Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Le décret n° 2026-842 du 7 septembre 2026 est paru au Journal officiel du 8 septembre. Il entre en vigueur le lendemain de sa publication. Son titre est austère — « caractéristiques des panneaux solaires photovoltaïques permettant un report de l’échéance de l’obligation faite aux parcs de stationnement extérieurs d’une superficie supérieure à 1 500 mètres carrés » — mais son effet est concret : il dit à quelles conditions un propriétaire de grand parking peut obtenir du temps supplémentaire pour installer ses ombrières.
La réponse tient en six critères techniques, dont deux relèvent moins de l’énergie que de la politique industrielle.
Le dispositif découle de l’article 40 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables — la loi APER. Il impose aux parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m², existants au 1er juillet 2023 ou autorisés depuis la promulgation de la loi, d’être équipés sur au moins la moitié de leur surface d’ombrières intégrant un procédé de production d’énergies renouvelables.
Deux échéances s’appliquent, selon la taille :
La première échéance est donc déjà passée. C’est précisément ce qui donne au décret du 7 septembre son caractère d’urgence pour les gestionnaires en retard.
L’article 40 prévoit un délai supplémentaire lorsque le gestionnaire justifie avoir engagé les diligences nécessaires sans être parvenu à respecter l’échéance. Le décret du 7 septembre définit les conditions matérielles de ce sursis, dans sa rédaction issue de la loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025, et il le fait pour les deux catégories de parcs :
Dans les deux cas, le propriétaire qui passe par un tiers doit justifier d’un contrat d’engagement et d’un bon de commande portant sur des panneaux photovoltaïques destinés à équiper le parc, dans les délais fixés par l’article 40. Et ces panneaux doivent répondre à six exigences cumulatives.
Pour les grands parcs (article 1er), les modules doivent être assemblés par une entreprise qui ne réalise pas la majorité de sa production dans un pays tiers représentant plus de 50 % de l’approvisionnement européen.
Pour les parcs de 1 500 à 10 000 m² (article 2), l’exigence est plus stricte encore : l’assemblage doit être réalisé au sein de l’Espace économique européen, et la fabrication des cellules ne doit pas provenir d’un pays tiers représentant plus de 50 % de l’approvisionnement.
Le message est limpide : le sursis n’est pas gratuit. Il s’échange contre un approvisionnement européen et un niveau de performance nettement supérieur au marché de masse. Un gestionnaire qui aurait commandé des modules asiatiques standard pour tenir les délais ne remplit pas la condition — et se retrouve, mécaniquement, hors du champ du report.
L’article 3 du décret abroge le décret n° 2024-1104 du 3 décembre 2024, qui encadrait jusqu’ici le même mécanisme pour les seuls parcs de 10 000 m² et plus. Le nouveau texte le remplace et l’étend à la tranche inférieure.
On associe spontanément le seuil de 1 500 m² aux hypermarchés et aux zones commerciales. C’est réducteur. Un parking extérieur de 1 500 m², c’est environ 60 places. Sont donc potentiellement dans le champ :
Pour une copropriété, la décision relève de l’assemblée générale et engage un investissement lourd, avec en contrepartie une production électrique valorisable et une protection des véhicules. Elle s’articule naturellement avec deux autres chantiers qui touchent les mêmes parkings : le droit à la prise, qui permet à tout occupant d’exiger l’installation d’une borne de recharge sur sa place, et le raccordement aux réseaux de chaleur classés. Mutualiser les études évite de rouvrir trois fois le même sol.
Pour un propriétaire de murs commerciaux, l’échéance se superpose à celle de la déclaration OPERAT du 30 septembre 2026. Les deux obligations relèvent du même mouvement : faire porter par le bâti tertiaire une part de l’effort de décarbonation.
Mesurer la surface réelle du parc. Le seuil de 1 500 m² s’apprécie sur la superficie du parc de stationnement extérieur, voiries de desserte comprises selon la configuration. Un relevé approximatif ne suffit pas à écarter l’obligation.
Vérifier la date d’échéance applicable. Au-dessus de 10 000 m², elle est dépassée depuis le 1er juillet 2026 : la seule voie ouverte est celle du délai supplémentaire, sous les conditions du décret. Entre 1 500 et 10 000 m², il reste vingt-deux mois — ce qui, compte tenu des délais d’étude, d’autorisation d’urbanisme et de raccordement, n’est pas un horizon confortable.
Exiger les fiches techniques avant de signer. Rendement, taux de dégradation annuelle, bilan carbone en kgCO2eq/kWc, durées de garantie produit et de performance, lieu d’assemblage et origine des cellules : ces six données doivent figurer au bon de commande. Sans elles, le contrat n’ouvrira pas droit au report, quelle que soit la bonne foi du gestionnaire.
Photo : installation photovoltaïque sur un grand bâtiment logistique — Bernd Dittrich sur Unsplash.
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