Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Quatre jours. C'est ce qu'il reste aux sinistrés des feux de forêt de l'été pour déclarer leur sinistre à leur assureur dans le cadre du délai exceptionnel accordé par la profession. La fédération France Assureurs a annoncé le 27 juillet 2026 une série de mesures dérogatoires pour les départements de la Gironde, des Landes et du Var. La principale : le délai de déclaration, normalement de cinq jours ouvrés, est repoussé au 31 août 2026.
Passé cette date, on revient au droit commun. Et le droit commun, en matière d'incendie, est nettement moins souple qu'on ne l'imagine.
Les feux qui ont démarré le 22 juillet 2026 dans le massif des Landes de Gascogne ont parcouru, au 17 août, environ 47 000 hectares entre la Gironde et les Landes, dont plus de 42 000 pour le seul foyer girondin. Plusieurs centaines de bâtiments — habitations, campings, installations touristiques, entreprises — ont été détruits ou endommagés, la commune du Porge concentrant la part la plus lourde des destructions résidentielles.
Côté population, les préfectures ont recensé environ 220 000 évacuations cumulées en Gironde — un chiffre qui additionne les mouvements successifs et non le nombre de personnes déplacées simultanément — et plusieurs dizaines de milliers dans les Landes. Le feu de Saumos a été fixé le 1er août, celui de Luglon le 17 août. Pour référence, l'incendie de Cestas de 1949, qui reste la catastrophe forestière majeure du massif, avait parcouru de l'ordre de 50 000 à 52 000 hectares et coûté la vie à 82 personnes.
C'est l'erreur la plus fréquente, et elle fait perdre du temps à des sinistrés qui n'en ont pas. Beaucoup attendent la publication d'un arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour déclarer. Cette attente est vaine.
Le régime « Cat Nat » de l'article L. 125-1 du Code des assurances vise les dommages causés par des agents naturels d'intensité anormale contre lesquels on ne peut normalement pas s'assurer : inondation, sécheresse-réhydratation des sols argileux, mouvement de terrain, submersion marine. L'incendie n'en fait pas partie, pour une raison simple : il est assurable, et il l'est depuis toujours.
C'est l'article L. 122-1 du Code des assurances qui s'applique : « l'assureur contre l'incendie répond de tous dommages causés par conflagration, embrasement ou simple combustion ». Cette garantie incendie figure dans toutes les multirisques habitation. Conséquences concrètes :
Si votre commune fait par ailleurs l'objet d'un arrêté Cat Nat pour un autre péril — la sécheresse de l'été, typiquement —, c'est un dossier distinct, avec ses propres délais. Nous détaillons cette procédure dans notre guide sur l'arrêté Cat Nat, la déclaration et l'indemnisation.
Au-delà du report de délai, l'engagement pris le 27 juillet et relayé par l'État comporte plusieurs volets :
Le 2 août, la préfecture de la Gironde a annoncé la mise en place, avec les assureurs et les cabinets d'expertise, d'un point d'accueil physique au Porge réunissant assureurs, experts et services de l'État, ainsi qu'un suivi régulier de l'avancement des déclarations, des expertises, des avances et des indemnisations.
Déclarer dans les temps règle le premier problème. Le second arrive plus tard, et il coûte beaucoup plus cher à ceux qui l'ignorent.
La plupart des contrats multirisques habitation indemnisent en valeur à neuf — c'est-à-dire sans déduction de vétusté — mais sous condition : la reconstruction ou le remplacement doit intervenir dans un délai contractuel, très souvent de deux ans à compter du sinistre. À défaut, l'indemnité reste limitée à la valeur d'usage, vétusté déduite. Sur une maison de trente ans, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.
Or reconstruire après un feu de forêt suppose de passer par le permis de construire, parfois par une révision des règles d'urbanisme locales, et par les obligations légales de débroussaillement qui s'imposent dans les 48 départements concernés. Le délai de deux ans peut devenir court. Il se négocie : demandez par écrit à votre assureur une prorogation motivée dès que vous savez que le calendrier administratif va déraper.
Trois autres points de vigilance :
L'été 2026 laissera une trace sur le marché du littoral aquitain, comme l'avait fait Landiras en 2022. Deux réflexes s'imposent avant toute acquisition dans un secteur boisé : réclamer l'état des risques à jour, qui intègre depuis 2025 l'information sur les obligations de débroussaillement, et vérifier auprès de la mairie l'existence d'un plan de prévention des risques d'incendie de forêt. Cela vaut aussi bien pour une maison que pour un terrain. La saison a par ailleurs été rude sur d'autres fronts : nous en avions dressé le bilan à mi-parcours fin juillet.
Photo d'illustration : forêt sous la fumée lors d'un feu de forêt (Saskatchewan, Canada) — Joanne Francis sur Unsplash.
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