Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Dans six jours, l'article 268 du code général des impôts — celui que tout marchand de biens connaît par cœur — cessera d'être le siège de la TVA sur la marge. Non pas qu'il soit supprimé : il déménage. À compter du 1er septembre 2026, l'ensemble des dispositions relatives à la taxe sur la valeur ajoutée quitte le CGI pour le livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS).
L'opération est le fait de l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 portant recodification de la taxe sur la valeur ajoutée et diverses modifications du code des impositions sur les biens et services, prise sur le fondement de l'habilitation donnée au gouvernement par le VII de l'article 111 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024.
Il faut le dire d'emblée pour éviter les contresens : la recodification est présentée comme une opération à droit constant. Aucun taux ne change, aucune exonération ne disparaît, aucun régime n'est refondu. Ce qui change, c'est la numérotation — et, pour un secteur qui vit d'actes notariés, de clauses et de renvois, ce n'est pas un détail.
La cartographie du secteur immobilier dans le nouveau code :
L'ordonnance porte par ailleurs le principe de la généralisation de la facturation électronique et les obligations de transmission de données à l'administration fiscale — un chantier dont le calendrier fiscal de rentrée comporte déjà plusieurs jalons pour les bailleurs.
C'est le point le plus rassurant du dispositif, et le moins connu. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027. Un compromis de vente signé en octobre 2026 qui vise encore « l'article 257 du CGI » ne sera donc pas frappé de nullité, ni le régime de TVA remis en cause.
Cette fenêtre de seize mois n'est pas une invitation à l'inertie. Elle est faite pour que les rédacteurs d'actes — notaires, avocats fiscalistes, services juridiques de promoteurs — basculent leurs modèles sans rupture. Passé le 31 décembre 2027, la référence au CGI deviendra une référence à un texte abrogé.
« À droit constant » est une intention, pas une garantie. Le secteur immobilier a une mémoire longue en matière de TVA sur marge, régime dont le périmètre exact — et notamment la condition d'identité entre le bien acquis et le bien revendu — a occupé la doctrine administrative et le juge pendant une décennie.
D'où la question écrite n° 09498, publiée le 16 juillet 2026 par le sénateur Olivier Paccaud (Oise, Les Républicains) et adressée au ministre de l'action et des comptes publics. Le sénateur y relève que la recodification, « bien que présentée comme une opération formelle, suscite des craintes dans le secteur immobilier concernant le maintien du régime de TVA sur la marge pour les cessions de terrains à bâtir ». Il demande deux choses : la confirmation que la réforme ne remet pas ce régime en cause, et des précisions sur les règles transitoires applicables.
À ce jour, le ministère n'a pas répondu. La question reste en attente, à six jours de l'entrée en vigueur. C'est un signal à prendre pour ce qu'il est : ni un aveu, ni une garantie.
Beaucoup plus de monde qu'on ne le croit. La TVA immobilière ne concerne pas que les professionnels :
Une recodification est censée être invisible. Celle-ci le sera probablement — à condition que chacun ait vérifié, avant le 1er septembre, que ses modèles d'actes et ses logiciels de facturation savent parler les deux langues.
Photo : documents comptables et calculatrice — Kelly Sikkema sur Unsplash.
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