Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Après des mois de débat, le Conseil de Paris a voté, le 18 juillet 2026, le doublement de sa taxe sur les logements vacants. Un propriétaire parisien dont le logement reste vide depuis plus d'un an paiera, à compter des impositions 2027, une taxe portée de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale la première année, puis de 34 % à 60 % à partir de la deuxième année de vacance. La Ville espère ainsi remettre environ 20 000 logements sur le marché locatif ou à la vente.
Cette délibération s'appuie directement sur la nouvelle marge de manœuvre ouverte par la loi de finances pour 2026, qui a fusionné les anciennes taxe annuelle sur les logements vacants (TLV) et taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) en une taxe unique sur la vacance des locaux d'habitation (TVLH), applicable aux impositions de 2027. Ce texte autorise les communes en zone tendue à majorer par délibération les taux légaux de 17 % et 34 % jusqu'à un plafond de 30 % et 60 % — exactement les taux que Paris vient d'adopter, au maximum autorisé par la loi.
Selon les données de l'Insee citées par la Ville, Paris compte environ 139 000 logements vacants, soit près de 10 % de son parc de résidences. Une part importante de ce chiffre correspond à une vacance de courte durée (travaux, succession, transition entre deux locations) qui ne sera pas concernée par la surtaxe : seule la vacance avérée depuis au moins un an, hors cas d'exonération, déclenche la taxe majorée.
Pour un studio de 30 m² dans le 17e arrondissement, la Ville de Paris a communiqué un exemple chiffré : la taxe actuelle d'environ 790 € passerait à près de 1 400 € dès janvier 2027, puis à environ 2 800 € à partir de la troisième année de vacance continue. Les exonérations existantes sont maintenues : logement occupé malgré lui moins d'un an, bien en instance de succession ou de contentieux, logement nécessitant des travaux importants pour être habitable, ou encore bien effectivement proposé à la location ou à la vente au prix du marché sans trouver preneur.
Paris applique, sans surprise, le plafond maximal que la loi de finances pour 2026 met à la disposition des communes en tension — un choix cohérent avec la politique de la municipalité en matière de logement, mais qui n'a rien d'automatique ailleurs : chaque commune ou intercommunalité en zone tendue doit délibérer pour majorer ses propres taux, et la date limite du 1er octobre 2026 approche pour celles qui veulent ajuster leur position avant l'entrée en vigueur de la réforme. Pour un propriétaire parisien assis sur un bien vide « en attendant », l'écart entre 790 € et 2 800 € de taxe annuelle change franchement le calcul économique de l'inaction — d'autant que la détection des logements vacants par l'administration fiscale s'appuie désormais sur des fichiers de plus en plus précis.
Photo : Ruben Hanssen — Unsplash — immeuble parisien
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