Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Le délai de rétractation de dix jours est écoulé, le compromis est signé, et l'un des deux signataires veut finalement renoncer : l'acheteur ne trouve plus son projet raisonnable, le vendeur reçoit une meilleure offre. Que risque-t-il ? Dans la plupart des compromis, la réponse tient dans une clause : la clause pénale, fréquemment fixée à 10 % du prix. Ce guide explique ce qu'elle prévoit, quand elle s'applique et ce que le juge peut en faire.
Selon l'article 1583 du Code civil, la vente est parfaite entre les parties dès que l'on est convenu de la chose et du prix, même si le bien n'est pas livré ni le prix payé. L'acte authentique chez le notaire constate et complète cette vente ; il ne la crée pas. Pour l'acquéreur non professionnel, la loi ménage une seule sortie sans condition : la rétractation de dix jours prévue à l'article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation. Le vendeur n'en dispose pas.
Passé ce délai, on ne sort du compromis sans frais que par l'une de ces voies :
Celui qui refuse de signer l'acte authentique sans motif contractuel manque à son engagement. L'article 1217 du Code civil ouvre alors à l'autre partie plusieurs voies, qui peuvent se combiner avec des dommages et intérêts : poursuivre l'exécution forcée en nature (article 1221), c'est-à-dire demander au tribunal de juger la vente parfaite, ou obtenir la résolution du contrat (articles 1224 à 1226). Beaucoup de compromis organisent ce choix : la partie non défaillante peut soit exiger la vente, soit prendre acte du refus et réclamer la pénalité.
La clause pénale fixe à l'avance le montant des dommages et intérêts dus par celui qui n'exécute pas. En pratique, elle est souvent égale à 10 % du prix de vente : sur un bien à 150 000 €, 15 000 €. Il s'agit d'un usage, non d'une obligation ; lisez le pourcentage réellement écrit dans votre compromis.
L'article 1231-5 du Code civil en fixe le régime :
Le juge compare la pénalité au préjudice réellement subi par la partie qui la réclame. Un vendeur qui a retrouvé un acquéreur au même prix quelques semaines plus tard a un préjudice plus faible qu'un vendeur qui a perdu son achat à cause du retard ; la modération n'est pas automatique pour autant, et la décision dépend des faits de chaque dossier.
La qualification de la somme versée à la signature change les conséquences :
Dans une promesse unilatérale de vente, la somme versée s'appelle indemnité d'immobilisation : c'est le prix de l'exclusivité consentie par le vendeur, qui obéit à une logique différente de celle de la clause pénale d'un compromis.
Lorsque le prix est financé par un prêt, l'acte est conclu sous la condition suspensive de son obtention (Code de la consommation, articles L313-40 et suivants). Si elle ne se réalise pas, les sommes versées d'avance par l'acquéreur lui sont remboursées sans retenue ni indemnité (article L313-41). Mais l'article 1304-3 du Code civil précise qu'une condition est réputée accomplie si la partie qui y avait intérêt en a empêché l'accomplissement : un acquéreur qui ne dépose pas de demande de prêt conforme au compromis, ou qui la fait volontairement échouer, ne peut pas se prévaloir du refus.
Pour situer cette étape dans l'ensemble d'un achat, voir le calendrier d'un achat immobilier.
Ce guide est une information générale et ne remplace pas l'avis de votre notaire ou d'un avocat : la rédaction exacte de votre compromis détermine vos droits.
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