Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
C'est un sujet qui n'apparaît sur aucun ordre du jour type, et qui peut pourtant immobiliser un ascenseur du jour au lendemain. Deux calendriers techniques convergent : l'extinction du réseau mobile 2G, dont la généralisation sur l'ensemble du territoire métropolitain démarre en septembre 2026 chez Orange, et la fermeture du réseau cuivre, dont le lot 3 sera techniquement coupé le 31 janvier 2027. Or c'est sur l'un ou l'autre de ces réseaux que repose, dans une grande partie du parc, le dispositif de demande de secours des ascenseurs.
La conséquence réglementaire est brutale et sans zone grise : un ascenseur dont la liaison phonique avec un service d'intervention ne fonctionne plus doit être mis à l'arrêt. Pas de dérogation, pas de délai de grâce.
Côté mobile, Orange a engagé l'extinction de la 2G par vagues progressives à partir du 31 mars 2026, en commençant par l'agglomération de Biarritz-Anglet-Bayonne, puis sept départements du Sud-Ouest le 9 juin. La généralisation à toute la métropole s'ouvre en septembre 2026 et doit s'achever fin 2026. Les autres opérateurs suivent : SFR sur novembre-décembre 2026, Bouygues Telecom à partir du 15 novembre 2026 avant généralisation en décembre. La 3G, elle, restera disponible jusqu'à fin 2028 chez Orange — c'est la porte de sortie pour les équipements qui peuvent basculer.
Côté fixe, l'Arcep détaille le séquencement d'Orange par lots de communes :
Pour une copropriété située dans le lot 3, il reste donc environ cinq mois. Une assemblée générale d'automne qui n'inscrirait pas le sujet renverrait la décision au printemps 2027 — soit après la coupure.
Tout ascenseur doit être équipé d'un dispositif de demande de secours permettant une liaison phonique permanente avec un service d'intervention. Historiquement, cette liaison passe par une ligne téléphonique analogique — donc par le cuivre — ou, pour les installations modernisées dans les années 2000-2010, par un module GSM 2G. Les deux supports disparaissent.
La Fédération des Ascenseurs estime le parc français à environ 650 000 appareils et considère qu'une part importante — de l'ordre de la moitié — dépend encore de l'un de ces deux réseaux pour son système d'alerte. L'ordre de grandeur mérite d'être pris pour ce qu'il est, une estimation de branche, mais il donne la mesure du chantier.
Le même raisonnement vaut, à un degré moindre d'urgence réglementaire, pour les interphones, les systèmes d'alarme des parties communes, les télérelevés de chauffage ou d'eau et les dispositifs de téléassistance installés chez des copropriétaires âgés.
La mise à niveau du dispositif de secours relève des parties communes : elle se décide en assemblée générale et se finance sur le budget de la copropriété ou, selon son ampleur, par un appel de fonds travaux. Deux configurations se présentent en pratique.
Le budget prévisionnel voté en assemblée est précisément l'instrument prévu pour ce type de dépense ; notre guide du budget, des charges et du vote en assemblée générale détaille les majorités applicables et la mécanique des appels de fonds.
La fenêtre utile se situe avant la convocation, pas pendant la séance : une question non inscrite à l'ordre du jour ne peut pas être valablement votée.
Cette AG de rentrée est déjà chargée pour beaucoup d'immeubles : elle doit aussi absorber, pour les copropriétés concernées, le plan pluriannuel de travaux et ses obligations désormais étendues. Raison de plus pour préparer les résolutions tôt plutôt que de les empiler en séance. Sur la répartition des rôles entre l'organe de contrôle et le professionnel, notre guide du conseil syndical rappelle ce que celui-ci peut exiger du syndic en matière de mise en concurrence.
Il faut mesurer ce qui se joue. Un ascenseur à l'arrêt dans un immeuble de sept étages, ce sont des copropriétaires âgés ou à mobilité réduite bloqués chez eux, une valeur locative dégradée le temps des travaux, et une responsabilité du syndicat engagée si la défaillance était prévisible. Or ici, elle l'est : les dates sont publiques depuis des mois. L'argument de l'imprévisibilité ne tiendra pas.
À l'inverse, l'opération est techniquement banale et son coût, rapporté au nombre de lots, reste modeste au regard des autres postes d'une copropriété. C'est typiquement le dossier qui coûte peu s'il est traité à temps, et cher s'il ne l'est pas.
Photo : Jason Dent — Unsplash — gros plan sur le panneau de boutons d'un ascenseur
Vous devez posséder un compte Zimo pour utiliser cette fonctionnalité.
Pas encore de compte ? S'inscrire