Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Pendant que les prix à la consommation progressent encore, un indice officiel fait exactement l'inverse : l'indice du coût de la construction (ICC) publié par l'Insee baisse de 2,89 % sur un an au 1er trimestre 2026. La prochaine livraison, celle du 2e trimestre, est attendue fin septembre. Elle intéresse bien plus de monde qu'on ne le croit : des bailleurs de locaux commerciaux, des acquéreurs en VEFA, des assurés en garantie construction, et tous ceux dont un contrat comporte encore une clause d'indexation sur l'ICC.
Dans son Informations rapides n° 156 du 24 juin 2026, l'Insee établit l'ICC du 1er trimestre 2026 à 2 084 dans la série de référence, soit :
Sur la série en base 100 en 2021, le même indice ressort à 112,4.
La lecture combinée de ces deux chiffres est plus intéressante que chacun pris isolément. Le glissement annuel se dégrade — la baisse s'accentue — alors même que la variation trimestrielle redevient nettement positive. Autrement dit : le repli s'est concentré sur les trimestres de 2025, et le premier trimestre 2026 marque une reprise du rythme trimestriel. L'indice pourrait donc être en train de toucher un point bas. Le chiffre de fin septembre dira si ce redressement se confirme.
Rappelons ce que mesure exactement l'ICC : les prix de production dans la construction de bâtiments neufs à usage d'habitation en France métropolitaine. Ce n'est ni un indice des prix de vente des logements, ni un indice des coûts de matériaux : c'est le prix payé au constructeur.
Depuis la loi Pinel de 2014, l'ICC n'est plus un indice de référence admis pour l'indexation des baux commerciaux et professionnels : ceux-ci doivent renvoyer à l'ILC (indice des loyers commerciaux) ou à l'ILAT (indice des loyers des activités tertiaires). L'ICC n'a pas disparu pour autant, et c'est précisément ce qui piège les gestionnaires distraits.
Il continue de produire ses effets dans plusieurs situations :
Pour un bailleur qui indexe encore sur l'ICC, la conséquence est directe et contre-intuitive : la révision de loyer est actuellement baissière. Un loyer révisé sur le glissement annuel du 1er trimestre 2026 recule de 2,89 %. C'est un mouvement de sens inverse à celui de l'ILC, dont le recul de 0,45 % au 1er trimestre 2026 est six fois plus modéré. La différence d'indice n'est pas un détail rédactionnel : sur un loyer commercial de 30 000 € par an, l'écart entre les deux références représente environ 730 € sur une seule révision.
Dans un contrat de vente en l'état futur d'achèvement assorti d'une clause de révision indexée sur un indice de coût, un indice qui recule signifie un prix final qui n'augmente pas — voire qui diminue si la clause joue dans les deux sens. Sur des opérations dont la livraison intervient dix-huit à trente mois après la signature, l'effet cumulé n'est pas négligeable.
Encore faut-il que la clause existe, qu'elle soit rédigée dans les deux sens, et qu'elle renvoie bien à l'indice que l'on croit. C'est l'un des points de vigilance que détaille notre guide de la VEFA : la mécanique du prix mérite autant d'attention que le calendrier d'appels de fonds.
Un indice de prix de production qui recule de près de 3 % en un an dans un pays où l'inflation générale reste positive n'est pas une bonne nouvelle en soi. C'est le signe d'un secteur qui ajuste ses prix à la demande, pas d'un secteur qui gagne en productivité.
Le contexte le confirme. Les statistiques du logement neuf publiées cet été montrent 376 241 logements autorisés sur un an, soit 8 % sous la moyenne quinquennale. Face à des carnets de commandes qui ne se remplissent pas, les constructeurs comprimant leurs marges font mécaniquement reculer l'indice des prix de production.
Le prochain jalon de lecture est proche : la Fédération des promoteurs immobiliers publie son observatoire du logement neuf du 2e trimestre le 8 septembre. Réservations, mises en vente et prix de sortie diront si la baisse du coût de production se traduit enfin en volumes — ou si elle ne fait qu'accompagner la contraction.
L'Insee publie l'ICC selon une cadence régulière : le 1er trimestre en juin, le 2e trimestre en septembre, le 3e trimestre en décembre, le 4e trimestre en mars de l'année suivante. L'indice du 1er trimestre 2026 étant sorti le 24 juin, celui du 2e trimestre 2026 est attendu fin septembre 2026.
Trois réflexes d'ici là, pour ceux que l'indice concerne :
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Photo : Jacek Dylag — Unsplash — ossature métallique et grue à tour sur un chantier de bâtiment
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