Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Chaque été, la mise en vente des résidences secondaires connaît son pic : la saison touristique met en valeur les maisons de bord de mer, les appartements de montagne et les pied-à-terre de campagne, et beaucoup de propriétaires décident de céder un bien qu'ils utilisent finalement peu. Mais contrairement à la résidence principale, la vente d'une résidence secondaire est imposable sur la plus-value réalisée. Entre le taux global de 36,2 %, le barème d'abattement pour durée de détention et l'éventuelle surtaxe, la note peut être salée si l'on vend au mauvais moment. Voici, chiffres à l'appui et sources officielles à la clé, le mode d'emploi complet du régime 2026.
La plus-value immobilière des particuliers est régie par les articles 150 U et suivants du Code général des impôts (CGI). Elle correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition, tous deux corrigés d'un certain nombre de frais et forfaits. Sur cette plus-value nette, deux prélèvements s'appliquent, rappelle service-public.fr :
Soit un taux global de 36,2 % sur la plus-value imposable. Ce sont deux assiettes distinctes, avec deux barèmes d'abattement différents : c'est toute la subtilité du dispositif, car un bien peut être totalement exonéré d'IR mais rester soumis aux prélèvements sociaux.
Le calcul ne se limite pas à « prix de vente moins prix d'achat ». Le prix d'acquisition est majoré de plusieurs éléments qui réduisent d'autant la plus-value taxable :
Côté prix de vente, on peut au contraire déduire les frais supportés par le vendeur (diagnostics obligatoires, mainlevée d'hypothèque, commission d'agence si elle est à sa charge). Le résultat obtenu est la plus-value brute, à laquelle s'appliquent ensuite les abattements.
C'est le cœur du mécanisme, et la raison pour laquelle « le temps travaille pour le vendeur ». Plus on conserve son bien longtemps, plus la plus-value imposable diminue, jusqu'à l'exonération totale. Mais les rythmes diffèrent selon l'assiette, comme le détaille le BOFiP (article 150 VC du CGI).
Au total, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu au bout de 22 ans de détention.
L'exonération des prélèvements sociaux n'est donc acquise qu'au terme de 30 ans. Entre 22 et 30 ans de détention, un vendeur ne paie plus d'IR mais reste redevable des 17,2 % sur une assiette qui fond rapidement.
Au-delà de l'imposition « ordinaire », l'article 1609 nonies G du CGI prévoit une surtaxe lorsque la plus-value nette imposable (après abattement pour durée de détention) dépasse 50 000 €. Elle ne concerne que les cessions les plus profitables, mais peut peser lourd sur une belle villa côtière.
Cette taxe additionnelle est progressive, de 2 % à 6 %, selon le montant de la plus-value imposable, et reste bien en vigueur en 2026, confirme la Chambre des notaires de Paris. Le seuil de 50 000 € s'apprécie après abattement : plus la détention est longue, moins le risque d'y être soumis est élevé. À noter : en cas de vente en indivision, le seuil s'apprécie par quote-part de chaque co-indivisaire, ce qui peut faire passer sous la barre.
Plusieurs situations permettent d'échapper, totalement ou partiellement, à l'impôt, comme le rappelle impots.gouv.fr dans sa rubrique « plus-values exonérées ».
La cession de la résidence principale au jour de la vente est totalement exonérée (article 150 U-II-1° du CGI). C'est là toute la différence avec une résidence secondaire. Attention aux montages hâtifs : transformer une résidence secondaire en résidence principale juste avant la vente est scruté de près par l'administration, qui exige une occupation effective et habituelle. C'est aussi cette exonération de la résidence principale que les débats budgétaires de 2026 n'ont pas remise en cause.
C'est le dispositif le plus intéressant pour un propriétaire qui n'est pas propriétaire de son logement principal. La plus-value réalisée lors de la première cession d'un logement autre que la résidence principale est exonérée (article 150 U-II-1° bis) à une double condition :
Si le remploi n'est que partiel, l'exonération est proportionnée à la fraction du prix effectivement réinvestie, précise le BOFiP. Typiquement : un locataire qui possède un appartement au bord de mer peut le vendre en franchise d'impôt s'il réinjecte le produit dans l'achat de sa future résidence principale.
Prenons le cas concret d'une maison de vacances achetée 200 000 € en 2008 et revendue 320 000 € à l'été 2026, soit 18 ans de détention.
Côté impôt sur le revenu : pour 18 ans de détention, l'abattement porte sur les années 6 à 18, soit 13 ans × 6 % = 78 %. La plus-value imposable à l'IR n'est donc que de 75 000 × 22 % = 16 500 €, taxée à 19 % → 3 135 € d'IR.
Côté prélèvements sociaux : l'abattement n'est que de 13 ans × 1,65 % = 21,45 %. La base reste de 75 000 × 78,55 % = 58 912 €, taxée à 17,2 % → 10 133 € de prélèvements sociaux.
Total à régler : environ 13 268 €, soit un taux effectif de 17,7 % de la plus-value brute — bien loin des 36,2 % théoriques, grâce à l'ancienneté du bien. Aucune surtaxe n'est due ici, la plus-value imposable à l'IR (16 500 €) restant sous le seuil de 50 000 €. L'impôt est calculé et prélevé par le notaire le jour de la vente, puis reporté sur la déclaration de revenus.
Le projet de loi de finances pour 2026 a nourri une intense discussion. Le Sénat a adopté, contre l'avis du Gouvernement, des amendements visant à supprimer le système d'abattements pour durée de détention au profit d'une revalorisation du prix d'acquisition selon un coefficient d'érosion monétaire publié par l'Insee. Mais, comme le relate Fiscalonline, l'Assemblée nationale avait de son côté rejeté un dispositif similaire, et le texte budgétaire lui-même a connu un parcours mouvementé.
À ce stade, pour les ventes réalisées en 2026, c'est bien le régime décrit ci-dessus qui s'applique : abattement progressif, exonération d'IR à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans. Une éventuelle réforme ne concernerait, si elle survit à la navette parlementaire, que des cessions ultérieures. Prudence donc face aux titres alarmistes : avant de précipiter ou de retarder une vente, mieux vaut faire chiffrer sa situation par un notaire.
Vendre au bon moment fiscal peut représenter plusieurs milliers d'euros. Quelques réflexes utiles :
Côté marché, la demande estivale reste soutenue sur les zones touristiques. Que vous cédiez une maison sur la Côte d'Azur, un appartement à La Rochelle ou un bien plus au sud dans les annonces du Var, comparer les prix affichés avant de fixer le vôtre reste la meilleure façon de vendre vite et bien. Et si votre projet est de vous replier vers une résidence principale exonérée, explorez sans tarder les maisons à vendre à Arcachon pour préparer votre remploi.
En résumé : la fiscalité de la résidence secondaire n'a rien d'insurmontable, à condition de la calculer avant de signer. Reconstituez votre prix d'acquisition majoré, appliquez le bon barème d'abattement, vérifiez votre éligibilité à une exonération, et faites valider le tout par votre notaire. C'est le meilleur moyen de transformer une belle vente d'été en opération nette d'impôt maîtrisée.
Photo : Unsplash
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