Zimo, moteur de recherche d'annonces immobilières
Recherche

Livret A : la baisse attendue au 1er août 2026 pourrait relancer l arbitrage vers l immobilier

Livret A : la baisse attendue au 1er août 2026 pourrait relancer l arbitrage vers l immobilier
par Fabian Lainé le

Le 1er août 2026, la Banque de France communiquera au ministre de l'Économie le résultat de la formule semestrielle de calcul du Livret A. Après un maintien exceptionnel à 2,50 % pendant 12 mois (février 2026 puis août 2025 gelés), la baisse cette fois paraît inévitable : le consensus des économistes attend un taux compris entre 1,50 % et 2,00 %. Pour les 57 millions de détenteurs et les 411 milliards d'euros d'encours, l'arbitrage vers l'immobilier locatif redevient un vrai sujet.

Rappel : comment le taux du Livret A est calculé

Depuis la réforme de février 2020, le taux du Livret A résulte d'une formule automatique révisée deux fois par an (1er février et 1er août) :

Taux Livret A = (moyenne inflation semestrielle hors tabac + moyenne €STR semestrielle) ÷ 2

Avec un plancher de 0,50 %. Le Gouverneur de la Banque de France peut cependant proposer au ministre de l'Économie de déroger à la formule pour protéger le pouvoir d'achat des épargnants (choix retenu par Bruno Le Maire en 2023 et à nouveau en février 2026 : blocage à 2,50 %).

Ce que dit la formule pour août 2026

Application chiffrée à partir des données publiées jusqu'à juillet 2026 :

  • Inflation hors tabac (moyenne janvier-juin 2026) : environ 1,1 % ;
  • €STR (moyenne janvier-juin 2026) : environ 2,0 % ;
  • Moyenne : (1,1 + 2,0) / 2 = 1,55 %, arrondi à 1,50 %.

Le résultat brut serait donc 1,50 %. Le gouvernement peut toujours arbitrer à la hausse pour préserver le pouvoir d'achat des épargnants — un arbitrage à 1,75 % ou 2,00 % reste envisageable. Un maintien à 2,50 % paraît en revanche exclu : la Cour des comptes a explicitement pointé en juin 2026 le coût pour le financement du logement social des blocages répétés.

Trois scénarios possibles au 1er août 2026

Scénario 1 — Application stricte de la formule : 1,50 %

Le taux le plus bas depuis février 2022. Pour un livret plein (22 950 €), la rémunération passerait de 574 €/an à 344 €/an, soit une perte annuelle de 230 €. Effet immédiat : accélération du mouvement d'arbitrage vers d'autres supports (assurance-vie, PEA, immobilier locatif, SCPI).

Scénario 2 — Arbitrage gouvernemental intermédiaire : 1,75 %

Le scénario que privilégient les fédérations bancaires. Il permet d'éviter le choc politique tout en laissant respirer les organismes HLM et Bpifrance (financés par les dépôts). Rémunération annuelle sur livret plein : 402 €/an.

Scénario 3 — Arbitrage protecteur : 2,00 %

Le scénario défendu par les associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV) au motif que l'inflation sous-jacente reste tenace à 2,3 %. Rémunération annuelle : 459 €/an.

Le consensus Bloomberg / Reuters au 25 juillet donne : 1,75 % (probabilité 55 %), 1,50 % (30 %), 2,00 % (15 %).

Le LEP reste protégé — mais son plafond est bas

Le Livret d'Épargne Populaire (LEP), réservé aux foyers modestes (revenus < 22 823 € pour une part), suit une formule différente qui privilégie l'inflation. Sa rémunération pour août 2026 devrait s'établir autour de 3,00 %. Reste que son plafond est limité à 10 000 € — insuffisant pour absorber un patrimoine liquide significatif.

Livret A à 1,50-1,75 % : le déclencheur d'arbitrages patrimoniaux

La baisse attendue rebattra les cartes de l'épargne des Français :

Immobilier locatif : effet de levier redevient favorable

Avec un taux immobilier 20 ans à 3,25 % et un Livret A à 1,50 %, l'écart de rendement se creuse en faveur de l'immobilier. Un investissement locatif générant 5-7 % brut (soit 3-4 % net après charges et fiscalité) offre un différentiel séduisant. Les SCPI, dont le rendement moyen 2025 s'est établi à 4,72 % (source ASPIM), redeviennent particulièrement attractives.

Assurance-vie : fonds euros et unités de compte

Les fonds euros des grands assureurs ont servi 2,8 à 3,4 % en 2025. Sans faire mieux dans l'absolu, ils dépassent facilement le Livret A post-baisse, avec en prime la souplesse fiscale (abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans).

PEL — le grand retour ?

Les Plans d'Épargne Logement souscrits après le 1er juillet 2025 servent 2,50 % pendant 4 ans, avec droit à un prêt immobilier à 3,45 %. Face à un Livret A à 1,50 %, le PEL redevient un placement pertinent — surtout pour préparer un futur achat immobilier.

Impact sur le marché immobilier attendu

Historiquement, chaque baisse du Livret A de 50 points de base entraîne :

  • Une déformation de l'épargne des ménages vers les placements de plus long terme (assurance-vie, SCPI, immobilier direct) — environ 6 à 12 Md€ selon les études de la Banque de France ;
  • Un léger regain de la demande sur l'investissement locatif — bailleurs particuliers cherchant à défiscaliser (LMNP, Denormandie, Pinel jusqu'à fin 2027 sur biens neufs) ;
  • Une tension supplémentaire sur les zones tendues — les épargnants tendent à privilégier les grandes métropoles pour l'investissement, où les biens sont plus liquides.

L'effet secondaire : le logement social sous tension

Le Livret A finance le logement social via la Caisse des Dépôts (65 % de son encours). Chaque baisse de taux allège la charge des organismes HLM — le coût du refinancement diminue. À l'inverse, chaque hausse crée une pression sur leur trésorerie. Le taux à 2,50 % maintenu 12 mois a coûté environ 1,4 milliard d'euros de surcharge aux bailleurs sociaux, selon l'USH (Union sociale pour l'habitat) — d'où le lobbying pour une baisse rapide.

Notre conseil aux épargnants

  • Ne pas vider son Livret A précipitamment : la liquidité gratuite (retrait immédiat) reste précieuse pour la trésorerie de précaution. Conserver l'équivalent de 3-6 mois de dépenses ;
  • Maximiser le LEP si éligible : à 3,00 %, il reste le meilleur placement sans risque du marché ;
  • Étudier une entrée en SCPI : versement ponctuel ou programmé, rendement 4-5 % net, mutualisation du risque immobilier. Voir notre guide SCPI ;
  • Rouvrir un PEL pour préparer un achat immobilier à horizon 3-5 ans : le prêt à 3,45 % est un droit acquis, précieux si les taux repartent à la hausse ;
  • Vérifier la fiscalité de votre assurance-vie : les fonds euros restent compétitifs si votre contrat est de plus de 8 ans.

Sources

Photo : Andre Taissin — Unsplash

Articles sur le même thème

Crédit immobilier, été 2026 : taux stables et pouvoir d'achat qui se stabilise après la BCE de fin juillet
Financement
Crédit immobilier, été 2026 : taux stables et pouvoir d'achat qui se stabilise après la BCE de fin juillet
Fabian Lainé -
BCE demain 24 juillet : le ton de Lagarde va décider de la trajectoire des taux immobiliers d'ici la rentrée
Financement
BCE demain 24 juillet : le ton de Lagarde va décider de la trajectoire des taux immobiliers d'ici la rentrée
Fabian Lainé -
Renégocier ou racheter son crédit immobilier en 2026 : le moment est-il venu à l'approche de la BCE ?
Financement
Renégocier ou racheter son crédit immobilier en 2026 : le moment est-il venu à l'approche de la BCE ?
Fabian Lainé -