Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
La Fédération Française du Bâtiment (FFB) a tenu sa conférence de presse de rentrée le mardi 15 septembre 2026, et le diagnostic est sévère : l'activité du secteur reculerait de 0,3 % en volume sur l'ensemble de l'année, une révision à la baisse par rapport aux prévisions plus optimistes du début d'année. Sur quatre ans, la fédération chiffre le repli cumulé à −12,3 %, un niveau d'activité qui ramènerait le secteur à celui de la fin des années 1990. Le président de la FFB, Frédéric Carré, a résumé la situation sans détour : « le bâtiment va mal, voire très mal, tous les segments de notre activité sont dans le rouge ».
Sur le logement neuf, la fédération table sur environ 300 000 logements mis en chantier en 2026, très en deçà des 420 000 unités annuelles jugées nécessaires pour répondre aux besoins du pays. Les permis de construire reculent de 0,2 % sur l'année écoulée, avec une accélération de la baisse à −8 % sur les trois derniers mois — et un effondrement du collectif à −16,6 %. Ces indicateurs amont laissent présager une poursuite de la dégradation des mises en chantier en 2027, la statistique publique SDES confirmant déjà un repli sur le premier semestre.
L'entretien-amélioration n'échappe pas à la crise : l'activité recule de 3,3 % entre le deuxième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, et le seul segment de la rénovation énergétique chute de 4,3 % — la plus forte baisse enregistrée depuis le début de la série statistique en 2018, hors période Covid. Le non-résidentiel, qui avait jusque-là mieux résisté, bascule à son tour en territoire négatif avec un peu plus de 20 millions de m² engagés, un niveau proche des plus bas historiques.
La FFB anticipe la disparition de 20 000 emplois sur l'année 2026, salariés, intérimaires en équivalent temps plein et indépendants confondus. Le coût des matériaux, qui a progressé de 4,3 % entre février et juin, ajoute une pression supplémentaire sur des trésoreries d'entreprises déjà fragilisées par la baisse d'activité. Conséquence directe pour le logement neuf : l'objectif de deux millions de logements du plan de relance du logement ne sera pas atteint, selon Frédéric Carré.
La fédération met en garde contre une lecture trop optimiste des chiffres de mises en chantier observés en cours d'année : ce rebond reposerait sur des autorisations et des décisions prises antérieurement, et non sur une reprise structurelle de la demande. La dégradation conjointe des ventes, des permis et du crédit immobilier laisse craindre un nouveau recul des mises en chantier en 2027. Le statut du bailleur privé et le zonage A/B/C, censés soutenir l'investissement locatif et l'accession, n'ont pour l'instant pas suffi à inverser la tendance selon la fédération, qui plaide pour des mesures de soutien dans le cadre du PLF 2027.
Photo : zanck FL — Unsplash — grue de chantier à Saint-Ouen
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