Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Le 1er août 2026, la Banque de France communiquera au ministre de l'Économie le résultat de la formule semestrielle de calcul du Livret A. Après un maintien exceptionnel à 2,50 % pendant 12 mois (février 2026 puis août 2025 gelés), la baisse cette fois paraît inévitable : le consensus des économistes attend un taux compris entre 1,50 % et 2,00 %. Pour les 57 millions de détenteurs et les 411 milliards d'euros d'encours, l'arbitrage vers l'immobilier locatif redevient un vrai sujet.
Depuis la réforme de février 2020, le taux du Livret A résulte d'une formule automatique révisée deux fois par an (1er février et 1er août) :
Taux Livret A = (moyenne inflation semestrielle hors tabac + moyenne €STR semestrielle) ÷ 2
Avec un plancher de 0,50 %. Le Gouverneur de la Banque de France peut cependant proposer au ministre de l'Économie de déroger à la formule pour protéger le pouvoir d'achat des épargnants (choix retenu par Bruno Le Maire en 2023 et à nouveau en février 2026 : blocage à 2,50 %).
Application chiffrée à partir des données publiées jusqu'à juillet 2026 :
Le résultat brut serait donc 1,50 %. Le gouvernement peut toujours arbitrer à la hausse pour préserver le pouvoir d'achat des épargnants — un arbitrage à 1,75 % ou 2,00 % reste envisageable. Un maintien à 2,50 % paraît en revanche exclu : la Cour des comptes a explicitement pointé en juin 2026 le coût pour le financement du logement social des blocages répétés.
Le taux le plus bas depuis février 2022. Pour un livret plein (22 950 €), la rémunération passerait de 574 €/an à 344 €/an, soit une perte annuelle de 230 €. Effet immédiat : accélération du mouvement d'arbitrage vers d'autres supports (assurance-vie, PEA, immobilier locatif, SCPI).
Le scénario que privilégient les fédérations bancaires. Il permet d'éviter le choc politique tout en laissant respirer les organismes HLM et Bpifrance (financés par les dépôts). Rémunération annuelle sur livret plein : 402 €/an.
Le scénario défendu par les associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV) au motif que l'inflation sous-jacente reste tenace à 2,3 %. Rémunération annuelle : 459 €/an.
Le consensus Bloomberg / Reuters au 25 juillet donne : 1,75 % (probabilité 55 %), 1,50 % (30 %), 2,00 % (15 %).
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP), réservé aux foyers modestes (revenus < 22 823 € pour une part), suit une formule différente qui privilégie l'inflation. Sa rémunération pour août 2026 devrait s'établir autour de 3,00 %. Reste que son plafond est limité à 10 000 € — insuffisant pour absorber un patrimoine liquide significatif.
La baisse attendue rebattra les cartes de l'épargne des Français :
Avec un taux immobilier 20 ans à 3,25 % et un Livret A à 1,50 %, l'écart de rendement se creuse en faveur de l'immobilier. Un investissement locatif générant 5-7 % brut (soit 3-4 % net après charges et fiscalité) offre un différentiel séduisant. Les SCPI, dont le rendement moyen 2025 s'est établi à 4,72 % (source ASPIM), redeviennent particulièrement attractives.
Les fonds euros des grands assureurs ont servi 2,8 à 3,4 % en 2025. Sans faire mieux dans l'absolu, ils dépassent facilement le Livret A post-baisse, avec en prime la souplesse fiscale (abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans).
Les Plans d'Épargne Logement souscrits après le 1er juillet 2025 servent 2,50 % pendant 4 ans, avec droit à un prêt immobilier à 3,45 %. Face à un Livret A à 1,50 %, le PEL redevient un placement pertinent — surtout pour préparer un futur achat immobilier.
Historiquement, chaque baisse du Livret A de 50 points de base entraîne :
Le Livret A finance le logement social via la Caisse des Dépôts (65 % de son encours). Chaque baisse de taux allège la charge des organismes HLM — le coût du refinancement diminue. À l'inverse, chaque hausse crée une pression sur leur trésorerie. Le taux à 2,50 % maintenu 12 mois a coûté environ 1,4 milliard d'euros de surcharge aux bailleurs sociaux, selon l'USH (Union sociale pour l'habitat) — d'où le lobbying pour une baisse rapide.
Photo : Andre Taissin — Unsplash
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