Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Quand une copropriété ne paie plus ses fournisseurs, n'entretient plus l'immeuble ou ne parvient plus à voter ses comptes, la loi du 10 juillet 1965 et le code de la construction et de l'habitation prévoient une échelle de procédures, de la plus légère à la plus sévère : l'alerte et le mandataire ad hoc, l'administrateur provisoire (avec, au besoin, un plan d'apurement des dettes), puis, en dernier recours, l'état de carence qui ouvre la voie à l'expropriation. Ce guide présente chaque étape, qui peut saisir le juge, et ce que cela change pour les copropriétaires, pour ceux qui achètent un lot comme pour ceux qui en vendent un.
Les juridictions citées dans certaines sources sont désignées « TGI » : depuis le 1ᵉʳ janvier 2020, le tribunal de grande instance est devenu le tribunal judiciaire.
La procédure d'alerte est appréciée à la date de clôture des comptes. Elle se déclenche lorsque les impayés de charges atteignent 25 % des sommes exigibles, ou 15 % dans les copropriétés de plus de 200 lots. Le syndic doit alors informer le conseil syndical et saisir le président du tribunal judiciaire pour qu'il désigne un mandataire ad hoc.
Si le syndic ne réagit pas, d'autres acteurs peuvent agir :
Le mandataire ad hoc est un professionnel indépendant : en principe un administrateur judiciaire inscrit sur une liste, ou à titre exceptionnel une personne justifiant d'une expérience et d'une qualification particulières (au moins trois ans d'expérience dans le conseil aux syndicats de copropriétaires et un diplôme de niveau master 2). Il ne peut pas être rémunéré par le syndic, le syndicat ou les créanciers et ne peut pas devenir syndic à la fin de sa mission. Sa mission : analyser la situation financière et l'état de l'immeuble, puis remettre un rapport dans un délai de trois mois, renouvelable une fois, avec des préconisations classées par priorité. Le syndic doit lui remettre les documents demandés sous quinze jours, et les propositions sont inscrites à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale (dans les six mois, ou trois mois en cas de mesures d'urgence).
Lorsque l'équilibre financier du syndicat est gravement compromis ou que la copropriété ne peut plus assurer la conservation de l'immeuble, le juge peut nommer un administrateur provisoire. Peuvent le saisir le syndic, des copropriétaires représentant au moins 15 % des voix ou le procureur de la République. Le syndic en place ne peut pas être désigné.
Les effets sont lourds :
La durée est fixée par le juge, d'au moins douze mois selon l'INC, et peut être prolongée ou écourtée à tout moment. La rémunération est calculée selon un barème fixé par l'arrêté du 8 octobre 2015 (droit fixe d'ouverture de dossier, droits fixes et droits proportionnels dégressifs). Les règles du code de commerce sur les entreprises en difficulté ne s'appliquent pas aux copropriétés.
L'administrateur provisoire peut mettre en place une procédure d'apurement du passif (articles 29-3 à 29-7) :
Une administration provisoire renforcée (articles 29-11 à 29-13) peut être demandée par le maire, le président de l'intercommunalité compétente en habitat, le préfet ou l'administrateur déjà désigné. Elle permet de confier à un opérateur (organisme HLM, société d'économie mixte, établissement public d'aménagement) des tâches de redressement, notamment la maîtrise d'ouvrage des travaux.
C'est la procédure la plus sévère. Elle vise les copropriétés dont les difficultés financières ou de gestion sont telles que le syndicat ne peut plus assurer la conservation de l'immeuble ou la sécurité des occupants. Peuvent saisir le juge : le maire ou le président de l'intercommunalité (avec l'accord du préfet pour certains), le syndic, l'administrateur provisoire, ou des copropriétaires représentant au moins 15 % des voix. Un expert établit le déséquilibre financier et les travaux nécessaires (délai maximal de trois mois, renouvelable une fois), puis le juge peut déclarer l'état de carence.
La déclaration permet à une collectivité, à un organisme habilité, à un concessionnaire d'aménagement ou à une société à capitaux majoritairement publics de poursuivre l'expropriation de l'immeuble, en vue d'une réhabilitation ou d'une démolition, avec un plan de relogement. Un arrêté préfectoral déclare l'utilité publique et fixe l'indemnité provisionnelle, au minimum égale à l'évaluation du service des Domaines. Pour le déroulé général de l'expropriation, voir notre guide sur l'expropriation pour cause d'utilité publique.
Ces procédures laissent des traces dans les documents que l'on peut demander avant de signer. Quelques réflexes, qui relèvent de notre analyse plutôt que d'une obligation légale :
Côté copropriétaires, le conseil syndical est le premier maillon de l'alerte : le président du conseil syndical peut lui-même saisir le juge depuis juin 2020.
Ces fiches datent de 2015 et 2019 : les seuils et les textes doivent être vérifiés sur Légifrance avant toute démarche.
Vous devez posséder un compte Zimo pour utiliser cette fonctionnalité.
Pas encore de compte ? S'inscrire