Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un logement loué appartient au bailleur, mais c'est le domicile du locataire. Cette différence commande tout : pendant la durée du bail, le propriétaire n'a pas de clé « de droit », et entrer sans l'accord de l'occupant peut coûter trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. Visite pour relouer ou vendre, travaux, contrôle : voici ce qui est permis, dans quelles conditions, et comment réagir quand cela se passe mal.
Le locataire a droit au respect de sa vie privée (article 9 du Code civil) et à la jouissance paisible du logement. Le bailleur qui entre sans autorisation, même muni de ses propres clés, s'expose à une plainte pour violation de domicile (article 226-4 du Code pénal). Depuis la loi du 27 juillet 2023, la peine encourue est de trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, contre un an et 15 000 € auparavant, selon la Direction des affaires juridiques de Bercy. Le fait d'être propriétaire n'y change rien.
Concrètement, il n'existe pas de visite « de courtoisie » ni de contrôle inopiné. Les situations où le bailleur peut légitimement demander l'accès sont limitées, et passent presque toutes par l'accord du locataire ou par une procédure.
Quand le locataire a donné congé, ou que le bailleur lui a donné congé pour vendre, le logement doit pouvoir être présenté à de futurs occupants ou acquéreurs. La loi du 6 juillet 1989 n'impose pas de créneau fixe, mais elle pose une limite : l'article 4 répute non écrite toute clause qui oblige le locataire à laisser visiter le logement les jours fériés ou plus de deux heures les jours ouvrables (lundi au samedi).
Les conséquences pratiques :
Le congé lui-même suit un formalisme strict : voir notre guide du congé donné par le bailleur.
L'article 7 e) de la loi de 1989 oblige le locataire à laisser l'accès au logement pour quatre catégories de travaux :
Cet accès est encadré :
Pour les travaux qui durent, l'article 7 renvoie à l'article 1724 du Code civil : au-delà de 21 jours, le locataire peut obtenir une diminution de loyer proportionnelle au temps et à la partie du logement dont il est privé. Les travaux de mise en conformité avec la décence sont détaillés dans notre guide du logement non décent.
Un travail qui ne figure pas dans cette liste (une rénovation de confort demandée par le seul bailleur, par exemple) ne crée aucune obligation d'ouvrir la porte : il faut l'accord du locataire.
Fuite, risque pour la sécurité : le bailleur n'acquiert pas pour autant un droit d'entrée. Il doit d'abord joindre le locataire et obtenir son accord. En cas de danger immédiat, ce sont les secours (pompiers) qui interviennent, pas le propriétaire avec ses clés. Garder une trace écrite des tentatives de contact protège le bailleur si la situation dégénère.
Le bailleur ne peut pas se faire justice lui-même : pas de changement de serrure, pas d'entrée « pour constater ». La séquence usuelle :
L'obligation de laisser faire s'apprécie au cas par cas par le juge. Pour les obligations générales du bailleur, voir notre guide sur les obligations du bailleur.
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