Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
C'est un chiffre que personne ne regarde tant qu'il ne bloque pas un dossier, et qui devient soudain le seul qui compte quand la banque annonce un refus. Les seuils de l'usure applicables du 1er octobre au 31 décembre 2026 seront publiés au Journal officiel fin septembre. Dans le contexte de remontée des taux amorcé en juin, cette révision trimestrielle est pour une fois une bonne nouvelle pour les emprunteurs en limite de dossier.
Le mécanisme, fixé par le code de la consommation, est mécanique et sans discrétion : chaque trimestre, la Banque de France relève les TAEG effectivement accordés par les établissements de crédit au cours du trimestre écoulé, en tire un taux effectif moyen par catégorie de prêt, puis le majore d'un tiers. Le résultat est le seuil de l'usure du trimestre suivant. Prêter au-delà est un délit.
Ce détail de méthode explique tout le comportement du seuil : il est rétrospectif. Il reflète les taux du trimestre passé, pas ceux du trimestre à venir. Quand les taux montent, le plafond monte avec un trimestre de retard — ce qui le rend serré en phase de hausse rapide, et confortable quand la hausse ralentit. Quand les taux baissent, c'est l'inverse.
Le point que beaucoup d'emprunteurs découvrent trop tard : le seuil ne s'applique pas au taux nominal affiché sur l'offre de prêt, mais au TAEG complet — intérêts, assurance emprunteur, frais de dossier, frais de garantie, frais de courtage. C'est presque toujours l'assurance qui fait franchir la ligne, et c'est pour cela que le refus tombe le plus souvent sur des profils âgés, avec antécédents de santé, ou sur des petits montants où les frais fixes pèsent lourd en proportion.
Pour le 3e trimestre 2026, applicables du 1er juillet au 30 septembre, les seuils de l'usure en crédit immobilier s'établissent à :
La comparaison avec le trimestre précédent dit déjà où va le mouvement. Au 2e trimestre 2026, le seuil des prêts de 20 ans et plus était de 5,19 %, celui du taux variable de 5,00 %, celui du prêt-relais de 6,20 %. Soit, respectivement, +10, +28 et +19 points de base en un trimestre.
La formule permet de remonter au taux moyen sous-jacent : un seuil de 5,29 % sur 20 ans et plus correspond mécaniquement à un taux effectif moyen de l'ordre de 3,97 % constaté sur le trimestre de référence, assurance et frais compris.
Trois éléments alimentent la même direction.
La BCE a changé de pied. Le 11 juin 2026, elle a relevé son taux de facilité de dépôt de 2,00 % à 2,25 % — première hausse depuis trois ans. Elle a maintenu ce niveau le 23 juillet. La prochaine réunion de politique monétaire se tiendra le 10 septembre, à Berlin, et une partie des prévisionnistes anticipe un nouveau quart de point.
L'OAT s'est tendue. L'obligation assimilable du Trésor à 10 ans, référence que les banques surveillent pour construire leurs barèmes immobiliers, a franchi les 4 % en juillet. C'est le coût de la ressource longue qui se renchérit, et il finit toujours par se retrouver dans les grilles.
Les barèmes bancaires ont déjà bougé. En août 2026, les taux moyens relevés par les courtiers s'établissent autour de 3,31 % sur 20 ans selon CAFPI et 3,44 % sur 20 ans selon l'observatoire Pretto, avec des meilleurs dossiers autour de 3,19 %. Le consensus des courtiers situe la fin d'année autour de 3,55 % sur 20 ans. Une hausse contenue — mais une hausse.
Comme le seuil du 4e trimestre sera calculé sur les TAEG du 3e trimestre, c'est-à-dire sur des barèmes déjà remontés, la marge de manœuvre s'élargit au moment précis où les taux se tendent. C'est l'inverse exact de la situation de 2022-2023, où le seuil trimestriel courait derrière une hausse trop rapide et effaçait des dizaines de milliers de dossiers.
Pour un dossier ordinaire — moins de 55 ans, assurance standard, apport correct — la question ne se pose pas : le TAEG reste largement sous le plafond. Le taux d'usure n'a jamais concerné le cœur du marché.
Il concerne les marges, et elles sont réelles :
Si un dossier bute sur le seuil, trois leviers existent, et aucun n'est théorique. Le premier est la délégation d'assurance : depuis la loi Lemoine, la résiliation est possible à tout moment et le questionnaire de santé a disparu pour les prêts inférieurs à 200 000 € par assuré remboursés avant 60 ans — le bilan du dispositif montre des écarts de prime considérables entre contrat groupe et contrat individuel. Le deuxième est le changement de catégorie : passer d'un prêt sur 19 ans à un prêt sur 20 ans fait basculer le dossier du plafond de 4,57 % à celui de 5,29 %, soit 72 points de base de respiration. Le troisième est la négociation des frais, dossier et courtage, qui entrent tous deux dans le TAEG.
Un dossier dont l'offre de prêt est éditée fin septembre relève encore du seuil du 3e trimestre ; le même dossier, édité début octobre, relève du nouveau. Quand le TAEG frôle la ligne, quelques jours de décalage suffisent à changer la réponse — et il vaut mieux que ce décalage soit choisi que subi.
Pour comprendre le mécanisme dans le détail, notre guide sur le taux d'usure reprend les définitions et les catégories. Et si vous détenez déjà un crédit, la remontée en cours rebat aussi les cartes du rachat et de la renégociation : les arbitrages qui avaient du sens au printemps n'en ont plus tous aujourd'hui. Le baromètre de fin juillet donne le point de départ de la trajectoire.
Pour calibrer un projet sur les barèmes actuels, regardez ce que le marché propose : appartements à vendre, maisons à vendre.
Photo : Jakub Żerdzicki — Unsplash — clé, maquette de maison et calculatrice
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