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IRL T2 2026 publié à 148,42 points : hausse de +1,9% sur un an, ce que cela change pour les loyers

IRL T2 2026 publié à 148,42 points : hausse de +1,9% sur un an, ce que cela change pour les loyers
par Fabian Lainé le

L'INSEE a publié ce vendredi 10 juillet à 8h45 l'indice de référence des loyers du deuxième trimestre 2026 : 148,42 points, en progression de +1,9 % sur un an. Un rebond significatif par rapport au T1 (+0,78 %), qui va bien au-delà des prévisions sectorielles. Pour les baux dont la clause de révision se rattache au T2, l'impact est immédiat.

Un chiffre supérieur aux attentes

La publication de ce matin a surpris par son ampleur : à 148,42 points, l'indice progresse de +1,9 % sur un an, contre des attentes plutôt situées entre +0,7 % et +0,9 %. C'est presque le triple de la valeur du T1 2026 (+0,78 %) et le retour à un rythme comparable à celui de la fin 2024.

Ce rebond s'explique par la légère réaccélération de l'inflation hors tabac et hors loyers observée fin 2025 - début 2026 (+1,7 % à +1,9 % selon les mois), qui alimente mécaniquement l'IRL avec un décalage de deux trimestres. Le T3 et le T4 2026 pourraient toutefois marquer une décélération si l'inflation se stabilise.

L'impact immédiat pour les loyers

Pour un locataire dont le bail comporte une clause de révision indexée sur le 2e trimestre, la revalorisation maximale autorisée sur les 12 prochains mois est de +1,9 %. Concrètement :

  • Loyer de 600 € → +11,40 €/mois, soit 611,40 € ;
  • Loyer de 850 € → +16,15 €/mois, soit 866,15 € ;
  • Loyer de 1 200 € → +22,80 €/mois, soit 1 222,80 € ;
  • Loyer de 1 800 € → +34,20 €/mois, soit 1 834,20 €.

Sur douze mois cumulés, les hausses représentent respectivement 137 €, 194 €, 274 € et 411 €. Rien d'écrasant pour un locataire, mais des sommes qui pèsent dans le budget mensuel, surtout après plusieurs années de progression continue.

Les cas où la révision reste bloquée

Trois situations excluent totalement la revalorisation, quel que soit le chiffre de l'IRL :

  • Logement classé F ou G au DPE : le loyer est gelé depuis le 24 août 2022 (loi Climat et Résilience), jusqu'à la réalisation de travaux de rénovation énergétique ramenant le bien en classe E ou mieux ;
  • Bail sans clause de révision explicite : la revalorisation n'est pas de droit — elle doit être expressément prévue dans le contrat ;
  • Logement en zone d'encadrement dépassant déjà le plafond : dans les 69 communes concernées, la revalorisation via l'IRL ne peut jamais amener le loyer au-dessus du loyer de référence majoré préfectoral.

Ce que doivent faire les bailleurs

Pour un bailleur souhaitant appliquer la revalorisation :

  1. Vérifier la clause de révision inscrite au bail ;
  2. Calculer le nouveau loyer selon la formule : (loyer actuel × 148,42) ÷ IRL T2 2025, l'IRL T2 2025 étant de 145,64 (source INSEE) ;
  3. Notifier le locataire par courrier simple ou remise en main propre, mentionnant les deux indices retenus, l'ancien loyer et le nouveau montant ;
  4. Appliquer la revalorisation à la date anniversaire du bail ou à la date convenue.

Rappel important : la revalorisation ne peut pas être rétroactive. Un bailleur qui oublie la notification perd le bénéfice de la hausse pour l'année en cours — seule la révision de l'année suivante s'appliquera.

Ce que doivent faire les locataires

Deux vérifications systématiques :

  • Contrôler le calcul : la notification doit obligatoirement mentionner les deux indices utilisés (T2 2025 → T2 2026). Sans cette précision, elle est contestable ;
  • Vérifier le plafond en zone d'encadrement : à Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et 63 autres communes, le loyer revalorisé ne doit jamais dépasser le plafond fixé par arrêté préfectoral.

Sources

Photo : Kelly Sikkema — Unsplash

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