Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) a remplacé en 2018 l'ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), en le restreignant aux seuls actifs immobiliers. Environ 176 000 foyers fiscaux le paient chaque année en France, pour un rendement d'environ 2 milliards d'euros. Encore mal compris, il obéit à des règles précises qu'il vaut mieux connaître avant de constituer ou céder un patrimoine immobilier significatif. Ce guide fait le point sur les règles applicables en 2026.
Créé par la loi de finances 2018, l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) est un impôt annuel dû par les personnes physiques dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier de l'année d'imposition.
Il est régi par les articles 964 à 983 du Code général des impôts. Il concerne exclusivement les biens et droits immobiliers — contrairement à son prédécesseur l'ISF qui portait sur l'ensemble du patrimoine (actions, obligations, épargne, biens meubles, etc.).
Le seuil de déclenchement est de 1,3 million d'euros de patrimoine immobilier net taxable au 1er janvier 2026. Une fois ce seuil franchi, l'imposition démarre en réalité à partir de 800 000 € selon un barème progressif à 6 tranches :
Un mécanisme de décote s'applique pour lisser l'entrée dans le barème pour les patrimoines entre 1,3 et 1,4 million : décote = 17 500 € - 1,25 % × patrimoine.
Pour un patrimoine immobilier net taxable de 1 800 000 € :
Pour un patrimoine de 3 500 000 € :
Sont soumis à l'IFI l'ensemble des biens et droits immobiliers détenus au 1er janvier :
Plusieurs catégories sont exonérées, totalement ou partiellement :
Point important souvent mal compris : depuis 2018, en cas de démembrement de propriété, c'est l'usufruitier qui est imposable à l'IFI sur la valeur totale du bien en pleine propriété — contrairement à la répartition traditionnelle où usufruit et nue-propriété étaient imposés séparément.
Deux exceptions préservent l'ancien régime (imposition séparée selon barème CGI) :
Cette règle rend le démembrement peu efficace en optimisation IFI — sauf si l'usufruit est constitué par succession du conjoint survivant.
L'IFI se calcule sur le patrimoine net, après déduction des dettes affectées à un bien immobilier taxable. Sont déductibles :
Point de vigilance : depuis 2018, les emprunts in fine sont amortis selon un schéma d'amortissement linéaire théorique — l'intégralité du capital ne peut pas être déduite jusqu'à l'échéance.
Comme pour l'ISF, l'IFI est soumis à un mécanisme de plafonnement : le total IFI + IR + prélèvements sociaux ne peut dépasser 75 % des revenus nets de l'année précédente. En cas de dépassement, l'IFI est réduit à due concurrence.
Ce plafonnement protège les contribuables au patrimoine élevé mais aux revenus modestes (retraités, expatriés récents…). Il concerne principalement les patrimoines supérieurs à 5-10 millions d'euros.
Deux réductions principales :
La déclaration IFI se fait à l'occasion de la déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042-IFI joint à la 2042 principale) :
Pour les patrimoines supérieurs à 2,57 millions d'euros, une déclaration détaillée (annexes 2725-K) est obligatoire avec précision des biens et de leur évaluation.
Plusieurs leviers permettent de réduire légalement son IFI :
Ne pas surévaluer sa RP dans la déclaration — utiliser l'abattement de 30 % pleinement, se référer aux transactions comparables du quartier, éventuellement faire chiffrer par un notaire.
Concentrer les emprunts sur les biens taxables (résidences secondaires, locatif) plutôt que sur des biens exonérés (SIIC, RP). Un emprunt bien positionné réduit la base taxable.
Les foncières cotées sont exonérées d'IFI — un moyen d'accéder à l'immobilier sans alimenter la base taxable. Exemples : Klépierre, Icade, Unibail-Rodamco-Westfield, Gecina.
Sauf exceptions liées à la succession, l'usufruit alourdit l'IFI. Envisager plutôt une donation en nue-propriété ou un partage démembré strictement encadré.
Exonération de 75 % sous conditions de gestion durable. Un moyen de sortir 75 % de la valeur du patrimoine forestier de la base IFI.
Réduction de 75 % du don aux fondations d'utilité publique, dans la limite de 50 000 € de réduction annuelle — un levier significatif pour les gros patrimoines.
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