Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
C'est l'un des courriers les plus mal compris du logement social. Chaque automne, les organismes HLM adressent à leurs locataires l'enquête dite « SLS-OPS » : un questionnaire sur les ressources et sur la composition du foyer, accompagné d'une demande d'avis d'imposition. Beaucoup de ménages le rangent avec les prospectus. La loi, elle, y attache trois conséquences précises : un délai d'un mois, une pénalité forfaitaire, et — pour les silencieux obstinés — la perte du droit à rester dans les lieux.
L'article L. 441-9 du code de la construction et de l'habitation est explicite : l'organisme bailleur demande chaque année à chaque locataire communication de ses avis d'imposition ou de non-imposition à l'impôt sur le revenu, ainsi que les informations concernant l'ensemble des personnes vivant au foyer. Objectif : mesurer l'éventuel dépassement des plafonds de ressources et déterminer si le locataire est redevable du supplément de loyer de solidarité — le « surloyer ».
Le locataire dispose d'un mois pour fournir ces éléments. Les campagnes s'échelonnent selon les bailleurs entre septembre et novembre, avec une date de retour fixée dans le courrier ; les résultats commandent le loyer appliqué à compter du 1er janvier suivant. Répondre à l'enquête de cet automne, c'est donc fixer sa quittance de 2027.
La mécanique de sanction est écrite dans le même article, et elle se déroule en deux temps.
Premier temps : le bailleur adresse une mise en demeure. Le locataire dispose alors d'un nouveau délai de quinze jours.
Second temps : si la mise en demeure reste infructueuse, le bailleur liquide provisoirement le supplément de loyer en appliquant le coefficient de dépassement du plafond de ressources égal à la valeur maximale prévue par décret. Cette valeur est fixée par l'article R. 441-26 du même code : 14,90. Autrement dit, le ménage qui n'a rien renvoyé est traité, le temps de la régularisation, comme s'il dépassait très largement les plafonds — indépendamment de ses revenus réels.
S'y ajoute une indemnité pour frais de dossier, dont le montant maximum est fixé par arrêté à 25 €. Et c'est là que la nuance compte : lorsque le locataire finit par transmettre ses justificatifs, le supplément est régularisé définitivement et le trop-perçu lui est reversé dans les deux mois — mais les frais de dossier, eux, restent acquis au bailleur. Répondre en retard coûte donc 25 € et une avance de trésorerie ; ne pas répondre du tout coûte bien davantage.
Le supplément de loyer de solidarité n'est pas dû par tout le monde. Il vise les ménages dont les ressources dépassent d'au moins 20 % les plafonds réglementaires d'accès au logement social. Les ressources retenues sont les revenus fiscaux de référence de l'année N-2 de l'ensemble des personnes vivant au foyer — d'où la demande d'avis d'imposition.
Le calcul combine trois termes : la surface habitable du logement, le coefficient de dépassement du plafond de ressources et un montant de supplément de loyer de référence au mètre carré. Le résultat n'est pas illimité : la somme du loyer principal et du supplément ne peut excéder une fraction des ressources du ménage, plafonnée par la loi.
Certains logements sont par ailleurs hors du champ du dispositif — au premier rang desquels ceux situés en quartier prioritaire de la politique de la ville. C'est une exclusion de plein droit qui ne dispense pas, elle, de répondre à l'enquête : l'obligation déclarative de l'article L. 441-9 est générale, et le volet « OPS » du questionnaire alimente en outre la connaissance statistique de l'occupation du parc social.
Le droit au maintien dans les lieux — ce principe qui distingue le locataire HLM du locataire du parc privé — n'est pas inconditionnel. Il tombe dans deux hypothèses qui concernent directement l'enquête de cet automne.
Le dépassement massif et durable des plafonds : un ménage dont les ressources atteignent au moins une fois et demie les plafonds pendant deux années consécutives perd son droit au maintien dans les lieux. Le bail prend alors fin à l'issue d'un délai de dix-huit mois courant à compter du 1er janvier qui suit ces deux années. Le bailleur doit informer le locataire dès le constat, puis le notifier à nouveau six mois avant l'échéance ; si les ressources repassent sous les plafonds avant le terme, le droit est rétabli. L'applicabilité de la règle dépend de la zone géographique dans laquelle se situe le logement.
Le silence répété : l'absence de réponse à l'enquête ressources pendant deux années consécutives produit le même effet, avec le même délai de dix-huit mois. Ne pas ouvrir le courrier deux automnes de suite peut donc, à terme, mettre fin au bail — non pas parce que le ménage est trop riche, mais parce qu'il n'a rien répondu.
Cette campagne d'automne s'inscrit dans une saison chargée pour le parc social : les élections des représentants de locataires se tiennent d'ici à la fin de l'année, tandis que le congrès HLM se réunit à Bordeaux du 22 au 24 septembre sur l'avenir du modèle. Et pour les ménages qui envisagent d'en sortir, les règles de la vente HLM ont été modifiées fin août.
Photo : immeubles d'habitation à balcons — Vanessa Zhu sur Unsplash.
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