Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un terrain à bâtir laissé en herbe coûte peu à son propriétaire : la taxe foncière sur les propriétés non bâties se calcule sur une valeur locative cadastrale souvent dérisoire, héritée d'un usage agricole. Le législateur a prévu un correctif, et il est entre les mains des conseils municipaux : l'article 1396 du code général des impôts autorise la commune à majorer forfaitairement cette valeur locative, jusqu'à 3 € par mètre carré. Comme toutes les délibérations de fiscalité directe locale, la décision doit être prise avant le 1er octobre pour produire effet l'année suivante. Les communes qui veulent l'instaurer, la modifier ou la supprimer pour 2027 jouent donc leur dernière semaine.
La majoration ne modifie ni le taux d'imposition ni la méthode d'évaluation : elle s'ajoute à la valeur locative cadastrale du terrain, sous la forme d'un montant fixe rapporté à la surface. Le conseil municipal fixe ce montant dans une fourchette allant de 0 à 3 € par mètre carré, et il doit être uniforme sur l'ensemble de la commune — il n'est pas possible de cibler un quartier ou une rue.
Un plafond de sécurité complète le dispositif : la majoration ne peut excéder 3 % d'une valeur forfaitaire moyenne au mètre carré représentative de la valeur du terrain selon sa situation géographique, déterminée par référence au zonage. Sur les secteurs les moins chers, ce plafond mord avant la limite de 3 €.
Autre limite, souvent ignorée : la majoration ne porte que sur la part communale de la taxe foncière sur les propriétés non bâties. Elle ne s'applique ni aux parts intercommunales, ni aux taxes additionnelles perçues au profit des chambres d'agriculture.
La superficie retenue pour le calcul n'est pas la superficie totale du terrain : elle est réduite de 200 m². Sur une parcelle de 600 m², la majoration porte donc sur 400 m² ; sur un terrain de 250 m², elle ne porte que sur 50 m².
Cette réduction n'est cependant pas garantie. La commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent peuvent, par une délibération distincte, la supprimer. C'est un second curseur, et il est au moins aussi déterminant que le premier : pour les petites parcelles, la suppression de l'abattement multiplie l'assiette taxée.
Le dispositif vise les terrains constructibles au sens des documents d'urbanisme : terrains déjà classés dans la catégorie fiscale des terrains à bâtir, et terrains situés en zone urbaine ou à urbaniser, dès lors que les voies publiques et les réseaux existants ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter.
Deux conditions de forme s'ajoutent. D'abord, les documents d'urbanisme doivent être approuvés au moment où le conseil municipal délibère. Ensuite, la commune doit communiquer à l'administration fiscale la liste des terrains concernés avant le 1er octobre de l'année qui précède l'année d'imposition — en identifiant les parcelles ou subdivisions fiscales, et en précisant la superficie lorsque seule une partie du terrain est constructible. Cette liste doit être tenue à jour à chaque révision ou modification du document d'urbanisme, et à chaque évolution de la desserte par les réseaux. Une commune qui laisse sa liste se périmer taxe des terrains qui ne devraient plus l'être — ou l'inverse.
L'objectif est explicite : décourager la rétention foncière. Un propriétaire qui conserve un terrain constructible sans le bâtir ni le vendre attend, le plus souvent, une plus-value ; tant que la fiscalité de détention reste symbolique, l'attente ne coûte rien. La majoration renchérit le portage, dans un contexte où la raréfaction du foncier constructible est devenue le principal frein à la production de logements — c'est tout l'enjeu de la trajectoire zéro artificialisation nette et de ses effets sur la division parcellaire.
Le dispositif reste toutefois peu employé : instaurer une taxe supplémentaire sur des administrés propriétaires n'est pas la décision la plus confortable pour un conseil municipal, et son rendement est modeste rapporté aux masses de la fiscalité locale. Sa mise en œuvre relève donc largement d'un choix politique local.
Pour un propriétaire qui envisageait de faire construire « un jour », l'arbitrage se resserre donc : entre le coût de portage majoré et le cadre protecteur du contrat de construction de maison individuelle, l'immobilisme devient l'option la plus chère.
Photo : panneau planté sur une parcelle en herbe — Matt Seymour sur Unsplash.
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