Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un bailleur peut-il donner congé à son locataire pour faire des travaux qui mettent fin à l'indécence du logement, alors qu'il connaissait cette indécence en signant le bail ? Non, répond la troisième chambre civile de la Cour de cassation dans un arrêt du 4 juin 2026 publié au Bulletin (pourvoi n° 24-16.993) : ces travaux ne constituent pas un motif légitime et sérieux de congé.
Selon l'arrêt tel que publié sur Légifrance, une bailleresse loue un studio le 25 novembre 2016. Par un jugement définitif du 7 janvier 2019, le logement est jugé indécent : sa pièce principale ne fait que 8,84 m². Le décret du 30 janvier 2002 sur le logement décent exige en principe, pour une pièce principale, une surface habitable d'au moins 9 m² et une hauteur sous plafond d'au moins 2,20 mètres, ou à défaut un volume d'au moins 20 m³.
Le 23 mai 2019, la bailleresse délivre un congé pour motif légitime et sérieux, fondé sur un projet de travaux et sur des impayés de loyers, avec effet au 24 novembre 2019. Elle assigne ensuite le locataire, le 7 août 2020, en validation du congé, expulsion, paiement d'un arriéré et dommages et intérêts. La cour d'appel de Paris, par un arrêt du 23 novembre 2023, valide le congé et ordonne l'expulsion.
La question posée à la Cour était la suivante : le bailleur peut-il faire valider un congé pour motif légitime et sérieux, et obtenir l'expulsion, lorsque les travaux visent à remédier à une indécence qu'il connaissait à la conclusion du bail ? La réponse est négative.
Pour un locataire : si votre logement a été reconnu non décent, ou si vous avez engagé la procédure décrite dans notre guide du logement non décent, un congé « pour travaux » ne peut pas servir à vous écarter au seul motif que le bailleur veut enfin mettre le logement aux normes. Le délai, la forme et les mentions d'un congé restent par ailleurs encadrés : voir notre guide sur le congé donné par le bailleur.
Pour un bailleur : l'arrêt ne dit pas qu'un propriétaire ne peut jamais donner congé après un jugement de non-décence. Il dit que, dans cette configuration, le projet de travaux de mise en conformité d'une indécence connue dès l'origine n'est pas, à lui seul, un motif légitime et sérieux. Les autres motifs, comme un impayé caractérisé, restent appréciés séparément, ce que montre le maintien de la condamnation à l'arriéré.
Cette décision porte sur un cas précis et ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'une association de locataires. Pour comprendre les suites d'un congé contesté, notre article sur l'expulsion locative détaille les étapes et les délais.
Photo d'illustration : une petite kitchenette aux armoires vert clair et un lit dans un studio ; la photo ne déclare pas de lieu. Photo : Harsh Vardhan Yadav (@_varrdhan) / Unsplash.
Vous devez posséder un compte Zimo pour utiliser cette fonctionnalité.
Pas encore de compte ? S'inscrire