Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Il reste trois mois. Sauf intervention du législateur d'ici là, l'expérimentation de l'encadrement du niveau des loyers prendra fin le 25 novembre 2026. Ce n'est pas une hypothèse de travail ni une menace politique : c'est une date inscrite dans la loi depuis 2022, et elle arrive.
Pour des centaines de milliers de baux à Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, au Pays basque, à Grenoble et en Seine-Saint-Denis, la question n'est pas anodine : que devient un loyer plafonné le jour où le plafond disparaît ?
C'est la confusion la plus fréquente, et elle change tout. Deux mécanismes distincts portent le nom d'« encadrement des loyers ».
Prévue pour cinq ans par la loi ELAN, l'expérimentation devait initialement s'achever le 25 novembre 2023. L'article 85 de la loi 3DS du 21 février 2022 l'a prolongée de trois années supplémentaires, jusqu'au 25 novembre 2026. Une loi du 13 juin 2025 a par ailleurs étendu le dispositif aux zones tendues d'outre-mer, avec un horizon distinct fixé à juin 2030.
Chaque agglomération est entrée dans l'expérimentation à son propre rythme, par décret :
Le contraste saute aux yeux : Paris applique le dispositif depuis sept ans, Grenoble depuis dix-huit mois. Certaines agglomérations n'auront donc pas eu le temps de produire la moindre donnée d'évaluation exploitable avant l'extinction du cadre légal qui les autorise.
L'état des lieux, à la mi-août 2026, est celui d'un dossier ouvert.
Un rapport d'évaluation devait être remis au Parlement avant le 26 mai 2026 pour éclairer le choix entre trois options : laisser l'expérimentation s'éteindre, la prolonger, ou la pérenniser. L'Assemblée nationale a adopté en décembre 2025 une proposition de loi visant à pérenniser le dispositif ; ce texte n'a pas été inscrit à l'ordre du jour du Sénat. Du côté du gouvernement, l'hypothèse évoquée est celle d'une prolongation temporaire de deux ans, sans ouverture à de nouvelles communes.
Aucune de ces options n'est acquise. Et le calendrier parlementaire de la rentrée est déjà encombré : le projet de loi Relance et décentralisation du logement revient devant l'Assemblée, et le budget 2027 occupera l'automne.
Si aucun texte n'intervient, l'extinction ne produirait pas un effet uniforme. Trois situations se distinguent.
Le régime de sanction, lui, ne survivrait pas à l'expérimentation qui le fonde. Aujourd'hui, un bailleur qui dépasse le loyer de référence majoré s'expose, après mise en demeure, à une amende administrative prononcée par le préfet pouvant atteindre 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale, indépendamment de l'action civile en diminution de loyer ouverte au locataire.
Pour un bailleur : ne rien anticiper. Fixer aujourd'hui un loyer au-delà du plafond en pariant sur l'extinction du dispositif reviendrait à s'exposer à l'amende administrative et à une action en diminution, pour un bail qui resterait ensuite régi par ses conditions initiales. La règle applicable est celle du jour de la signature.
Pour un locataire : conserver le bail, l'annexe indiquant le loyer de référence et le loyer de référence majoré, et le justificatif d'un éventuel complément de loyer. Ces pièces restent la base de toute contestation, y compris après novembre.
Pour les deux : suivre l'ordre du jour parlementaire de l'automne. Les plafonds de chacun des territoires concernés restent applicables jusqu'au dernier jour. Et dans les villes où l'offre est tendue, la question de fond reste inchangée : le nombre de logements disponibles, qu'il s'agisse d'appartements en location ou de maisons en location.
Photo : JOHN TOWNER — Unsplash — façade d'immeuble d'habitation
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