Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
C'est l'un des rares changements réglementaires de l'été qui concerne à la fois les propriétaires, les vendeurs, les locataires et les professionnels de l'immobilier. Le 11 août 2026, la logique du démarchage téléphonique s'inverse en France. Jusqu'ici, un consommateur devait s'inscrire sur une liste d'opposition pour ne plus être appelé. À partir de cette date, un professionnel devra avoir obtenu son consentement préalable pour avoir le droit de l'appeler. La liste Bloctel, devenue sans objet, disparaît. Le fondement de cette bascule est la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, dont le volet démarchage entre en application à cette date.
Les articles L. 223-1, L. 223-2 et L. 121-11 du code de la consommation sont réécrits. À compter du 11 août 2026, la prospection téléphonique d'un consommateur est interdite par principe, sauf dans deux hypothèses :
Le consentement, lui, n'est pas une formalité : la loi reprend la définition exigeante du droit des données personnelles. Il doit être une manifestation de volonté libre, spécifique et éclairée, matérialisée par un acte positif, et sa validité est limitée à un an. Une case pré-cochée, un consentement noyé dans des conditions générales ou une collecte « pour toute offre de nos partenaires » ne satisfont pas ce standard. Autre conséquence, souvent sous-estimée : un contrat conclu à la suite d'un démarchage effectué en violation de ces règles n'est pas valide.
C'est le contresens le plus fréquent depuis quelques semaines. Le démarchage téléphonique portant sur des travaux d'économies d'énergie ou d'énergies renouvelables n'est pas interdit à compter du 11 août 2026 : il l'est déjà, et depuis 2020, en application de l'article L. 223-8 du code de la consommation. Le consentement du consommateur n'y change rien — l'interdiction est absolue dans ce secteur, précisément parce qu'il concentre l'essentiel des fraudes aux aides publiques.
Ce que la loi du 30 juin 2025 ajoute, en revanche, est significatif :
La loi durcit aussi le délit d'abus de faiblesse aggravé — jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 500 000 € d'amende, montant pouvant être porté à 10 % du chiffre d'affaires annuel moyen — pour viser les opérateurs qui exploitent la vulnérabilité de propriétaires âgés autour de faux dossiers de rénovation.
Le démarchage n'est que la partie visible du texte. Trois autres dispositions concernent directement les propriétaires qui lancent des travaux :
Pour un propriétaire qui prépare un dossier d'aide, ces règles sont un filtre utile : elles rendent contestable un devis obtenu à la suite d'un appel non sollicité, et donnent une base juridique claire pour refuser un chantier mal ficelé. Rappelons que la plateforme MaPrimeRénov' est fermée jusqu'au 17 août et que les règles se durcissent au 1er septembre — nous avons détaillé la fenêtre de quinze jours qui reste pour déposer, ainsi que le bilan à mi-2026 du guichet Anah.
Le secteur immobilier n'est pas visé par l'interdiction sectorielle de l'article L. 223-8 : la prospection de mandats, l'estimation, la gestion locative ou le courtage restent des activités où le démarchage téléphonique demeure possible — à condition d'avoir recueilli un consentement conforme. C'est un changement de méthode profond pour les agences dont la pige repose sur l'appel à froid de particuliers ayant publié une annonce.
Deux conséquences concrètes :
Côté agences, syndics, courtiers et administrateurs de biens, la mise en conformité repose sur trois chantiers concrets :
Le changement culturel est réel. Dans un métier où l'appel sortant a longtemps été le premier canal d'acquisition de mandats, la valeur bascule vers l'entrant : recommandation, présence locale, notoriété, et estimation demandée par le vendeur lui-même.
Le service disparaît le 11 août 2026. Il n'y a plus lieu de s'y inscrire ni d'y renouveler une inscription : le nouveau régime protège par défaut l'ensemble des consommateurs, sans démarche de leur part. Les personnes déjà inscrites n'ont rien à faire. En cas d'appel non sollicité après cette date, le signalement s'effectue auprès de la DGCCRF via la plateforme SignalConso.
Un point d'attention pour finir : l'entrée en vigueur porte sur les appels, pas sur les fichiers. Les bases de prospection constituées avant août 2026 sans consentement explicite ne deviennent pas utilisables du seul fait qu'elles sont anciennes. C'est d'ailleurs le principal chantier de mise en conformité des acteurs qui appellent — et la meilleure raison, pour un particulier, de considérer avec méfiance tout appel commercial reçu dans les semaines qui suivent la bascule.
Photo : Icons8 Team — Unsplash — appel téléphonique
Vous devez posséder un compte Zimo pour utiliser cette fonctionnalité.
Pas encore de compte ? S'inscrire