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Baromètre notaires 25 juillet : ce que la publication de demain va confirmer sur le marché immobilier

Baromètre notaires 25 juillet : ce que la publication de demain va confirmer sur le marché immobilier
par Fabian Lainé le

Les notaires de France publient demain 25 juillet leur baromètre trimestriel — chiffres officiels du 2e trimestre 2026. Les tendances qui se dessinent : fin de la correction généralisée (+0,1 % au S1), stabilisation en province, deux vitesses entre métropoles (Nantes, Marseille, Rennes en hausse ; Bordeaux, Nice encore en ajustement). Ce que le baromètre va confirmer et ce qu'il change pour les acheteurs et vendeurs.

Ce que le baromètre va publier demain

Le baromètre trimestriel des notaires (Chambre des notaires de Paris + Perval pour la province) porte sur les ventes signées au 2e trimestre 2026 (avril-mai-juin) — soit les compromis effectivement transformés en actes authentiques. Publication le vendredi 25 juillet à 8h00, en simultané avec la conférence de presse mensuelle.

Les indicateurs attendus :

  • Prix médian de l'appartement ancien en France (métropole) ;
  • Prix médian de la maison ancienne (métropole et régions) ;
  • Volume de transactions cumulé sur 12 mois glissants ;
  • Évolution trimestrielle et annuelle par département et par ville ;
  • Perspectives des notaires sur les avant-contrats en cours (juillet-août).

Ce qui se dessine : la fin de la correction

Les indicateurs avancés (baromètres privés Meilleursagents, SeLoger, PAP, Century 21) publiés depuis mai convergent vers un même diagnostic : la baisse est terminée. Au 1er semestre 2026, les prix ont progressé de +0,1 % au niveau national — une quasi-stabilité qui succède à trois ans de correction (-8 à -12 % cumulés selon les zones).

Deux marqueurs structurels expliquent ce retournement :

  • La détente des taux : de 4,30-4,50 % en pic fin 2023 à 3,25-3,45 % sur 20 ans en juillet 2026, la capacité d'emprunt des ménages a retrouvé environ 15 % ;
  • La reprise du volume : les transactions repassent au-dessus de 900 000 sur 12 mois glissants au 1er semestre 2026, contre un plancher à 780 000 mi-2024.

Un marché à deux vitesses très net

Les données de juin-juillet montrent une hétérogénéité territoriale accentuée :

Villes en reprise franche (+1 à +3 % sur 6 mois)

  • Nantes : +2,4 % sur le semestre ; retour des primo-accédants ;
  • Marseille : +1,8 % ; effet tourisme et attractivité méditerranéenne ;
  • Rennes : +2,1 % ; tension étudiante et étudiants Grandes Écoles ;
  • Strasbourg : +1,5 % ; effet frontalier et attractivité tertiaire.

Villes encore en ajustement (-0,5 à -2 % sur 6 mois)

  • Bordeaux : -1,5 % ; correction post-boom prolongée ;
  • Nice : -0,8 % ; digestion des prix touristiques ;
  • Toulouse : -0,4 % ; en fin de correction mais pas encore rebond.

Paris : le baromètre le plus attendu

Après avoir touché un plancher à 9 380 €/m² en avril, Paris a commencé à réafficher des signes de stabilisation : +0,3 % en juin selon les indicateurs privés. Le baromètre notaires du 25 juillet dira si le rebond parisien est confirmé au 2e trimestre — un signal fort pour l'ensemble du marché premium français.

Les villes moyennes, grandes gagnantes de 2026

La tendance de fond confirmée par tous les baromètres depuis le début d'année : le rééquilibrage vers les villes moyennes. Les préfectures régionales à moins de 200 000 habitants — Angers, Le Mans, Reims, Poitiers, Nancy, Amiens — affichent des progressions comprises entre +2 et +5 % sur 12 mois glissants.

Trois facteurs expliquent ce basculement :

  • Tickets d'entrée accessibles (1 800-2 500 €/m² pour l'ancien) ;
  • Qualité de vie renforcée (patrimoine, culture, foncier) ;
  • Développement du télétravail hybride qui redonne de la valeur aux localisations éloignées mais bien connectées (TGV à moins de 2h de Paris).

Ce que dit le taux d'intérêt en juillet 2026

Le baromètre notaires sera lu en parallèle des taux d'intérêt effectifs constatés en juillet :

  • Taux moyen 15 ans : 3,20 % ;
  • Taux moyen 20 ans : 3,30 % ;
  • Taux moyen 25 ans : 3,43 % ;
  • Meilleurs profils : 2,95-3,10 % sur 20 ans.

La conjugaison prix stabilisés + taux détendus permet aux ménages français de retrouver une capacité d'emprunt qui, sans compenser totalement l'inflation cumulée depuis 2022, reste supérieure de 15 % à celle de fin 2023.

Volumes : le rebond confirmé ?

Le baromètre publiera le volume cumulé des transactions sur 12 mois glissants au 30 juin. Les données provisoires convergent vers 905 000 à 920 000 transactions — soit +15 % sur un an. Un rebond mesuré, sans excès, qui redonne au marché immobilier français une respiration après le point bas de 780 000 transactions atteint mi-2024.

L'implication pour les acheteurs

Trois enseignements pour les acquéreurs en 2026 :

  • La fenêtre d'opportunité se referme progressivement : les prix ne baisseront plus significativement en 2026 ; il devient rationnel d'agir plutôt que d'attendre ;
  • La négociation reste possible : les vendeurs restent prudents, les biens à défauts se vendent encore avec 5-8 % de décote par rapport au prix affiché ;
  • Le financement est optimal : la conjugaison taux détendus + concurrence bancaire est particulièrement favorable ; effectuer plusieurs simulations en parallèle.

L'implication pour les vendeurs

Trois enseignements pour ceux qui envisagent de vendre :

  • Les prix affichés doivent être réalistes : un prix surévalué de 5-10 % conduit à un allongement significatif du délai de vente (4-6 mois vs 2-3 mois pour un bien bien positionné) ;
  • Les diagnostics DPE F ou G plombent la vente : les acheteurs négocient désormais fermement la remise en état, souvent -8 à -15 % ;
  • Le calendrier estival reste favorable : la rentrée septembre-octobre concentre 30 % des transactions annuelles ; publier une offre bien positionnée dès juillet permet de capter ce flux.

Notre lecture

Le baromètre du 25 juillet devrait officialiser la fin du cycle correctif ouvert en 2023. Ce n'est pas encore un cycle de reprise franche : les hausses restent modérées, la géographie très contrastée. Mais c'est un signal de sortie de crise qui devrait rassurer aussi bien les acquéreurs que les vendeurs, et alimenter un semestre plus dynamique.

Attention néanmoins : le rebond dépend étroitement de deux facteurs exogènes — décisions BCE (nouvelle réunion demain 24 juillet, puis 11 septembre) et arbitrages du PLF 2027 (dépôt fin septembre). Un tour de vis budgétaire touchant l'immobilier (LMNP, PTZ, MaPrimeRénov') ou un durcissement monétaire inattendu casserait le mouvement.

Sources

Photo : Barry Talley — Unsplash

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