Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un voisin dont la maison a perdu son ensoleillement peut-il obtenir la démolition de la construction voisine ? Par un arrêt du 17 septembre 2026 (pourvoi n° 25-10.224), la Cour de cassation répond que le juge doit d'abord vérifier si cette démolition ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect du domicile de ceux qui y habitent. Elle censure l'arrêt de la cour d'appel de Versailles qui l'avait ordonnée.
Des époux avaient fait construire une maison d'habitation sur leur terrain, en vertu d'un permis de construire et d'un permis modificatif, tous deux annulés par la suite. Le propriétaire du fonds voisin les a assignés pour trouble anormal de voisinage, en invoquant une perte d'ensoleillement et des vues sur sa maison. Il demandait la démolition et, subsidiairement, divers travaux et des dommages-intérêts. Les propriétaires répondaient que la maison était le logement de leur famille, dont leur fille scolarisée, et que la démolir serait disproportionné.
La cour d'appel avait écarté cet argument en s'appuyant sur un arrêt de la Cour de cassation du 16 mai 2024 (pourvoi n° 22-21.132), selon lequel la réparation en nature n'a pas à être proportionnée à son coût pour le responsable. La Cour de cassation censure cette position, au visa de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme (droit au respect de la vie privée et familiale et du domicile). Elle reproche aux juges du fond de ne pas avoir recherché si la démolition portait une atteinte disproportionnée à ce droit, en tenant compte des troubles et préjudices subis et de la possibilité de prononcer d'autres mesures.
Cette synthèse repose sur le résumé publié de l'arrêt ; seule la décision intégrale fait foi, et un avocat doit être consulté pour une situation précise.
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