Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Le service statistique du ministère de la transition écologique a publié le 20 août 2026 les résultats de son enquête sur la commercialisation des logements neufs pour le deuxième trimestre. Le chiffre central : 16 112 logements neufs réservés par des particuliers, soit un recul de 4,8 % en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, après une hausse de 5,9 % au trimestre précédent. Ces réservations représentent 55,1 % de l'ensemble des logements mis en commercialisation.
Dans le même temps, les promoteurs ont remis de l'offre sur le marché : 17 499 logements mis en vente, en progression de 11,1 % sur le trimestre. Le marché du neuf entre donc dans l'automne avec un décalage caractéristique — plus de logements proposés que de logements réservés, pour le deuxième trimestre consécutif.
Le recul des réservations n'est pas uniforme. Les appartements en collectif reculent de 4,6 %, les maisons individuelles de 7,6 %. L'écart s'inverse du côté de l'offre : les mises en vente d'appartements progressent de 10,0 %, celles de maisons individuelles bondissent de 37,0 %. La maison neuve est donc le segment où le ciseau entre offre et demande s'ouvre le plus largement.
Une seconde lecture, par nature d'opération, est tout aussi parlante : les réservations reculent de 4,0 % pour les constructions neuves, mais de 10,6 % pour les logements créés en construction sur bâti existant. La transformation de l'existant — surélévation, changement d'usage, réhabilitation lourde — était présentée depuis deux ans comme le relais de croissance de la promotion. Elle décroche deux fois plus vite que le neuf classique.
Selon la même publication, 124 027 logements neufs restaient disponibles à la vente fin juin 2026, en hausse de 1,6 % sur le trimestre et de 1,4 % sur un an. L'encours ne se résorbe pas : il s'installe.
Le premier trimestre 2026 avait marqué un plancher historique, avec une chute de 14,3 % des ventes selon l'observatoire des promoteurs. Le deuxième trimestre ne prolonge pas cette chute — il ne l'efface pas non plus. La séquence dessine plutôt un marché qui se stabilise très bas, avec des volumes trimestriels autour de 16 000 réservations de particuliers, très loin des niveaux d'avant 2022.
La Fédération des promoteurs immobiliers présente ce 9 septembre ses propres chiffres du deuxième trimestre, au cours de la conférence de presse de son observatoire. Son périmètre diffère de celui de l'enquête ministérielle — il couvre la promotion privée et intègre les ventes en bloc aux bailleurs sociaux et aux investisseurs institutionnels, absentes du chiffre de 16 112 réservations de particuliers. Nous avions détaillé les quatre courbes à surveiller dans cette publication : c'est l'écart entre les deux sources qui dira si la demande institutionnelle compense, ou non, le retrait des particuliers.
Un encours de 124 000 logements disponibles est d'abord une donnée de négociation. Dans un marché où l'offre progresse et la demande recule, le rapport de force se déplace vers l'acquéreur : remises commerciales, prise en charge des frais de notaire, cuisine équipée offerte, ou lissage du calendrier d'appels de fonds. Ces concessions ne se lisent pas dans les statistiques de prix, mais elles se négocient au moment de la réservation.
Encore faut-il savoir ce que l'on signe. Le contrat de réservation n'est pas une vente : il ouvre un délai de rétractation, encadre le dépôt de garantie et fixe les tolérances sur la surface et la date de livraison. Nous en avons détaillé le mécanisme, les délais et les pièges. Second point de vigilance, plus discret : la zone. La lettre A, A bis, B1, B2 ou C attribuée à la commune commande le prêt à taux zéro, la TVA réduite en quartier prioritaire et les plafonds de loyer applicables aux dispositifs d'investissement — et 487 communes ont changé de camp l'an dernier.
Reste la question que les statistiques ne tranchent pas : la remontée des mises en vente traduit-elle un pari des promoteurs sur une reprise, ou le déstockage d'opérations lancées avant la crise et livrées aujourd'hui faute d'avoir pu être arrêtées ? Le troisième trimestre, dont les chiffres tomberont fin novembre, apportera l'élément manquant.
Photo : grue de chantier sur une opération de construction — Heye Jensen sur Unsplash.
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