Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Un permis de construire obtenu n'est pas un permis « sûr ». Tant que le délai de recours des tiers n'est pas écoulé, un voisin, une association ou un riverain peut encore demander son annulation au tribunal administratif. Or ce délai ne démarre pas à la signature de l'arrêté : il court à partir de l'affichage sur le terrain. Mal afficher, c'est donc laisser le permis contestable bien plus longtemps. Ce guide explique comment afficher, comment le prouver, quand le permis est « purgé » et ce que la loi du 26 novembre 2025 a changé pour les recours.
L'obligation d'affichage (article R. 424-15 du code de l'urbanisme) vise les permis de construire, d'aménager et de démolir ainsi que les décisions de non-opposition à une déclaration préalable, qu'ils soient exprès ou tacites. Elle pèse sur le bénéficiaire, même si, en pratique, l'entreprise ou le constructeur pose souvent le panneau. L'affichage doit commencer dès la notification de l'arrêté (ou dès que le permis tacite est acquis) et durer pendant toute la durée du chantier. La mairie affiche de son côté la décision, mais c'est l'affichage sur le terrain qui fait courir le délai de recours.
Seule l'absence d'une information substantielle (la hauteur, le droit de recours des tiers) rend l'affichage irrégulier ; une mention secondaire manquante ne suffit pas. Le plus sûr est de reprendre toutes les mentions, à partir d'un modèle récent, sans paraphraser le texte du droit de recours.
Selon l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, les tiers ont deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain pour contester le permis. Exemple : un panneau posé le 4 novembre 2026 et maintenu sans interruption ouvre un délai qui expire le 4 janvier 2027. Le mot « continue » compte : un panneau tombé, illisible ou retiré fait douter de l'affichage et expose à voir le délai considéré comme non commencé.
Une fois ce délai écoulé sans recours, on dit que le permis est purgé des recours des tiers. La commune conserve en plus la faculté de retirer un permis illégal, dans un délai de trois mois suivant la décision (article L. 424-5). En pratique, il faut donc compter environ trois mois entre l'obtention du permis et une sécurité complète, à condition que l'affichage ait débuté sans retard.
Même une fois le permis purgé, d'autres actions civiles restent possibles, notamment pour trouble anormal de voisinage.
C'est le bénéficiaire qui doit prouver l'affichage, par tous moyens. Des attestations concordantes de personnes sans lien avec lui peuvent suffire, mais le moyen le plus solide reste le constat d'un commissaire de justice (nouveau nom des huissiers de justice). La Fédération française du bâtiment conseille, dans les secteurs où les recours sont fréquents, trois constats : au début, au milieu et à la fin de la période de deux mois. Entre deux constats, photographiez le panneau avec la date et vérifiez qu'il est toujours lisible. Le coût d'un constat varie selon le lieu et le déplacement : demandez un devis.
La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l'urbanisme et du logement a créé l'article L. 600-12-2 du code de l'urbanisme. Il dispose que le délai pour former un recours gracieux ou hiérarchique contre une autorisation d'urbanisme est d'un mois, que le silence gardé plus de deux mois sur ce recours vaut rejet, et que le recours gracieux ou hiérarchique ne proroge plus le délai de recours contentieux. Autrement dit, écrire au maire ne gèle plus le délai pour saisir le tribunal administratif. Les analyses juridiques situent l'entrée en vigueur au lendemain de la publication de la loi, soit le 28 novembre 2025, et l'appliquent aux décisions rendues depuis ; pour un permis plus ancien, faites vérifier votre situation. Certaines pages publiées avant la réforme décrivent encore l'ancien régime.
Une règle n'a pas changé : un recours devant le tribunal doit être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception à l'auteur de la décision et au bénéficiaire, dans les 15 jours francs suivant son dépôt, sous peine d'irrecevabilité (article R. 600-1). C'est aussi cette notification qui permet à la mairie de savoir qu'un recours existe. Un recours abusif peut en outre donner lieu à des dommages-intérêts (article L. 600-7).
Pour les autorisations voisines, voir notre guide sur le permis de démolir et celui sur le PLU, le permis de construire et les recours dans la pratique.
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