Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
La décision se prend en conseil municipal, loin des propriétaires concernés, et elle produira ses effets plus d'un an plus tard. D'ici le 1er octobre 2026, les communes éligibles peuvent délibérer pour instaurer, augmenter ou supprimer la majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS). Toute délibération prise après cette date sera sans effet pour 2027.
Cette règle de calendrier n'est pas propre à la THRS : l'article 1639 A bis du code général des impôts impose que les délibérations en matière de fiscalité directe locale soient prises avant le 1er octobre d'une année pour s'appliquer à compter du 1er janvier de l'année suivante. Pour les propriétaires de résidences secondaires, les six prochaines semaines déterminent donc le montant de l'avis qu'ils recevront à l'automne 2027.
La faculté n'est pas ouverte à toutes. L'article 1407 ter du CGI la réserve aux communes situées en zone tendue, c'est-à-dire celles où s'applique la taxe sur les logements vacants. Deux critères ouvrent cette qualification :
Le taux de majoration est libre à l'intérieur d'une fourchette : le conseil municipal peut majorer la part communale de la cotisation de 5 % à 60 %. La majoration ne porte que sur la part revenant à la commune, et uniquement sur les logements meublés non affectés à l'habitation principale.
La THRS se calcule sur la valeur locative cadastrale du logement, revalorisée chaque année, à laquelle s'applique le taux voté localement. La majoration vient s'ajouter par-dessus, sur la seule part communale. Une commune qui passerait de 0 % à 60 % de majoration alourdirait donc sensiblement la note, sans que le propriétaire ait le moindre levier sur la décision.
Trois exonérations de la majoration sont prévues par le texte, sur réclamation du contribuable :
Ces cas ne s'appliquent pas d'office : ils supposent une démarche auprès du centre des finances publiques, à l'appui de justificatifs.
Les délibérations de conseil municipal sont publiques. Trois réflexes pour un propriétaire de résidence secondaire :
La majoration de THRS n'avance pas seule. Elle s'articule avec la refonte de la fiscalité de la vacance : la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d'habitation, qui remplace TLV et THLV à compter de 2027, poursuit le même objectif de remise sur le marché des logements sous-occupés. Les deux dispositifs reposent d'ailleurs sur le même zonage.
Elle s'ajoute enfin à la taxe foncière, due par tout propriétaire quelle que soit l'affectation du bien, et dont les avis 2026 seront mis en ligne dès le 27 août. Les deux impôts reposent sur la même valeur locative cadastrale : une erreur de surface ou d'éléments de confort corrigée sur l'un profite mécaniquement à l'autre. Pour qui possède une résidence secondaire dans une commune en zone tendue, l'automne 2026 concentre donc deux vérifications à mener ensemble.
La pression fiscale sur les résidences secondaires est devenue, dans certaines communes touristiques, un paramètre de rendement à part entière. Elle pèse sur les arbitrages entre conservation, location à l'année et revente — un mouvement déjà lisible dans les chiffres, comme le montre notre bilan de mi-saison du marché des résidences secondaires, où la rationalisation des portefeuilles est nettement engagée sur le littoral.
Le calcul mérite d'être refait chaque automne, à partir de l'avis réel et non d'une estimation : entre la majoration votée localement, la taxe foncière et les charges fixes, le coût de détention annuel d'un bien peu occupé peut atteindre un niveau qui change la nature de la décision.
Photo : Aurélia Dubois — Unsplash — maison de brique à Cordes-sur-Ciel
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