Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
C'est l'un des dispositifs les plus généreux du code général des impôts, et l'un des moins utilisés. Depuis le 15 février 2025, un parent, un grand-parent ou un arrière-grand-parent peut donner jusqu'à 100 000 € en argent, totalement exonérés de droits de donation, à condition que la somme serve à acheter un logement neuf ou à financer des travaux de rénovation énergétique. Le plafond monte à 300 000 € par bénéficiaire lorsque plusieurs donateurs se mobilisent. Cette exonération n'est pas permanente : l'article 790 A bis du CGI la limite aux versements effectués jusqu'au 31 décembre 2026. Il reste donc moins de quatre mois — et le projet de loi de finances pour 2027, attendu à l'Assemblée nationale le 30 septembre, dira s'il y aura une suite.
L'article 790 A bis exonère de droits de mutation à titre gratuit les dons de sommes d'argent en pleine propriété consentis :
Le plafond joue à deux niveaux : 100 000 € par donateur et par donataire, dans la limite globale de 300 000 € par donataire. Autrement dit, un couple de parents et un grand-parent peuvent, à eux trois, faire passer 300 000 € exonérés à un même enfant. Cette exonération est autonome : elle ne consomme ni l'abattement de 100 000 € entre parent et enfant applicable tous les quinze ans, ni le don familial de sommes d'argent de l'article 790 G. Les trois se cumulent.
La contrepartie est stricte. Les sommes doivent être employées au plus tard le dernier jour du sixième mois suivant le versement, et pour l'un des deux usages limitativement prévus :
Le délai de six mois est la vraie contrainte de calendrier. Un versement effectué le 31 décembre 2026 doit être employé avant le 30 juin 2027 : sur un achat en VEFA, cela suppose que la réservation soit déjà engagée et l'acte notarié programmé. Pour une opération qui n'est pas encore ficelée, il vaut mieux caler le versement sur le calendrier réel du projet plutôt que sur la date limite du dispositif.
Le logement acquis ou rénové doit être conservé pendant cinq ans à compter de l'acquisition ou de l'achèvement des travaux, soit comme résidence principale du donataire, soit — et c'est une souplesse méconnue — en le donnant en location. La location est toutefois exclue au profit d'un membre du foyer fiscal du donateur : impossible de loger ses propres parents dans le bien financé par leur don.
Le non-respect de cette durée entraîne la remise en cause de l'exonération, donc le rappel des droits. Autre limite à connaître : les mêmes dépenses ne peuvent pas ouvrir droit, en parallèle, à un autre avantage fiscal. Un chantier de rénovation financé par le don ne pourra pas être présenté une seconde fois au titre d'un crédit d'impôt ou d'une déduction de charges. Pour les travaux, l'articulation avec les aides publiques mérite d'être examinée en amont — notre décryptage de l'éco-PTZ depuis le 1er septembre 2026 détaille les conditions de financement d'une rénovation globale.
L'aide familiale n'est pas un cas marginal du marché français : elle en est devenue l'un des ressorts. Selon les données publiées début septembre par l'observatoire d'un réseau national d'agences, un primo-accédant sur quatre est aidé par sa famille, pour un montant moyen de 45 000 €, et cette aide lui permet d'acheter environ dix ans plus tôt. Nous détaillons ces chiffres dans notre article sur les primo-accédants aidés par leur famille.
Rapportée à ce montant moyen, l'exonération de 790 A bis est calibrée très au-dessus de la pratique courante : elle vise moins le coup de pouce que le financement d'un apport substantiel. C'est aussi ce qui explique son sous-emploi — beaucoup de familles ignorent qu'elles peuvent aller jusqu'à 100 000 € par donateur sans droits, à condition de flécher l'argent vers le neuf ou la rénovation.
Le projet de loi de finances pour 2027 est la seule chose qui puisse prolonger le dispositif. Le calendrier parlementaire est désormais connu :
Deux scénarios, donc. Si le texte proroge l'article 790 A bis, la fenêtre restera ouverte en 2027. S'il n'en dit rien — ou si le budget n'est pas adopté dans les délais —, le dispositif s'éteint mécaniquement au 31 décembre 2026, sans mesure transitoire. Attendre le vote pour décider revient à parier sur un calendrier qui, ces trois dernières années, n'a jamais tenu ses promesses.
Pour une famille qui envisage l'opération, trois vérifications s'imposent avant la fin de l'année :
Pour les transmissions plus larges, où le don d'argent n'est qu'un élément parmi d'autres, notre guide de la donation-partage immobilière replace ces abattements dans une stratégie d'ensemble. Et pour cadrer le projet lui-même, un tour d'horizon des appartements à vendre permet de mesurer l'écart réel entre neuf et ancien sur le secteur visé — c'est cet écart, plus que l'économie de droits, qui décide de la pertinence de l'opération.
Photo : une main tenant des clés avec un porte-clés en forme de maison, posée au-dessus de pièces de monnaie et d'un portefeuille — Jakub Żerdzicki sur Unsplash.
Vous devez posséder un compte Zimo pour utiliser cette fonctionnalité.
Pas encore de compte ? S'inscrire