Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un an et demi après son adoption en novembre 2024, la loi Le Meur a profondément rebattu les cartes du meublé de tourisme : plafond micro-BIC divisé par 5 pour les biens non classés, abattement rogné à 30 %, DPE minimum E exigé pour tout changement d'usage, immatriculation nationale généralisée. Bilan chiffré et enseignements du premier semestre 2026.
Adoptée en novembre 2024 et pleinement effective depuis le 1er janvier 2025, la loi Le Meur a introduit trois séries de mesures : fiscalité micro-BIC, obligations d'urbanisme et registre national. L'objectif affiché par les parlementaires — remettre des logements sur le marché locatif classique en pénalisant fiscalement Airbnb — se traduit désormais dans les chiffres.
Le régime fiscal du micro-BIC applicable aux meublés de tourisme a été profondément revu. Deux régimes coexistent désormais :
Traduction concrète pour un loueur : sur 25 000 € de recettes annuelles en meublé non classé, la bascule en régime réel BIC devient obligatoire. Il faudra désormais tenir une comptabilité, amortir le bien, déduire les frais réels — un formalisme lourd que la plupart des petits loueurs vont chercher à éviter.
Conséquence directe de cette segmentation fiscale : une vague sans précédent de demandes de classement en étoiles. Selon les données consolidées d'Atout France (organisme gestionnaire du classement), + 47 % de nouvelles demandes de classement ont été enregistrées entre janvier 2025 et mai 2026, portant le stock total à plus de 190 000 meublés classés en France (contre 115 000 fin 2023).
La procédure de classement (visite d'un organisme évaluateur, notation sur 5 étoiles, validité 5 ans) coûte 250 à 400 € et prend environ 2 mois. Un investissement rentabilisé en général en 1 à 2 ans grâce à l'écart d'abattement (50 % contre 30 %).
Autre grande mesure de la loi Le Meur : toute nouvelle demande d'autorisation de changement d'usage (transformation d'un logement classique en meublé de tourisme) impose désormais que le bien dispose d'un DPE présentant la note minimale de « E ». Cette exigence s'ajoute à celles qui préexistaient pour la mise en location nue.
Concrètement, un bailleur qui souhaite lancer un meublé Airbnb dans un logement classé F ou G se voit désormais opposer un refus municipal, sauf à réaliser des travaux de mise en conformité DPE. Cette mesure vise à cohérencier les exigences énergétiques entre location saisonnière et location résidentielle.
Enfin, l'obligation de déclaration en mairie a été généralisée à toutes les communes sans exception. Un registre national des meublés de tourisme, tenu par une plateforme unifiée, doit être pleinement opérationnel au 20 mai 2026 avec attribution d'un numéro d'immatriculation obligatoire pour toute mise en ligne sur les plateformes de réservation (Airbnb, Booking, Abritel…).
Plateforme et loueur sont conjointement responsables : les annonces sans numéro d'immatriculation seront progressivement déréférencées à partir de l'été 2026, avec des amendes pouvant atteindre 15 000 € par bien pour la plateforme et 5 000 € par annonce non conforme pour le loueur.
Les premières estimations d'Airbnb France sur la période janvier-mai 2026 montrent une baisse de -12 % du parc actif sur les grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille) et -8 % sur l'ensemble du territoire. Un retour partiel de biens sur la location résidentielle classique : les observatoires régionaux estiment que 12 000 à 18 000 logements sont revenus sur le locatif de longue durée en 12 mois.
Mais l'effet reste modeste au regard des besoins : les zones ultra-tendues (Paris intra-muros, Côte d'Azur, Pays basque) conservent une pénurie structurelle de logements malgré ces retraits. La loi Le Meur agit à la marge, pas comme un déclencheur systémique.
Trois arbitrages selon la situation :
Photo : Matt Artz — Unsplash
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