Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Des millions d'épargnants vont recevoir cet automne un courrier de leur banque qu'ils n'attendaient pas. Les plans d'épargne logement ouverts à partir du 1er mars 2011 ont une durée de vie plafonnée à quinze ans. Les premiers d'entre eux arrivent à échéance en 2026, à leur date anniversaire : un PEL ouvert en septembre 2011 est clôturé en septembre 2026.
La règle n'est pas nouvelle — elle date de la loi de finances rectificative du 29 décembre 2010 — mais elle produit ses premiers effets seulement maintenant, quinze ans plus tard. Et l'essentiel de ce qui se joue n'est pas là où on l'attend.
Jusqu'au 1er mars 2011, un PEL avait une durée de vie illimitée : on pouvait le conserver indéfiniment. Pour tous les plans ouverts à compter de cette date, le législateur a fixé un terme :
Les fonds ne sont pas confisqués : ils restent disponibles, capital et intérêts compris. Ce n'est pas l'argent qui disparaît, c'est le contrat.
Le taux de rémunération d'un PEL est figé à la date d'ouverture et vaut pour toute la vie du plan. C'est précisément ce qui fait la valeur des plans de cette génération.
Un arrêté du 5 février 2011 a fixé le taux à 2,50 %, et ce taux est resté en vigueur pour les plans ouverts en 2011, 2012, 2013 et 2014. À titre de comparaison, un PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 est rémunéré 2,00 % ; celui ouvert en 2025 l'était à 1,75 %, et ceux ouverts entre août 2016 et décembre 2022 à 1,00 %.
Autrement dit, le détenteur d'un PEL de 2011 dispose depuis quinze ans d'un placement sans risque, liquide, à 2,50 % garanti. La clôture automatique met fin à cette garantie : le solde bascule sur un livret bancaire dont le taux est, dans la plupart des cas, très inférieur. C'est la perte réelle, et elle est silencieuse si l'épargnant ne fait rien.
Le PEL ouvre un droit à un prêt épargne logement, plafonné à 92 000 € pour le cumul PEL et CEL. Ce droit survit à la clôture : il reste utilisable pendant un an à compter de celle-ci.
Encore faut-il qu'il présente un intérêt. Le taux du prêt épargne logement n'est pas un taux de marché : il est égal au taux de rémunération du plan, majoré d'une commission de 1,70 % pour les PEL ouverts avant le 1er février 2015. Pour un plan de 2011 rémunéré 2,50 %, le prêt ressort donc à 4,20 %.
Or les barèmes de rentrée des banques tournent autour de 3,5 % sur vingt ans, comme nous l'avons détaillé dans notre point sur les barèmes de crédit immobilier de septembre 2026. Le prêt épargne logement d'un PEL de 2011 est donc plus cher que le crédit bancaire classique. Sauf situation particulière, il n'y a aucune raison économique de le mobiliser.
Pour les PEL ouverts entre le 1er mars 2011 et le 31 décembre 2017, une prime d'État reste possible — elle a été supprimée pour les plans ouverts à compter du 1er janvier 2018. Mais elle est conditionnée à l'obtention d'un prêt épargne logement d'au moins 5 000 €, et plafonnée à 1 000 € (ou 1 525 € pour le financement de certaines opérations répondant aux critères de performance énergétique).
Le raisonnement est donc arithmétique : toucher la prime suppose d'emprunter à 4,20 % alors que le marché propose moins. Sur un prêt de quelque ampleur, le surcoût d'intérêts dépasse rapidement les 1 000 € de prime. La prime ne se justifie que pour un emprunt court et modeste, et seulement après avoir chiffré les deux scénarios.
Pour les plans ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu pendant les douze premières années. Les prélèvements sociaux de 17,2 %, eux, sont dus chaque année.
Au-delà de douze ans, les intérêts deviennent imposables : prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux), ou barème progressif sur option à la déclaration. Un PEL ouvert en 2011 a franchi ce cap en 2023 : ses intérêts des trois dernières années sont donc déjà fiscalisés. Le rendement net du plan a baissé bien avant sa fermeture.
Pour un primo-accédant, les dispositifs qui pèsent aujourd'hui sur un plan de financement sont ailleurs : le prêt à taux zéro et ses conditions 2026 d'une part, et d'autre part le zonage A/B/C de votre commune, qui commande à la fois le PTZ, la TVA réduite et les plafonds de loyer.
Photo d'illustration : tirelire et épargne — Fabian Blank sur Unsplash.
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