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Meublés de tourisme : enregistrement obligatoire au 20 mai 2026, ce qu'il faut faire

Meublés de tourisme : enregistrement obligatoire au 20 mai 2026, ce qu'il faut faire
par Fabian Lainé le

À compter du 20 mai 2026, tous les propriétaires de meublés de tourisme — résidence principale comme secondaire, dans toutes les communes de France — devront avoir déclaré leur logement via le téléservice national Declaloc pour obtenir un numéro d'enregistrement unique. Sans ce numéro, les annonces sur Airbnb, Booking, Abritel et autres plateformes seront automatiquement supprimées. Amendes jusqu'à 20 000 € à la clé. Voici ce qu'il faut savoir.

Ce qui change le 20 mai 2026

Issue de la loi du 19 novembre 2024 dite « loi Le Meur », l'obligation d'enregistrement des meublés de tourisme entre en vigueur sur l'ensemble du territoire à compter du 20 mai 2026. Jusqu'ici, seuls certains arrondissements parisiens et un peu plus de 4 000 communes en zone tendue étaient concernés par cette obligation. Désormais, toutes les communes françaises sont logées à la même enseigne.

Concrètement, à partir de cette date, plus aucune annonce de meublé touristique ne pourra figurer sur une plateforme de location en ligne sans afficher son numéro d'enregistrement à 13 chiffres. Les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel, Gîtes de France, etc.) ont l'obligation légale de retirer automatiquement toute annonce non conforme.

Qui doit s'enregistrer ?

L'obligation concerne tous les loueurs de meublés de tourisme, qu'il s'agisse de :

  • une résidence secondaire mise en location courte durée ;
  • une résidence principale louée occasionnellement (limite ramenée à 90 nuitées par an, contre 120 auparavant) ;
  • un investissement locatif dédié Airbnb / Booking / Abritel ;
  • une chambre d'hôtes non classée ;
  • un gîte rural hors hôtellerie classique.

Seules les locations meublées longue durée (bail mobilité, bail meublé classique) restent hors champ. Les hôtels et résidences hôtelières disposent déjà d'un régime spécifique.

Comment s'enregistrer concrètement

La déclaration se fait gratuitement via le téléservice national Declaloc, accessible en ligne. Le propriétaire renseigne l'adresse du bien, sa nature (résidence principale ou secondaire), sa capacité d'accueil et ses coordonnées. Une fois la démarche validée, un numéro d'enregistrement à 13 chiffres est attribué — les deux premiers correspondent au numéro de département.

Ce numéro doit ensuite être :

  • affiché obligatoirement sur toutes les annonces (Airbnb, Booking, Abritel, site personnel, etc.) ;
  • transmis aux plateformes via leur interface dédiée — la plupart ont déjà mis en place les champs requis ;
  • mentionné dans les déclarations fiscales liées aux revenus de location.

Pour les propriétaires déjà enregistrés dans une commune qui avait anticipé l'obligation, le numéro existant reste valable et sera basculé vers le registre national.

Des sanctions financières renforcées

La loi Le Meur durcit considérablement les sanctions :

  • Jusqu'à 10 000 € d'amende par logement en cas de défaut d'enregistrement ;
  • Jusqu'à 20 000 € en cas de fausse déclaration ou d'utilisation d'un faux numéro ;
  • Suspension du numéro par le maire en cas de logement déclaré insalubre, indécent ou non conforme aux règles d'urbanisme.

Côté plateformes, l'enjeu est tout aussi sérieux : elles peuvent se voir infliger des amendes en cas de maintien d'annonces non conformes. La discipline collective est donc à attendre.

D'autres mesures de la loi Le Meur à connaître

Au-delà du seul enregistrement, la loi Le Meur introduit plusieurs autres dispositions désormais en vigueur :

  • Les maires peuvent fixer des quotas communaux de meublés de tourisme et instaurer des zones de protection.
  • La durée maximale annuelle de location d'une résidence principale passe de 120 à 90 nuitées par an.
  • L'abattement fiscal applicable aux meublés de tourisme non classés est ramené de 50 % à 30 %, dans la limite de 15 000 € de chiffre d'affaires annuel (contre 77 700 € auparavant). Applicable dès la déclaration 2026 sur les revenus 2025.
  • Les copropriétés peuvent inscrire à leur règlement l'interdiction de location courte durée à la majorité des deux tiers (contre l'unanimité jusqu'ici).

Cumulés, ces dispositifs traduisent un objectif politique clair : rééquilibrer le marché locatif dans les zones tendues en limitant l'attractivité financière relative de la location touristique par rapport au bail classique.

Ce qu'il faut faire d'ici le 20 mai

Si vous louez ou prévoyez de louer un meublé de tourisme, l'action est simple : connectez-vous à Declaloc dès maintenant, déclarez votre bien, récupérez votre numéro à 13 chiffres et reportez-le sur toutes vos annonces. La démarche prend une dizaine de minutes et reste gratuite. Au-delà du 20 mai, le risque n'est pas seulement financier : c'est la disparition automatique de votre annonce des plateformes, donc la perte sèche de votre activité locative tant que la régularisation n'est pas faite.

Sources

Photo de couverture : Danilo Rios / Unsplash (licence libre).

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