Estimation indicative fondée sur des prix affichés. Elle ne constitue ni un avis de valeur ni une expertise au sens de la loi Hoguet.
Quand l'un des époux décède, que reçoit l'autre, et surtout, peut-il rester dans la maison sans avoir à composer avec les enfants ? La donation entre époux, appelée aussi donation au dernier vivant, augmente la part que la loi réserve au conjoint survivant. C'est un acte notarié, possible quel que soit le régime matrimonial, qui ne produit ses effets qu'au décès du donateur. Ce guide détaille ce qu'elle permet, ce qu'elle coûte et ce qui l'annule.
Elle est réservée aux couples mariés. Les partenaires pacsés et les concubins ne peuvent pas la conclure, comme le rappelle l'administration fiscale. Elle peut figurer dans le contrat de mariage ou être signée à tout moment pendant l'union. Il ne faut pas la confondre avec la donation à effet immédiat entre époux, qui peut prendre la forme d'un simple don manuel.
Sans donation, le conjoint qui hérite avec des enfants d'une précédente union ne reçoit que le quart en pleine propriété. Avec une donation entre époux, le survivant choisit, après le décès et généralement sur les conseils du notaire, entre :
Un exemple chiffré simplifié, pour une succession de 240 000 € composée de la maison familiale et deux enfants : la première option laisse au survivant l'usage de l'ensemble, sans propriété ; la deuxième lui attribue 60 000 € en pleine propriété (le quart) et l'usufruit du reste ; la troisième lui donne 80 000 € en pleine propriété (le tiers), sans usufruit sur le surplus. L'option la plus protectrice du logement est généralement la première, parce qu'elle évite de vendre la maison pour désintéresser les enfants.
En l'absence d'enfant, la donation permet d'avantager le conjoint jusqu'à la totalité en pleine propriété. Elle sert surtout lorsque le défunt a encore ses père ou mère : sans elle, ceux-ci ont des droits dans la succession ; avec elle, le conjoint peut recevoir l'ensemble, sous réserve du droit de retour des parents sur certains biens, que le notaire vérifie.
Si le survivant choisit l'usufruit de la totalité, il habite le bien mais ne peut le vendre seul : la vente suppose l'accord des nus-propriétaires, et le prix se répartit selon les droits de chacun (voir notre guide sur l'usufruit et la nue-propriété). Indépendamment de la donation, le conjoint dispose aussi d'un droit viager au logement sur la résidence principale, qu'il doit demander dans un délai précis ; les deux protections se cumulent, mais elles ne jouent pas au même titre.
La donation au dernier vivant porte sur les biens à venir, c'est-à-dire ceux que le donateur détient à son décès : il n'est donc pas nécessaire de la refaire à chaque changement de patrimoine. Elle est révocable à tout moment par le donateur, sauf si elle a été faite dans le contrat de mariage. En cas de divorce, elle est révoquée automatiquement, sauf volonté contraire du donateur.
Pour les pacsés et les concubins, la donation entre époux n'existe pas : la protection passe par un testament ou, pour l'achat d'un bien, par une clause adaptée comme la clause de tontine. Dans tous les cas, un notaire vérifie la situation familiale (enfants d'une première union, parents survivants) avant de choisir.
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