Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
C'est l'un des rares droits du logement collectif qui ne se vote pas. Un copropriétaire, un locataire ou un occupant de bonne foi peut faire installer un point de recharge pour véhicule électrique sur sa place de stationnement à ses frais, sans obtenir l'accord de l'assemblée générale. Le syndicat des copropriétaires ne peut s'y opposer que devant un juge, dans un délai de trois mois, et pour l'un des motifs limitativement admis. C'est le « droit à la prise », et sa procédure est mal connue — au point que beaucoup de demandes échouent sur un vice de forme plutôt que sur le fond.
Le socle est l'article L. 113-16 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2021 :
« Le propriétaire d'un bâtiment doté de places de stationnement d'accès sécurisé à usage privatif ou, en cas de copropriété, le syndicat des copropriétaires représenté par le syndic ne peut s'opposer sans motif sérieux et légitime à l'équipement des places de stationnement d'installations dédiées à la recharge électrique pour véhicule électrique ou hybride rechargeable et permettant un comptage individualisé des consommations, par un locataire ou occupant de bonne foi et aux frais de ce dernier. »
Trois précisions du même article méritent d'être retenues :
Les modalités pratiques ont été fixées par le décret n° 2020-1720 du 24 décembre 2020, entré en vigueur le 1er janvier 2021, qui a nettement resserré les délais par rapport au régime antérieur.
La place doit se trouver dans un parc d'accès sécurisé. Depuis le décret de 2020, il n'est plus nécessaire qu'elle soit couverte : une place extérieure située dans un parc fermé et sécurisé est éligible. C'est l'un des apports les plus concrets du texte.
Vous mandatez l'installateur de votre choix. Le syndic doit lui ouvrir l'accès aux locaux techniques concernés (tableau général basse tension, colonne montante, local transformateur) pour qu'il produise une étude et un devis. Refuser cet accès est déjà un manquement.
C'est le point de bascule de toute la procédure : c'est la date de réception de cette lettre qui fait courir le délai de trois mois. La notification doit comporter un dossier technique complet, établi par l'installateur : description détaillée des travaux, schéma de raccordement, plan technique d'intervention, modalités de comptage individualisé.
Un dossier incomplet fragilise tout : le syndic pourra soutenir que le délai n'a jamais commencé à courir. Conservez l'accusé de réception, il constitue votre point de départ opposable.
Dans ce délai, le syndicat des copropriétaires peut saisir le tribunal judiciaire pour s'opposer aux travaux. Il ne peut pas se contenter d'un refus par courrier : l'opposition passe obligatoirement par le juge. Passé trois mois sans saisine, vous pouvez engager les travaux.
Le syndic doit inscrire votre projet à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale, pour information seulement. Aucun vote n'est requis et cette inscription ne peut pas retarder le calendrier des travaux. Si votre syndic vous annonce qu'il faut « attendre l'AG pour faire voter le sujet », il confond le droit à la prise avec une décision d'équipement collectif.
Une fois le contrat signé avec votre prestataire, sa notification ouvre un délai de deux mois pour signer une convention avec le propriétaire ou le syndic. Cette convention fixe les conditions d'accès aux parties communes pour l'intervention et la maintenance ultérieure. À défaut de signature dans ce délai, vous pouvez saisir le président du tribunal judiciaire, qui fixera lui-même ces conditions.
Le « motif sérieux et légitime » n'est pas laissé à l'appréciation libre du syndic. Trois cas sont admis :
Le coût d'un point de recharge individuel en copropriété se situe le plus souvent entre 1 200 € et 3 500 €, selon la longueur du câblage entre le tableau et la place, la puissance retenue (3,7 kW, 7,4 kW ou 11 kW) et le dispositif de comptage.
Deux dispositifs allègent la facture :
En revanche, ne comptez plus sur le crédit d'impôt pour borne de recharge : il couvrait 75 % de la dépense dans la limite de 500 € par système, mais il n'a pas été reconduit par la loi de finances pour 2026 et s'est éteint au 31 décembre 2025. Seules les dépenses payées en 2025 restent déclarables au printemps 2026.
Si la copropriété choisit au contraire de voter une infrastructure collective — colonne horizontale desservant l'ensemble des places, chaque copropriétaire se raccordant ensuite à sa charge —, Advenir intervient également à hauteur de 50 % des coûts d'infrastructure, avec un plafond spécifique pouvant atteindre 8 000 € pour les travaux de voirie extérieurs. C'est presque toujours la solution la moins chère par place au-delà d'une dizaine d'utilisateurs, et elle mérite d'être portée à l'ordre du jour de l'AG.
Une demande de borne arrive rarement seule. Si votre immeuble prépare son assemblée de rentrée, deux sujets se croisent utilement avec celui-ci : le plan pluriannuel de travaux, qui peut intégrer le renforcement de la puissance électrique du parc de stationnement, et la fermeture du réseau cuivre et de la 2G, qui impose déjà une intervention sur les installations techniques communes. Mutualiser les chantiers divise la facture.
Si vous cherchez au contraire un bien déjà équipé, le point de recharge est devenu un critère de tri : il apparaît de plus en plus souvent dans les descriptifs des appartements à vendre disposant d'un stationnement en sous-sol.
Enfin, gardez la répartition des coûts en tête : l'électricité consommée par votre borne relève de votre compteur individuel et non des charges communes. Les frais d'accès et de maintenance des parties communes, eux, suivent la convention signée avec le syndicat — un régime distinct des charges récupérables classiques. Pour le reste du fonctionnement de l'immeuble, notre guide sur le budget, les charges et le vote en assemblée générale pose les bases.
Photo : câble de recharge branché sur un véhicule électrique — CHUTTERSNAP sur Unsplash.
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