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Gaz : le prix repère bondit de 5,6 % au 1er septembre 2026, ce que la saison de chauffe va coûter

Gaz : le prix repère bondit de 5,6 % au 1er septembre 2026, ce que la saison de chauffe va coûter
par Fabian Lainé le

Gaz : le prix repère bondit de 5,6 % au 1er septembre 2026, ce que la saison de chauffe va coûter

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a publié le 12 août 2026 son prix repère de vente de gaz pour le mois de septembre. Il s'établit à 172,05 € TTC par mégawattheure, en hausse de 5,6 % par rapport au mois d'août. Pour un logement chauffé au gaz, l'augmentation tombe au pire moment de l'année : à quinze jours de la reprise des consommations, et avant que le premier relevé d'hiver ne soit passé.

Le calendrier importe autant que le pourcentage. Une hausse actée en septembre se répercute sur toute la saison de chauffe, celle qui concentre l'essentiel de la consommation annuelle d'un ménage. Et elle intervient un mois après la hausse de 2,5 % sur l'électricité au 1er août, liée au TURPE : les deux énergies de chauffage augmentent donc coup sur coup, ce qui limite mécaniquement l'arbitrage entre elles.

Ce qu'est — et n'est pas — le prix repère

Point à ne pas confondre : le prix repère n'est pas un tarif réglementé. Les tarifs réglementés de vente de gaz ont disparu, et la CRE publie depuis un indicateur mensuel destiné à donner aux consommateurs un point de comparaison. Deux conséquences pratiques :

  • Le prix repère ne concerne que les zones desservies par le réseau de distribution GRDF.
  • Les fournisseurs n'ont aucune obligation de l'appliquer. Un abonné à une offre à prix fixe conserve le tarif prévu à son contrat jusqu'à son échéance ; c'est l'abonné à une offre indexée sur le prix repère qui encaisse la hausse.

Selon les estimations publiées au moment de l'annonce, environ six millions de foyers — de l'ordre de 60 % des abonnés résidentiels au gaz — se trouvent dans cette seconde catégorie. C'est la population directement exposée au 1er septembre.

Locataires : la hausse arrive par les provisions, pas par la facture

Dans un immeuble équipé d'un chauffage collectif au gaz, le locataire ne reçoit aucune facture d'énergie : il paie une provision mensuelle sur charges, et la hausse ne devient visible qu'au moment de la régularisation annuelle. C'est précisément là que naissent les conflits — un rattrapage découvert avec un an de décalage, portant sur plusieurs centaines d'euros.

Deux réflexes s'imposent de part et d'autre. Pour le bailleur ou le syndic, réévaluer les provisions dès l'automne plutôt que d'accumuler un solde à régulariser : la loi le permet, et cela évite un appel de fonds brutal. Pour le locataire, vérifier que les postes refacturés figurent bien dans la liste limitative des dépenses récupérables — le combustible en fait partie, l'entretien lourd de la chaufferie non. Notre guide sur les charges récupérables détaille la frontière poste par poste, ainsi que le droit à communication des justificatifs.

Le gaz, angle mort de la valeur immobilière

La hausse du prix de l'énergie ne modifie pas l'étiquette du diagnostic de performance énergétique : le DPE se calcule à partir de consommations conventionnelles et de coefficients d'énergie primaire, pas à partir des prix de marché. Une chaudière gaz ne « perd » donc pas de lettres parce que le mégawattheure renchérit.

En revanche, l'écart de coût d'usage entre deux logements de classes différentes se creuse à chaque hausse. Sur un pavillon mal isolé chauffé au gaz, chaque point de pourcentage se multiplie par un volume de consommation élevé ; sur un logement classé C ou B, l'effet reste marginal. C'est ce différentiel — et non l'étiquette elle-même — qui finit par se voir dans les négociations de prix, et qui pèse sur les logements concernés par le calendrier d'interdiction de louer.

Changer de chauffage : la fenêtre se referme aussi

Pour un propriétaire qui envisageait de conserver sa chaudière gaz tout en engageant des travaux d'isolation, le contexte se durcit sur deux fronts simultanément : le coût de l'énergie d'un côté, les conditions d'accès aux aides de l'autre. La plateforme MaPrimeRénov' a été fermée une partie de l'été et le barème évolue à la rentrée — nous avions détaillé ce calendrier dans notre article sur la réouverture du 17 août et le tour de vis du 1er septembre.

Pour qui veut comparer les dispositifs mobilisables avant d'arbitrer entre remplacement de générateur et isolation de l'enveloppe, notre panorama des aides à la rénovation énergétique en 2026 reprend les conditions de cumul, les plafonds et les ordres de priorité des travaux.

À retenir

Le prix repère de septembre est un signal, pas une facture. Il ne s'impose à personne, il ne concerne qu'une partie du parc et il peut redescendre dès octobre — la CRE republie l'indicateur chaque mois. Mais il fixe le point de départ de la saison de chauffe 2026-2027, et pour un propriétaire comme pour un locataire, c'est maintenant, avant les premières consommations, que les décisions coûtent le moins cher : ajuster les provisions, vérifier son contrat de fourniture, purger et régler l'installation.

Sources

Photo : Henning Wiekhorst — Unsplash — flamme de gaz sur un brûleur de cuisinière

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