Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un loyer oublié depuis quatre ans, une régularisation de charges jamais réclamée, un trop-perçu découvert tard : en location, le temps joue contre celui qui attend. Depuis la loi ALUR, l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 fixe un délai unique de trois ans pour agir, avec une exception d'un an pour la révision du loyer. Ce guide dit ce que ces délais couvrent, d'où ils partent et comment les arrêter.
L'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que « toutes actions dérivant d'un contrat de bail sont prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer ce droit ». Deux points sont à retenir :
Service-public résume la règle pour le propriétaire : il peut réclamer pendant 3 ans tout impayé de charges ou de loyers qui lui est dû. Les exemples de la fiche officielle sont parlants : une dette d'octobre 2026 peut être réclamée jusqu'en octobre 2029 ; une dette de mars 2025, jusqu'en mars 2028. Chaque échéance a donc son propre compte à rebours : les premiers mois d'un impayé ancien s'éteignent alors que les derniers restent exigibles.
Pour un bailleur confronté à un retard, la conséquence est simple : une créance laissée dormir perd de la valeur mois après mois. Les étapes pour agir sont détaillées dans notre guide pour gérer les impayés de loyer. Un autre délai, sans rapport avec la prescription, encadre la procédure d'injonction de payer : il fait l'objet de notre article sur l'injonction de payer.
Le texte parle de « toutes actions dérivant d'un contrat de bail ». À sa lettre, il s'applique donc aussi aux demandes du locataire. Cela concerne les sommes qu'il estime avoir payées en trop, ou la restitution du dépôt de garantie, dont le régime est expliqué dans notre guide du dépôt de garantie. Les pages officielles que nous avons consultées ne détaillent pas chaque cas : en cas de doute sur le point de départ, mieux vaut agir tôt et se faire conseiller par une ADIL.
L'action du bailleur en révision du loyer obéit à un délai plus court, un an à compter de la date convenue au bail pour réviser. S'il ne manifeste pas sa volonté de réviser dans ce délai, il est réputé avoir renoncé au bénéfice de la clause pour l'année écoulée ; s'il la manifeste à temps, la révision prend effet à compter de sa demande (articles 7-1 et 17-1 de la loi de 1989). Le détail du mécanisme figure dans notre guide de la révision annuelle du loyer.
Pour les baux conclus avant l'entrée en vigueur de la loi ALUR, la prescription quinquennale de droit commun s'appliquait. Le droit transitoire de l'article 2222 du Code civil a ensuite joué : le nouveau délai court à compter de l'entrée en vigueur de la loi nouvelle, sans pouvoir excéder la durée prévue par la loi antérieure. Pour ces baux, la prescription de cinq ans s'applique donc dans la limite du délai de trois ans, soit jusqu'au 27 mars 2017 (ANIL). Ce n'est plus un sujet pour les créances récentes, mais il explique que d'anciens dossiers reposent encore sur l'ancien régime.
Les règles générales du Code civil permettent d'agir sur le compte à rebours :
Après une interruption, un nouveau délai de même durée recommence à courir. Une simple lettre de relance ou un courriel, en revanche, ne figure pas parmi ces causes : il peut servir de preuve, il n'arrête pas la prescription.
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