Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Il y a six semaines, les banques cassaient leurs barèmes pour capter les dossiers de la rentrée. Les grilles diffusées au 1er septembre 2026 disent l'inverse : selon les courtiers, la plupart des établissements ont relevé leurs taux de 0,10 à 0,20 point par rapport à août. C'est le premier mouvement de hausse généralisé depuis le printemps, et il tient à une cause très identifiable : le coût auquel l'État français emprunte.
Les trois baromètres publiés en début de mois convergent sur le niveau, avec les écarts habituels liés au profil moyen de la clientèle de chaque réseau :
Les meilleurs dossiers restent nettement mieux servis : Vousfinancer relève des taux négociés autour de 3,10 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans pour les profils les plus solides. L'écart entre le taux moyen et le meilleur taux, environ 0,40 point, reste donc la principale marge de manœuvre d'un emprunteur — davantage que le mouvement de marché lui-même.
Pierre Chapon (Pretto) et Julie Bachet (Vousfinancer) décrivent le même mécanisme : les banques ne ferment pas le robinet, elles réduisent la part de la hausse qu'elles absorbaient sur leurs marges. Les objectifs commerciaux de fin d'année restent là ; la capacité à les financer à perte, non.
Le taux des crédits immobiliers à taux fixe se construit à partir du rendement de l'emprunt d'État français à 10 ans, l'OAT. Or celui-ci a franchi le seuil de 4 % le 23 juillet 2026, une première depuis juin 2009, puis s'est installé au-dessus : environ 4,10 % le 18 août.
Trois facteurs se cumulent : la trajectoire des finances publiques françaises, un pétrole revenu autour de 90 dollars, et une tension générale sur les taux longs pendant l'été. Une banque qui refinance à 4 % ne peut pas prêter durablement à 3,20 % sans rogner sa marge : le décalage finit toujours par se répercuter sur les grilles, avec un ou deux mois de retard.
Attention toutefois à ne pas lire l'OAT comme un indicateur mécanique : la concurrence entre réseaux, le coût des dépôts et la politique commerciale de chaque banque expliquent qu'une hausse de 0,50 point sur l'OAT ne se traduise pas par 0,50 point sur les barèmes.
Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunit le 10 septembre. Après le relèvement de juin, plusieurs prévisionnistes anticipent une seconde hausse de 25 points de base. Nous avions détaillé les enjeux de cette réunion dans notre article sur la décision du 10 septembre.
Il faut cependant garder la bonne chaîne de causalité en tête : les taux directeurs de la BCE pèsent sur le coût de la ressource courte des banques et sur les crédits à taux variable, mais le crédit immobilier français, accordé quasi intégralement à taux fixe, suit d'abord l'OAT. C'est le ton du communiqué et les projections d'inflation qui compteront le plus pour les barèmes d'octobre.
Prenons un emprunt de 200 000 € sur 20 ans, hors assurance :
Calculs Zimo, à partir des barèmes moyens 20 ans publiés en août et en septembre 2026, hors assurance emprunteur et frais de dossier.
À 3,50 % sur 20 ans, on reste très loin des 4,20 % de fin 2023. Le marché du crédit ne se referme pas : la production continue, et les banques gardent des objectifs de conquête. Ce qui change, c'est le sens du mouvement. Fin juillet, nous décrivions des banques qui cassaient leurs barèmes pour la rentrée. Six semaines plus tard, la baisse continue n'est plus l'hypothèse de travail — et cela suffit à changer la stratégie d'un acheteur, qui a désormais intérêt à sécuriser vite plutôt qu'à attendre mieux.
Pour calibrer votre budget, comparez les biens réellement disponibles : les appartements à vendre et les maisons à vendre publiés sur Zimo donnent le niveau de prix effectif, celui sur lequel se calcule votre mensualité.
Photo : calculatrice posée sur des billets en euros — Jakub Żerdzicki sur Unsplash.
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