Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Le prix repère du gaz a bondi de 5,6 % au 1er septembre, l'électricité a pris 2,5 % au 1er août, et la saison de chauffe commence. Pour une partie des ménages, l'automne 2026 se traduira par des factures qui ne pourront pas être honorées. La procédure applicable dans ce cas a profondément changé depuis 2022 : pour l'électricité, la coupure n'est plus la sanction immédiate d'un impayé, et pour certains ménages elle est précédée d'une période obligatoire de 60 jours d'alimentation minimale à 1 kVA. À partir du 1er novembre 2026, la trêve hivernale ajoute une couche de protection qui vaut jusqu'au 31 mars 2027. Voici l'état exact du droit, utile aux locataires comme aux bailleurs qui gèrent des immeubles chauffés collectivement.
Elle est fixée par le décret n° 2008-780 du 13 août 2008, relatif à la procédure applicable en cas d'impayés des factures d'électricité, de gaz, de chaleur et d'eau. Le fournisseur ne peut pas agir du jour au lendemain : il doit respecter une séquence de courriers et de délais.
Au total, il s'écoule au minimum une cinquantaine de jours entre la facture impayée et l'intervention technique. Le fournisseur doit par ailleurs informer les services sociaux du département, ce qui déclenche, dans un certain nombre de cas, l'instruction d'une aide du fonds de solidarité pour le logement.
La différence majeure entre l'électricité et le gaz tient à l'existence, pour la première, d'une solution intermédiaire. Le compteur communicant permet de réduire à distance la puissance souscrite à 1, 2 ou 3 kVA au lieu d'interrompre la fourniture. À 1 kVA, l'éclairage, le réfrigérateur et la recharge d'un téléphone restent possibles ; le chauffage électrique, les plaques de cuisson et le lave-linge, non.
Pour le gaz, il n'existe aucun équivalent : la fourniture est assurée ou elle ne l'est pas. C'est ce qui rend la situation d'un ménage chauffé au gaz structurellement plus exposée que celle d'un ménage chauffé à l'électricité — un point à garder en tête au moment d'arbitrer un mode de chauffage, comme le rappellent les évolutions décrites dans notre article sur la hausse du prix repère du gaz au 1er septembre 2026.
C'est la protection la plus récente et la plus mal connue. La loi du 16 août 2022 portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat a posé le principe d'une période minimale d'alimentation en électricité, et le décret n° 2023-133 du 24 février 2023, entré en vigueur le 1er avril 2023, en a fixé la durée.
Ce décret impose une période minimale de 60 jours de réduction de puissance à 1 kVA, préalable à toute coupure et à toute résiliation. Elle bénéficie aux ménages équipés d'un compteur communicant qui remplissent l'une des conditions suivantes :
Pour ces ménages, le délai total entre la facture impayée et une coupure effective peut ainsi dépasser cent jours. C'est un temps long, pensé pour permettre l'intervention des services sociaux et la mise en place d'un échéancier — mais c'est aussi une dette qui continue de courir, et le sursis n'efface rien.
À compter du 1er novembre 2026 et jusqu'au 31 mars 2027, l'article L. 115-3 du code de l'action sociale et des familles interdit toute interruption de la fourniture d'électricité, de gaz ou de chaleur dans une résidence principale, pour cause d'impayé.
La protection n'est cependant pas uniforme :
Le calendrier de la trêve énergétique se superpose exactement à celui de la trêve des expulsions locatives, que nous détaillions dans notre article sur la trêve hivernale du 1er novembre 2026. Les deux relèvent de logiques distinctes — l'une protège la fourniture d'énergie, l'autre l'occupation du logement — mais elles produisent le même effet pratique : rien de définitif ne se joue entre novembre et mars.
Trois idées reçues à écarter :
Un bailleur n'est pas partie au contrat de fourniture de son locataire, mais il est concerné à deux titres. D'abord parce qu'un ménage qui n'arrive plus à payer son énergie est souvent un ménage qui n'arrivera bientôt plus à payer son loyer : la réduction de puissance est un signal d'alerte précoce, plus précoce que le premier impayé de loyer.
Ensuite parce que dans un immeuble à chauffage collectif, l'énergie ne relève pas du contrat individuel du locataire mais des charges. Elle est alors récupérable dans les conditions du décret sur les charges locatives, avec les règles de provision et de régularisation détaillées dans notre guide des charges récupérables. Une hausse de 5,6 % du prix repère du gaz sur un immeuble chauffé collectivement se traduit mécaniquement par une régularisation salée au printemps — et donc par une exposition au risque d'impayé décalée de plusieurs mois.
Photo : un compteur électrique — Jon Moore sur Unsplash.
Vous devez posséder un compte Zimo pour utiliser cette fonctionnalité.
Pas encore de compte ? S'inscrire