Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un logement loué doit être décent : c'est une obligation du bailleur, inscrite à l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, et non une simple question de confort. Quand ce n'est pas le cas, le locataire n'est pas démuni, mais la procédure est précise, et un faux pas — cesser de payer le loyer de sa propre initiative, par exemple — peut se retourner contre lui. Ce guide détaille ce que recouvre la décence, hors critère de surface, et les étapes du recours.
Le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 définit un logement décent comme un logement qui ne présente aucun risque manifeste pour la sécurité physique ou la santé du locataire et qui est doté des éléments d'équipement habituels permettant d'y vivre normalement. Ces règles s'appliquent aux logements loués comme résidence principale. Le critère de surface (9 m² sous 2,20 m de plafond, ou 20 m³) fait l'objet d'un guide à part : voir notre guide de la sur-occupation.
Depuis le 1er janvier 2023, un logement dont la consommation d'énergie finale dépasse 450 kWh par m² et par an n'est plus considéré comme décent en métropole. Le calendrier de la loi Climat et Résilience prévoit ensuite l'exclusion de la location des logements de classe G (depuis le 1er janvier 2025), puis F (2028) et E (2034). Ce calendrier peut évoluer avec les textes en discussion : vérifiez la règle en vigueur au moment de votre démarche. Pour le diagnostic lui-même, voir notre guide du DPE.
Point d'attention : c'est le juge qui décide d'une réduction ou d'une suspension de loyer, pas le locataire. Cesser de payer de son propre chef expose à un commandement de payer et à la clause résolutoire du bail.
Lorsque la CAF ou la MSA constate que le logement n'est pas décent, l'allocation de logement peut être conservée pendant 18 mois pendant que le propriétaire effectue les travaux. Si la mise en conformité intervient dans ce délai, les sommes conservées sont versées au bailleur ; sinon, elles sont perdues. Des prolongations de six mois, renouvelables une fois, sont possibles dans certains cas, selon l'ANIL. Pour les conditions générales de l'aide, voir notre guide des APL.
Les désordres graves relèvent d'une autre procédure : le locataire peut les signaler à la mairie ou à l'agence régionale de santé, et la plateforme signal-logement.beta.gouv.fr traite des signalements dans les territoires participants. Le maire ou le préfet peuvent alors prendre un arrêté, avec des conséquences lourdes pour le propriétaire — voir notre guide de l'arrêté de mise en sécurité et de traitement de l'insalubrité.
Le bailleur a intérêt à régler la question avant toute procédure : un logement non décent ouvre droit à la conservation des aides, à une injonction de travaux et à une réduction de loyer. Pour le partage des réparations entre locataire et bailleur, voir notre guide dédié. Des aides aux travaux existent pour les propriétaires, présentées dans notre article sur Ma Prime Logement Décent.
Ce guide a une portée générale ; chaque situation dépend des pièces du dossier. En cas de litige, l'ADIL de votre département offre un conseil gratuit.
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