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DPE : l'arrêté publié ce 26 août fait passer le coefficient de l'électricité de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027

DPE : l'arrêté publié ce 26 août fait passer le coefficient de l'électricité de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027
par Fabian Lainé le

DPE : l'arrêté publié ce 26 août fait passer le coefficient de l'électricité de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027

Il tient en cinq articles et deux chiffres. L'arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique a été publié au Journal officiel n° 0198 du 26 août 2026. Il remplace la valeur 1,9 par la valeur 1,7, à compter du 1er janvier 2027.

Deuxième baisse en deux ans, jour pour jour ou presque : le coefficient était encore de 2,3 jusqu'au 31 décembre 2025, et l'arrêté du 13 août 2025 — publié lui aussi fin août, le 26 août 2025 — l'avait ramené à 1,9 au 1er janvier 2026. Ce précédent avait déjà fait sortir environ 850 000 logements de la catégorie des passoires thermiques. Le nouvel arrêté abroge d'ailleurs formellement celui de 2025.

Ce que dit exactement le texte

L'arrêté est signé par les ministres chargés de la transition écologique, de la ville et du logement, et de l'énergie. Il vise notamment la directive (UE) 2023/1791 relative à l'efficacité énergétique. Son dispositif est d'une brièveté trompeuse :

  • Article 1er : « À l'annexe 3 de l'arrêté du 31 mars 2021 susvisé, la valeur : "1,9" est remplacée par la valeur : "1,7" ». C'est l'arrêté qui régit le DPE des bâtiments d'habitation.
  • Article 2 : même substitution au 2. de l'annexe 3 de l'arrêté du 15 septembre 2006, qui régit le DPE des bâtiments non résidentiels.
  • Article 5 : abrogation de l'arrêté du 13 août 2025.

Entrée en vigueur : 1er janvier 2027. Tous les DPE établis à compter de cette date intégreront directement le nouveau coefficient.

Le mécanisme : pourquoi un coefficient change une étiquette

Le DPE n'affiche pas la consommation réellement facturée, mais une consommation dite d'énergie primaire. Pour l'électricité, cette conversion traduit l'énergie qu'il a fallu mobiliser en amont — production, transport, pertes de réseau — pour livrer un kilowattheure au compteur. On multiplie donc la consommation finale par un coefficient.

Pour le gaz, le fioul, le bois ou un réseau de chaleur, ce coefficient vaut 1 : rien ne bouge pour eux. Pour l'électricité, il passe de 1,9 à 1,7, soit une baisse de 10,5 % de la consommation primaire affichée pour un logement entièrement électrique, sans qu'un seul travaux n'ait été réalisé.

Un exemple de calcul, à titre d'illustration : un appartement de 70 m² chauffé à l'électricité qui consomme 10 000 kWh d'énergie finale par an était affiché à 19 000 kWh d'énergie primaire, soit 271 kWhep/m²/an — classe E. Avec 1,7, le même logement ressort à 17 000 kWh, soit 243 kWhep/m²/an — classe D. Une lettre gagnée, sans un euro dépensé.

Attention toutefois : le classement DPE retient la plus mauvaise des deux étiquettes, énergie et gaz à effet de serre. L'indicateur GES n'est pas touché par cet arrêté — mais c'est précisément là que l'électricité est déjà très bien placée en France. Le gain sera donc réel pour la plupart des logements « tout électrique », et nul pour les logements chauffés au gaz ou au fioul.

La vraie nouveauté : l'attestation ADEME pour les DPE déjà réalisés

C'est l'apport le plus concret du texte pour un propriétaire. Les articles 3 et 4 organisent un mécanisme de rattrapage :

  • Les DPE en cours de validité peuvent faire l'objet d'une attestation modificatrice, qui remplace l'étiquette initiale sans remettre en cause le diagnostic d'origine. Elle est générée sous forme dématérialisée exclusivement par l'ADEME et reste valable jusqu'à l'expiration du DPE initial.
  • Les audits énergétiques en cours de validité bénéficient du même dispositif, l'attestation modifiant cette fois les étiquettes avant et après travaux.

Traduction pratique : un vendeur ou un bailleur dont le DPE date de 2025 ou 2026 n'aura pas à repayer un diagnostiqueur pour bénéficier du nouveau coefficient. Un DPE reste valable dix ans ; une attestation gratuite vaut mieux qu'un diagnostic à refaire.

Deux arrêtés qui se télescopent au 1er janvier 2027

La date n'est pas anodine. C'est aussi celle retenue par l'arrêté du 11 juin 2026, qui crée une classe A0 et cinq nouveaux indicateurs. Autrement dit, le DPE qui sortira le 1er janvier 2027 ne sera pas seulement recalibré sur l'électricité : il changera aussi de présentation. Pour un propriétaire qui hésite entre vendre maintenant ou attendre, l'arbitrage n'est plus seulement commercial, il est calendaire.

Ce que cela change pour la location

Le calendrier des interdictions de louer reste inchangé : G interdit depuis le 1er janvier 2025, F au 1er janvier 2028, E au 1er janvier 2034. Mais la population concernée, elle, se réduit mécaniquement à chaque révision du coefficient. Un logement électrique aujourd'hui classé F peut basculer en E au 1er janvier 2027 — et échapper ainsi à l'échéance de 2028.

Un mot de prudence, cependant. Cette bonne nouvelle réglementaire ne change rien à la facture : un convecteur reste un convecteur, et la hausse de 2,5 % intervenue au 1er août 2026 se ressentira dans les charges de la prochaine saison de chauffe. L'étiquette s'améliore, la dépense reste la même. Pour un locataire comme pour un acquéreur, le DPE redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un indicateur parmi d'autres, à croiser avec les factures réelles.

Ce qu'il faut faire, et quand

  • Vous vendez un logement électrique classé F ou G : regardez si l'écart au seuil supérieur est inférieur à 10 %. Si oui, attendre janvier 2027 peut valoir une lettre — et un argument de vente. Consultez ce que vaut aujourd'hui un appartement à la vente dans votre secteur avant de trancher.
  • Vous louez un F : l'échéance de 2028 approche. Le nouveau coefficient peut vous en dispenser, mais ne pariez pas dessus sans avoir fait recalculer votre DPE.
  • Vous achetez : un DPE établi avant 2027 sera potentiellement optimiste ou pessimiste selon l'énergie. Demandez systématiquement les factures des trois dernières années, notamment pour une maison, où la surface déperditive est bien plus élevée.
  • Vous avez engagé une rénovation : vérifiez si l'attestation ADEME modifie l'étiquette « après travaux » de votre audit — certains dispositifs d'aide raisonnent en sauts de classes.

Sources

Photo : radiateur électrique — e24 sur Unsplash.

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