Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
La note est tombée le 1er septembre 2026, le jour même où MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie se refermaient sur une partie des travaux. Le GIE Réseau des CERC, qui agrège les observatoires régionaux de la construction, chiffre le recul de l'activité d'entretien-rénovation du bâtiment à − 3,3 % en volume au 2e trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025. Et le segment qui décroche le plus est précisément celui que la politique publique prétend soutenir : la rénovation énergétique, à − 4,3 %.
Le recul s'aggrave. Le premier trimestre 2026 avait déjà enregistré − 2,6 % en volume — il s'agissait alors du sixième trimestre consécutif de baisse, avec − 2,8 % sur le logement et − 1,8 % sur le non résidentiel. Le deuxième trimestre prolonge la série et l'accentue.
C'est l'autre enseignement de la note. La part des chefs d'entreprise jugeant leur situation économique bonne ou très bonne en entretien-rénovation tombe à 67 % au 2e trimestre, soit 12 points de moins que la moyenne historique du même trimestre. Le solde d'opinion s'établit à + 34, en retrait de 25 points.
Dans le détail, 6 % des entreprises jugent leur situation très bonne, 61 % bonne, 29 % mauvaise et 4 % très mauvaise. Un tiers du secteur est donc déjà en difficulté déclarée.
À la fin du 2e trimestre, les carnets garantissent 13,9 semaines de travail en moyenne, soit 0,7 semaine de moins qu'au 2e trimestre 2025, mais 0,6 semaine de plus que le trimestre précédent. Les écarts entre métiers sont considérables :
Géographiquement, la Bourgogne-Franche-Comté affiche le carnet le plus fourni avec 17,9 semaines, le Grand Est le plus court des régions comparables à 13,9 semaines.
Les anticipations pour le trimestre en cours sont franchement négatives :
Aucune région n'échappe au signe négatif. Les prévisions les plus dégradées viennent du sud et de l'ouest : − 21 en Bretagne, − 20 en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le Grand Est s'en sort le mieux, à − 3, ce qui signifie tout de même que les entreprises anticipant une hausse y restent minoritaires.
Cette note arrive au pire moment du calendrier réglementaire. Depuis le 1er septembre 2026 :
Or les gestes retirés — fenêtres, combles, VMC — sont exactement ceux qui alimentaient les carnets de commandes des artisans en menuiserie, isolation et ventilation. Le chiffre de − 4,3 % sur la rénovation énergétique porte sur le 2e trimestre, c'est-à-dire avant ce tour de vis. Le 3e trimestre, lui, cumulera l'attentisme des ménages et la sortie effective de ces travaux du guichet.
Le recul de la rénovation ne dit pas à lui seul l'état du bâtiment. Le neuf publie ses chiffres le même mois : l'observatoire de la FPI sur le 2e trimestre paraît le 8 septembre. Si le neuf rebondit pendant que la rénovation recule, la lecture change : il ne s'agirait plus d'une crise du bâtiment mais d'un déplacement de la demande. Si les deux reculent ensemble, le débat budgétaire de l'automne sur le financement de la rénovation prendra une tout autre tournure.
En attendant, l'état énergétique d'un logement continue de peser sur sa valeur. Comparez ce que valent aujourd'hui les maisons à vendre selon leur étiquette : l'écart de prix entre une classe C et une classe F finance souvent, à lui seul, les travaux qui séparent les deux.
Photo : intérieur en cours de rénovation, murs mis à nu — Olek Buzunov sur Unsplash.
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