Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Depuis le 1er janvier 2025, toutes les copropriétés de plus de 15 lots doivent disposer d'un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT). Dix-huit mois après l'entrée en vigueur, l'obligation reste largement méconnue — et les assemblées générales de rentrée seront le grand rendez-vous pour la faire voter. Enjeux, majorité, cotisation et sanctions.
Le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) est une obligation issue de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 et de son décret d'application. Il s'agit d'un document décennal qui recense l'ensemble des travaux à réaliser sur les parties communes de la copropriété sur les 10 années à venir, avec double objectif :
Le calendrier de mise en place est progressif selon la taille de la copropriété :
Sont concernés tous les immeubles à destination totale ou partielle d'habitation, âgés de plus de 15 ans. Une majorité des copropriétés françaises entre donc désormais dans le champ.
Les remontées de terrain — syndics, associations de copropriétaires, ANIL, ADIL — convergent :
Deux freins principaux : le coût d'établissement (2 000 à 6 000 € HT selon la taille) et la difficulté à mobiliser les copropriétaires sur un chantier long-terme sans obligation immédiate de travaux.
La mise en place du PPT suit une procédure en deux étapes :
Lors d'une première AG, les copropriétaires votent l'autorisation donnée au syndic de faire élaborer le projet de PPT par un professionnel qualifié (architecte, thermicien, bureau d'études). Cette autorisation se vote à la majorité simple — la majorité des voix exprimées des présents, représentés et votants par correspondance.
Une fois le PPPT (projet) élaboré et transmis aux copropriétaires, une seconde AG (ou une résolution ultérieure de la même AG) vote l'adoption du PPT définitif. Cette adoption se vote à la majorité absolue — la majorité des voix de tous les copropriétaires (présents ou absents). En cas d'échec avec au moins 1/3 des voix, un second vote à la majorité simple peut être organisé (article 25-1).
Le document décennal doit contenir :
Le PPT est établi par un professionnel qualifié — pas par le syndic seul. Il fait référence au DPE collectif de l'immeuble et à l'audit énergétique éventuel.
L'adoption d'un PPT entraîne mécaniquement une hausse du niveau minimum de cotisation au fonds travaux obligatoire. Rappel des seuils :
Exemple : un PPT prévoyant 300 000 € de travaux sur 10 ans oblige à un fonds travaux minimum de 7 500 € par an, soit 62 500 € cumulés sur 10 ans (75 000 € en cotisation totale).
Cette hausse peut alourdir les charges à court terme mais évite les appels de fonds exceptionnels traumatiques (à 15 000-30 000 € par lot en cas de gros œuvre urgent).
Depuis le 1er janvier 2025, le PPT ou son projet doit obligatoirement être remis à l'acquéreur lors de la vente d'un lot. Son absence expose le vendeur à :
C'est un enjeu concret pour les vendeurs de lots en 2026 : négocier une vente sans PPT devient plus difficile.
Aucune sanction directe pour l'instant sur l'absence de PPT — mais deux conséquences pratiques :
La contrainte réelle vient donc plutôt du marché (ventes de lots) que de l'administration.
Les assemblées générales tenues à l'automne 2026 (septembre-octobre-novembre) devraient concentrer la vague de votes de PPT dans les copropriétés de 15-50 lots. Pour les copropriétaires :
Photo : Daniel McCullough — Unsplash
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