Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un logement vacant, dégradé, ou une grange qu'il faudrait transformer en habitation, mais sans les moyens ou l'envie de financer soi-même les travaux ? Le bail à réhabilitation permet à un propriétaire de confier son bien à un organisme agréé, qui prend en charge la réhabilitation à ses frais en échange du droit de le louer pendant plusieurs années. À l'issue du bail, le propriétaire récupère un logement remis en état, sans avoir déboursé le coût des travaux.
Le dispositif est issu de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990, dite loi Besson, visant la mise en œuvre du droit au logement, et codifié aux articles L. 252-1 à L. 252-6 du code de la construction et de l'habitation (CCH). Voici ce qu'il faut savoir avant d'y recourir, que l'on soit propriétaire d'un bien à réhabiliter ou responsable d'un organisme susceptible de devenir preneur.
Contrairement à un bail classique, le preneur ne peut pas être n'importe qui. L'article L. 252-1 du CCH réserve la qualité de preneur à un nombre limité d'acteurs : un organisme HLM, une société d'économie mixte ayant pour objet de construire ou de donner à bail des logements, une collectivité territoriale, un organisme de foncier solidaire, ou une association agréée au titre de la maîtrise d'ouvrage prévue par l'article L. 365-2 du même code. Le propriétaire-bailleur, lui, peut être une personne physique, une SCI, ou toute personne morale de droit privé ou public.
Le bail à réhabilitation doit être conclu pour une durée d'au moins 12 ans, sans plafond légal précis au-delà, la pratique notariale retenant généralement une fourchette allant jusqu'à 99 ans par analogie avec les autres baux de longue durée du même titre du CCH (bail à construction, bail réel solidaire). Le contrat ne peut pas se renouveler par tacite reconduction : à son terme, les parties doivent expressément décider de le proroger, faute de quoi le bien revient purement et simplement au propriétaire.
Le contrat doit impérativement préciser la nature des travaux, leurs caractéristiques techniques et le délai d'exécution imposé au preneur. Ce dernier s'engage à réaliser les travaux d'amélioration dans le délai fixé, puis à maintenir l'immeuble en bon état d'entretien et de réparation pendant toute la durée du bail, en vue de le louer à usage d'habitation. Les logements ainsi réhabilités doivent être conventionnés pour l'aide personnalisée au logement (APL), avec des loyers sociaux ou intermédiaires pratiqués pendant toute la durée de la convention — le dispositif ne peut donc pas servir à réhabiliter un bien pour le louer ensuite au prix du marché libre.
Point souvent méconnu : le bail à réhabilitation ne prévoit en principe aucun loyer versé par le preneur au propriétaire pendant la durée du contrat. La prise en charge intégrale des travaux d'amélioration, puis leur entretien pendant plusieurs années, constitue la contrepartie économique de la mise à disposition du bien. Le propriétaire ne perçoit donc pas de revenu locatif direct sur la période, mais n'a rien à financer ni à gérer : c'est le preneur — organisme HLM, collectivité ou association — qui assume la maîtrise d'ouvrage, sous-loue le bien à des ménages éligibles au logement social, et en assure la gestion locative.
À l'échéance du bail, le preneur doit restituer l'immeuble libre de tout occupant. Les améliorations réalisées bénéficient au bailleur sans indemnisation : le propriétaire récupère donc un bien réhabilité, valorisé par des travaux qu'il n'a pas financés, sans avoir à verser la moindre compensation au preneur pour les sommes investies. Ce mécanisme d'accession aux fruits des travaux rapproche le bail à réhabilitation du bail emphytéotique ou du bail réel solidaire, deux autres baux de longue durée organisés par le même titre du code de la construction et de l'habitation, mais dont l'objet et les preneurs autorisés diffèrent.
Le dispositif ne se limite pas aux maisons individuelles ou aux immeubles isolés : il peut porter sur un immeuble soumis au statut de la copropriété issu de la loi du 10 juillet 1965, qu'il s'agisse d'un lot unique ou de plusieurs lots appartenant à un même propriétaire. Pour un propriétaire qui hésiterait entre réhabiliter lui-même un bien dégradé et le confier à un tiers, le prêt avance rénovation constitue une alternative à envisager : financer soi-même les travaux tout en conservant la pleine disposition du logement pendant la durée des travaux, moyennant un remboursement différé à la mutation du bien.
Photo : Angelica Hasbon — Unsplash — façade d'un immeuble ancien en réhabilitation
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