Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Vendre ou louer un logement situé dans une zone exposée suppose de remettre un document que beaucoup de propriétaires découvrent tard : l'état des risques et pollutions (ERP). Il doit être remis dès la première visite, il vaut six mois, l'annonce doit renvoyer au site Géorisques, et son oubli peut conduire un juge à réduire le prix, voire à résoudre la vente ou le bail. Ce guide résume qui doit le fournir, quand, et ce qui se passe en cas de défaut.
L'article L125-5 du code de l'environnement impose au vendeur ou au bailleur d'informer l'acquéreur ou le locataire des risques naturels, miniers ou technologiques auxquels le bien est exposé, par la production d'un état des risques. Ce document fait partie du dossier de diagnostic technique (DDT) que le code de la construction et de l'habitation (article L271-4) intègre aux diagnostics de la vente. Il se distingue des autres diagnostics sur un point : il n'exige aucune visite du bien. Il se renseigne à partir de l'adresse et de la parcelle, à l'aide des cartes et arrêtés publics.
L'ERP est exigé lorsque le bien se trouve dans un périmètre d'information défini par l'État, notamment :
Depuis le décret n° 2024-405 du 29 avril 2024, entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025, le contenu du document a été élargi à l'obligation légale de débroussaillement, au recul du trait de côte et aux travaux de prévention du retrait-gonflement des argiles. Un modèle rempli avant cette date peut donc être incomplet.
L'obligation joue pour la vente (le document est annexé à la promesse ou au compromis, puis à l'acte authentique) comme pour la location (il est annexé au bail, vide ou meublé). Elle pèse sur le vendeur ou le bailleur, pas sur l'acquéreur ni sur le locataire.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, le candidat doit recevoir l'ERP dès la première visite, et non plus seulement au moment de signer. Le même changement a imposé une mention dans les annonces : l'annonce, de vente ou de location, doit indiquer comment accéder aux informations sur les risques du bien via le site Géorisques. Une annonce qui ne renvoie pas vers Géorisques alors que le bien relève du dispositif est irrégulière.
L'état des risques est valable six mois à compter de sa date d'établissement. Un document de moins de six mois peut toutefois devoir être actualisé si les informations ne sont plus exactes à la date de signature. La Cour de cassation l'a rappelé le 19 février 2026 (3ᵉ chambre civile, n° 24-10.524, publié) : lorsqu'un plan de prévention des risques est approuvé entre la promesse de vente et l'acte authentique, l'état des risques doit être mis à jour, car le plan approuvé vaut servitude d'utilité publique. Les acquéreurs, dans cette affaire, avaient demandé l'annulation de la vente après un certificat d'urbanisme négatif lié au risque d'inondation.
Au-delà de la cartographie, le vendeur ou le bailleur doit informer par écrit l'acquéreur ou le locataire de tout sinistre ayant donné lieu à une indemnisation au titre d'une catastrophe naturelle ou technologique pendant sa propriété, ou dont il a connaissance (article L125-5, IV). Le détail de la procédure de déclaration et d'indemnisation figure dans notre guide sur les arrêtés de catastrophe naturelle.
Un ERP fourni mais faux ou obsolète n'est donc pas neutre : il peut produire les mêmes effets que son absence. L'arrêt du 19 février 2026 en donne l'illustration : l'ERP joint à l'acte n'était plus à jour du plan approuvé depuis la promesse.
Le propriétaire peut le remplir lui-même ; un diagnostiqueur peut s'en charger pour un dossier complexe. La responsabilité d'un ERP erroné reste celle du vendeur ou du bailleur. Pour replacer ce document parmi les autres, voir notre guide sur les diagnostics obligatoires pour vendre.
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