en vente sur une commune donnent une idée plus juste du potentiel d’honoraires qu’un argumentaire de réseau. Zimo référence par ailleurs 1 797 agences et professionnels dans son annuaire, ce qui permet de mesurer la densité concurrentielle d’une ville avant de s’y installer.
Photo : lettres formant le mot « real estate » — Precondo CA sur Unsplash.
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