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IPC INSEE juin 2026 : inflation à +1,8% confirmée, la désinflation reprend et rassure

IPC INSEE juin 2026 : inflation à +1,8% confirmée, la désinflation reprend et rassure
par Fabian Lainé le

L'INSEE a confirmé le 10 juillet la publication définitive de l'indice des prix à la consommation de juin 2026 : +1,8 % sur un an, avec un IPCH à +2,0 %. Une décélération marquée par rapport à mai (+2,4 %) qui redonne des marges à la BCE et prépare une décrue de l'IRL au troisième trimestre. Décryptage pour l'immobilier.

Les chiffres définitifs de juin 2026

La publication définitive de l'INSEE (série 011814056) confirme les tendances de l'estimation provisoire :

  • IPC ensemble des ménages : +1,8 % sur un an, -0,3 % sur un mois ;
  • IPCH (indice harmonisé européen) : +2,0 % sur un an, -0,3 % sur un mois — pile sur la cible BCE ;
  • Inflation sous-jacente (hors énergie, alimentation, produits volatils) : +1,0 % sur un an, en fort ralentissement (+1,5 % en mai).

Le passage de +2,4 % en mai à +1,8 % en juin marque la plus forte décélération mensuelle depuis fin 2023.

Le choc pétrolier inverse : moteur de la baisse

La chute des prix de l'énergie explique l'essentiel du mouvement :

  • Prix de l'énergie : -4,2 % sur un mois (contre +0,6 % en mai) ;
  • Produits pétroliers : -7,0 % sur un mois (contre -1,9 % en mai) ;
  • Gaz naturel et électricité : quasi-stables sur le mois grâce aux mesures tarifaires.

Cette baisse est nourrie par le repli du Brent à 62-65 USD/baril depuis mi-avril, sous l'effet de la reprise de la production OPEP+ et de la faiblesse de la demande chinoise. La tendance devrait se prolonger sur juillet-août sauf choc géopolitique majeur.

Ce que cela signifie pour l'IRL des prochains trimestres

L'IRL est mécaniquement lié à l'IPC hors tabac et hors loyers, avec un décalage de deux trimestres. La modération observée en juin 2026 se répercutera donc sur les publications à venir :

  • IRL T3 2026 (publication attendue en octobre) : décrue probable vers +1,0 à +1,4 % sur un an, contre +1,9 % au T2 ;
  • IRL T4 2026 (publication en janvier 2027) : consolidation autour de +0,8 à +1,2 % si la baisse énergétique se prolonge ;
  • IRL T1 2027 : projection stable autour de +1,0 %.

Pour les bailleurs qui espéraient un IRL au-dessus de 2 % sur plusieurs trimestres, la publication d'aujourd'hui referme cette perspective. Pour les locataires, la décélération est une bonne nouvelle après plusieurs années de tensions.

Impact sur la BCE et les taux immobiliers

Avec un IPCH précisément sur la cible (+2,0 %), la BCE dispose des marges nécessaires pour envisager une nouvelle baisse des taux directeurs. Le scénario le plus probable :

  • 24 juillet 2026 : pause confirmée (taux inchangés) ;
  • 11 septembre 2026 : baisse de 25 points de base probable, portant le taux de dépôt à 2,00 % ;
  • Octobre-décembre 2026 : pause pour observer les effets.

Pour les emprunteurs immobiliers, cette perspective ouvre une fenêtre de baisse des taux de crédit à horizon automne 2026 : -15 à -30 points de base attendus. Un crédit à 3,25 % aujourd'hui sur 20 ans pourrait se renégocier à 3,00-3,10 % au T4.

Un tableau contrasté par secteur

Derrière le chiffre agrégé, les évolutions restent hétérogènes :

  • Alimentation : +1,3 % sur un an, décélération continue depuis fin 2024 ;
  • Produits manufacturés : +0,3 % sur un an — quasi-stables ;
  • Services : +2,5 % sur un an, seul poste où la tension reste palpable, portée par les services de santé, transports, restauration ;
  • Loyers : +1,0 % sur un an selon CLAMEUR, bien en-deçà de l'IRL formel ;
  • Tabac : +6,2 % sur un an — impact de la fiscalité.

Cette dispersion caractérise une phase de désinflation "propre" où les composantes énergétiques dominent. Le vrai test viendra à la rentrée avec les prix des services touristiques et l'effet de base négatif d'un été 2025 particulièrement tendu.

Notre lecture

La publication de juin envoie un signal clair : la France entre dans une phase de désinflation stabilisée autour de la cible BCE. Trois conséquences pour l'immobilier :

  • Pour les emprunteurs : fenêtre favorable jusqu'à l'automne pour boucler un dossier avant la décrue potentielle des taux (renégociable ensuite) ;
  • Pour les bailleurs : anticiper un IRL en repli sur les prochains trimestres, adapter les projections de rendement ;
  • Pour les locataires : soulagement sur les révisions futures, mais un pic ponctuel au T2 (+1,9 %) qui pèsera sur les baux à révision automnale.

Sources

Photo : Markus Spiske — Unsplash

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